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INFLATION DANS LA ZONE EURO : POURQUOI ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean Yves Naudet   
Mardi, 10 Décembre 2002 01:00

L’OCDE, dans le numéro 72 des Perspectives économiques, consacre un chapitre au problème de l’inflation en Europe. On pourrait s’attendre à ce que l’analyse soit essentiellement d’ordre monétaire, dans la mesure où l’on sait, surtout depuis Milton FRIEDMAN, que « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire ». Mais c’est sur les rigidités structurelles qu’insiste l’OCDE. Pourquoi ? 

7% DE CROISSANCE DE M3 

Dans la théorie monétariste de Friedman, l’inflation a pour cause essentielle une croissance de la masse monétaire au delà de la quantité de liquidités monétaires, demandées pour les ménages et leurs entreprises. Comme cette demande, la quantité de monnaie créée par le système bancaire doit elle aussi croître à un taux régulier. Les manipulations de la masse monétaire par les Banques Centrales, notamment à travers leurs taux d’intérêt, devraient donc être exclues.

Nous avons évoqué il y a quelques semaines la politique de la Banque Centrale Européenne, sans doute meilleure de ce point de vue que celle de la Fed aux Etats-Unis. Jusqu’à maintenant la BCE s’était refusée à baisser les taux d’intérêt pour ne pas faire déraper la masse monétaire et donc l’inflation. Elle vient malheureusement de rompre avec cette politique en baissant le 5 décembre son taux d’intérêt de 0,5%.

Cependant, Otmar ISSING, économiste en chef de la BCE et membre de son directoire, vient dans une interview au Figaro de confirmer cette priorité au contrôle de la masse, tout en précisant « Nous estimons que la maîtrise de l’inflation constitue la principale contribution que la politique monétaire puisse apporter à la croissance économique et à la création d’emplois ».(…) « Notre mandat est d’assurer la stabilité des prix, d’empêcher l’inflation aussi bien que la déflation : il est très clair que la stabilité n’est pas une tâche asymétrique ».

On peut avoir quelques doutes sur la volonté réelle de la BCE en ce domaine. Mais les faits sont-ils toujours en accord avec les discours ? Car ces derniers temps la masse monétaire a un peu dérapé, bien au delà de l’objectif fixé. La masse monétaire M3, définition assez large qui regroupe, outre les billets et les chèques, un certain nombre de placements financiers à court terme, a augmenté en octobre de 7% en un an (contre 7,3% il est vrai le mois précédent). Or l’objectif de la BCE est une progression de la masse monétaire M3 de 4,5%, dans l’espoir d’avoir un taux d’inflation inférieur à 2% par an. Le résultat n’est pas tout à fait atteint, puisque la hausse annuelle des prix est de 2,2% dans la zone euro en novembre, contre 2,3% le mois précédent. 

LES RIGIDITES STRUCTURELLES 

Mais aux yeux de l’OCDE ce n’est pas ce dérapage de la masse qui est important. Ce qui lui pose un problème, c’est la persistance d’une inflation non totalement maîtrisée et surtout d’écarts d’inflation d’un pays à l’autre dans la zone euro. Il est vrai que si la politique monétaire est la même dans l’ensemble des douze, ce qui est évidemment le cas puisque la masse monétaire est créée au niveau de toute la zone euro et non de chaque pays, c’est qu’il y a d’autres facteurs explicatifs complémentaires de l’inflation.

Or c’est là que le rapport de l’OCDE est intéressant. Il existe une rigidité des prix face à la conjoncture, qui provoque « une persistance de l’inflation dans la zone euro » bien que les situations économiques, par exemple en termes de croissance, soient différentes. Il y a selon l’OCDE trois raisons à cette inertie des prix : la résistance à la baisse des salaires nominaux, le cadre réglementaire du droit du travail qui empêche les rémunérations de refléter les conditions économiques, le comportement quasi-administratif de certaines entreprises qui préfèrent éviter des modifications trop fréquentes des prix.

Tout cela découle d’un manque général de flexibilité. La rigidité des salaires nominaux à la baisse, que Keynes croyait à tort être un phénomène général, est en réalité entraîné en Europe par les contraintes administratives liées à la réglementation sociale. L’OCDE vise en particulier la réglementation en vigueur sur le marché du travail. « Dans certains pays, les emplois à durée indéterminée sont soumis à des dispositions contractuelles qui ne peuvent être modifiées que par consentement mutuel ». Ces rigidités du marché du travail empêchent les salaires de s’ajuster comme il le faudrait, par exemple en cas de ralentissement économique. Ainsi se créent des conditions plus favorables au maintien de prix élevés.

De la même façon l’OCDE note que les entreprises hésitent à baisser leurs prix lorsque les conditions économiques l’imposeraient. Cela s’explique par une concurrence insuffisante, qui se traduit elle-même, comme nous l’avons montré il y a peu, par des gains de productivité insuffisants. 

VERS PLUS DE FLEXIBILITE 

Curieusement, l’OCDE, après avoir dénoncé ces rigidités, fait une première proposition pour le moins surprenante. Il suffirait de desserrer la contrainte des prix pour faciliter les ajustements  « Un taux d’inflation de 3 à 4% pourrait éliminer la principale source de ces problèmes d’ajustement à la baisse de ces salaires nominaux ». On sent ici poindre en arrière-plan une analyse keynésienne, comme si l’inflation pouvait résoudre la rigidité à la baisse des salaires, ce qui était la grande thèse keynésienne poussant à la fuite en avant dans la relance et l’inflation. Il y a longtemps que personne ne croit plus sérieusement à ces politiques de relance de l’inflation pour baisser le salaire nominal et faire reculer le chômage. Bien au contraire, comme l’a montré FRIEDMAN, c’est parce que les banques relâchent leur surveillance monétaire que l’on peut accepter des hausses de prix dont l’origine tient aux rigidités réelles de l’économie.

Heureusement l’OCDE se ressaisit à la fin de l’étude et fait une proposition plus sérieuse : c’est du côté des gains de productivité qu’il faut se tourner pour résoudre ces problèmes d’inflation persistante dans certains pays européens. C’est d’ailleurs ce que confirme O. ISSING : « Ce qui me préoccupe c’est la question de la flexibilité. Les marchés du travail doivent être suffisamment flexibles, sinon les économies nationales ne peuvent réagir aux décisions de la politique monétaire qui est par définition identique pour tous les Etats ». Les réformes structurelles, la flexibilité, les gains de productivité, une concurrence accrue, moins de réglementations administratives ou sociales, voilà les solutions pour éliminer les écarts d’inflation et permettre les ajustements nécessaires dans la zone euro. De ce point de vue, le document de l’OCDE reste dans une logique purement macro-économique et macro-européenne, sans prendre en compte l’hétérogénéité des conditions dans lesquelles se déroule l’activité économique dans chaque pays de l’Union. Mais une BCE (ou l’OCDE) peut-elle raisonner autrement qu’en macro-économie ?

 

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