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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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ALLEMAGNE : LA FIN DU MODELE RHENAN PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean Yves Naudet   
Mardi, 17 Décembre 2002 01:00

On se console comme on peut : les Allemands sont aujourd’hui plus mal que nous. La situation économique n’est pas bonne en Allemagne et, sous de nombreux aspects, elle rappelle la situation française, ou même celle du Japon. Cette dégradation conjoncturelle trouve sa source dans des raisons structurelles : c’est le modèle rhénan qui est en cause. 

UNE CONJONCTURE TRES DEGRADEE 

L’Allemagne est dans une très mauvaise situation conjoncturelle. C’est tout d’abord visible en ce qui concerne l’activité, qui se traîne à un niveau très faible depuis des années. Le produit intérieur brut (PIB) n’avait progressé que de 0,6% en 2001. La prévision pour l’année 2002 est de 0,4% seulement (à comparer avec la tendance actuelle de 4% aux Etats-Unis) ; même la France fera un peu mieux avec probablement 1% de croissance. Pour 2003, on est un peu plus optimiste, mais la tendance reste très dégradée : on prévoit 1,4% de croissance du PIB. 

La dégradation est également très forte sur le plan de l’emploi. En données standardisées pour permettre des comparaisons internationales, l’OCDE annonce un taux de chômage de 8,3% en Allemagne ; il n’y a guère que la France qui fasse pire avec 9%. Mais la moyenne de l’OCDE est à 6,9%, les Etats-Unis sont à 6%, la Grande-Bretagne est à 3,1%. Désormais, en données corrigées des variations saisonnières, il y a un peu plus de 4 millions de chômeurs dans ce pays.

Cette dégradation conjoncturelle pèse sur les finances publiques. Les régimes  sociaux ont des difficultés de financement, qu’il s’agisse des retraites, de l’assurance-maladie ou des assurances–chômage. Mais c’est surtout le budget de l’Etat qui est en déficit considérable. Le montant des déficits publics atteint cette année 3,8% du PIB, ce qui a valu à l’Allemagne une sévère mise en garde de la Commission européenne, puisqu’elle ne respecte plus la règle posée par Maastricht de 3% maximum de déficit. On est loin du retour à l’équilibre des finances publiques qu’envisagent les 15 pour les années à venir.

UNE HAUSSE SEVERE DES IMPOTS 

Or les Allemands n’ont pas cherché à régler ces problèmes conjoncturels et budgétaires par des réformes de fond, mais de la manière la plus traditionnelle –et la plus mauvaise- qui soit : en augmentant les impôts. Alors que le chancelier Gerhard SCHRÖDER avait promis pendant la campagne électorale  qu’il n’y aurait pas de hausse, il vient de faire le contraire après les élections gagnées de justesse. A vrai dire il avait déjà, pour des raisons largement démagogiques, augmenté les impôts pendant la campagne électorale pour faire face aux inondations. Mais c’est surtout après que les choses se sont gâtées ; en particulier, le chancelier a créé un impôt forfaitaire de 15% sur les plus values boursières et immobilières. Au contraire, jusqu’ici les profits tirés de la vente de titres boursiers n’étaient imposés que si ces derniers avaient été détenus moins d’un an. De même, la fiscalité des entreprises a été aggravée, alors qu’il avait été question de l’alléger. Mais c’est aussi en matière sociale que le chancelier a promis « un réajustement douloureux de l’état social ». Déjà, le Bundestag a décidé un plan de rigueur pour l’assurance maladie et une hausse de 19,1% à 19,5% des cotisations sociales.

Ces hausses d’impôts sont décidées pour combler peu à peu le déficit des finances publiques car le gouvernement veut le ramener de 3,8% en 2002 à 3,1% en 2003. Mais il est évident que la technique employée n’est pas la bonne et elle rappelle la politique du gouvernement JUPPE en France en 1995-97 : la hausse des impôts non seulement avait été mal ressentie par la population, mais surtout elle avait provoqué une baisse considérable de l’activité économique (effet LAFFER) et en conséquence des recettes fiscales : en augmentant le taux d’imposition, on a réduit le rendement des impôts et aggravé le déficit ; il semble que les Allemands soient en train de refaire la même erreur que nous. 

LE REFUS DES REFORMES STRUCTURELLES 

En réalité, toutes ces difficultés viennent de ce que l’Allemagne considère ces problèmes comme d’ordre conjoncturel. Un peu comme la France, elle ne veut pas remettre en cause son modèle économique.

On sait que Michel ALBERT, dans « capitalisme contre capitalisme », avait distingué deux formes de capitalisme. Le capitalisme rhénan, qui avait bien sûr sa faveur, qui est un modèle social-démocrate, donc une économie mixte, que les Allemands appellent l’économie sociale de marché. Cela passe par des syndicats puissants, qui cogèrent les entreprises et qui jouent un rôle important, et par des entreprises qui font peu appel au marché financier, considéré comme néfaste par principe. Dans un tel système la protection sociale publique est forte et coûteuse en termes de prélèvements obligatoires. Ce capitalisme se retrouve en Allemagne, mais aussi au Japon et dans une certaine mesure en France (chez nous on va souvent plus loin que les sociaux-démocrates).

A ce capitalisme rhénan M. ALBERT oppose le capitalisme anglo-saxon, dans lequel la flexibilité est beaucoup plus grande, les marchés financiers jouent un rôle capital dans le financement des entreprises, mais aussi dans leur contrôle et où ce sont les entrepreneurs et au delà les actionnaires qui dirigent les entreprises (gouvernance) et non les syndicats. Michel ALBERT entendait démonter la supériorité du premier modèle sur le second.

Or l’histoire économique de ces dernières années a montré que c’est le modèle rhénan qui a fait faillite, affaibli sous le poids de l’Etat, de la protection sociale publique et des prélèvements obligatoires. Le cas de l’Allemagne vient, après celui du Japon, confirmer cet échec. En revanche la supériorité du capitalisme anglo-saxon, à vrai dire le seul à être une véritable économie de libre-marché, est indéniable, que ce soit aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne. Qu’il suffise de rappeler, comme nous l’avons fait ici même il y a peu, qu’en termes de libertés économiques les USA sont sixièmes, l’Angleterre neuvième, alors que l’Allemagne est dix-neuvième : ceci explique cela. Si l’Allemagne social-démocrate ne veut pas changer de cap, elle risque d’être, comme la France, le pays du déclin économique, dans un monde qui, lui, choisit de plus en plus la véritable économie libérale. Changer de « modèle », c’est autrement plus difficile que de faire un nième plan de redressement ; mais c’est le seul moyen de sortir de la sclérose actuelle.

 

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Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


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