Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

21 pages, gratuit

Bulletin de commande

Portait

Le monétarisme de l’école de Chicago

« L’anti-Keynes » : ainsi a-t-on qualifié Milton Friedman, bien que Keynes ait été contesté dès les années 1930 par l’école autrichienne.

Lire la suite...
OU VA L’AMERIQUE ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean Yves Naudet   
Mardi, 19 Novembre 2002 01:00

Ces dernières semaines, l’Amérique est à la une de l’actualité. La victoire du Président George W. BUSH aux élections de mi-mandat montre que celui-ci dispose d’une large majorité dans l’opinion. Jamais depuis Roosevelt un président n’avait ainsi conforté sa majorité à la chambre des représentants et reconquis la majorité au Sénat. Quel dirigeant occidental a un tel courant favorable dans l’opinion publique de son pays ?

D’autre part, les Etats-Unis ont remporté un succès en politique étrangère. La motion votée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU approuve la position  américaine et fait pression sur Saddam HUSSEIN en le menaçant d’une intervention en cas de refus de se soumettre.

Mais les observateurs qui admettent, du bout des lèvres, ces succès, nuancent aussitôt le tableau en se référant à la situation économique américaine. Celle-ci serait très dégradée et surtout si incertaine qu’on ne sait pas très bien où va l’Amérique. Qu’en est-il en réalité ?

UNE CONJONCTURE MEILLEURE QU’EN EUROPE

Du point de vue conjoncturel, la situation est bien meilleure aux Etats-Unis qu’en Europe. C’est d’abord vrai en termes de croissance. Il faut rappeler que ces dernières années la croissance avait déjà été vive aux Etats-Unis : le PIB a progressé de 4,1% en 1999 et de 3,8% en 2000. Certes, on a connu un ralentissement sensible en 2001 pour diverses raisons conjoncturelles, accentuées par les événements du 11 septembre : la croissance a été presque nulle à 0,3%. Mais ce qui est frappant c’est la capacité de rebond de l’économie américaine. La prévision pour 2002 est de 3,0% et pour 2003 de 3,3% ; ce n’est peut-être pas extraordinaire mais quel pays ne s’en satisferait pas ? Il suffit de rappeler que la croissance en France s'est encore ralentie en 2002 et qu'elle devrait y être inférieure à 1% :  deux points de moins qu’aux USA. Le gouvernement s’accroche à sa prévision de 2,5% pour 2003 mais personne n’y croit un instant et les Allemands viennent de révéler pour leur part qu’ils attendent chez eux à peine 1% en 2003. Qui croira que la France puisse se situer au dessus ?

Mais il n’y a pas que la croissance. L’emploi aussi se porte bien mieux aux USA qu’en Europe. Nous en avons parlé la semaine dernière et il suffit de rappeler que s’il y a beaucoup de licenciements aux Etats-Unis, il y a aussi en général beaucoup de créations d’emplois, ce qui traduit une grande mobilité du marché du travail plus qu’une dégradation. Résultat : le taux de chômage y est de 5,7%, à comparer aux 8,3% de l’Allemagne ou aux 9% de la France et encore les Etats-Unis n’utilisent-ils pas les mêmes techniques que nous de traitement social (voire statistique) du chômage pour en diminuer artificiellement le nombre.

Cette situation meilleure ne s’accompagne pas de plus d’inflation, au contraire, puisque selon les derniers chiffres de l’OCDE, la hausse des prix est aux Etats-Unis, pour les douze derniers mois, de 1,8% contre 2,2% en Europe : dans les deux cas l’inflation semble être sous contrôle. Enfin, on insiste parfois sur la dégradation des comptes extérieurs des Etats-Unis, mais cela n’a pas grande importance d’une part parce que le dollar continue à être largement accepté, de l’autre parce que l’on sait, depuis BASTIAT, que ces statistiques extérieures sont sans grande signification.

UNE SUPERIORITE STRUCTURELLE

Pourtant la conjoncture ne s’attache qu’à la surface des choses. Ce qui compte, ce sont les données de fond, les données structurelles. Or là encore l’avantage américain est clair. Les bons indicateurs comme la croissance sont satisfaisants depuis des années, à l’exception du recul provisoire de 2001. Mais c’est surtout la productivité, comme nous l’avons rappelé il y a trois semaines, qui est sans contexte très supérieure aux Etats-Unis. Les gains de productivité sont largement au dessus des 4% par an et surtout deux fois plus élevés qu’en Europe. De quoi favoriser une croissance non inflationniste, une hausse du pouvoir d’achat et au total, dans une économie aussi dynamique, des créations d’emplois. Cette meilleure productivité vient d’une concurrence beaucoup plus vive en Amérique qu’en Europe, comme nous l’avons montré il y a deux semaines à propos de la mauvaise politique de concurrence suivie en Europe. Autrement dit ces gains de productivité ne sont pas un phénomène conjoncturel mais structurel.

De plus, les autres éléments structurels, en particuliers fiscaux, plaident en faveur des USA : la progressivité de l’impôt sur le revenu est bien moindre qu’en Europe, l’impôt sur les grandes fortunes y est ignoré, les impôts sur les sociétés beaucoup plus faibles et surtout les charges sociales bien moindres qu’en France, championne toutes catégories des prélèvements obligatoires. Enfin, les réglementations sociales et administratives y sont bien moindres, assurant une flexibilité générale de l’économie et du marché du travail en particulier.

DES RISQUES D’ERREURS DE POLITIQUE ECONOMIQUE

Pourtant, rien n’est définitivement assuré, pas plus aux Etats-Unis qu’ailleurs. Ils ne sont pas à l’abri des erreurs de politique économique. C’est vrai en matière commerciale, et on a vu G.W.BUSH céder aux pressions des agriculteurs ou des sidérurgistes américains. Une politique libérale ne consiste pas à céder aux pressions des grandes entreprises ou des paysans en faveur du protectionnisme, mais à ouvrir les frontières pour le bien de tous et notamment des consommateurs.

De même, on peut être très réservé sur la politique de la Banque centrale américaine. Celle-ci a encore baissé son taux d’intérêt, à 1,25%. Elle l’a fait dans une perspective keynésienne de relancer la demande et en particulier l’investissement des entreprises. Mais il y a bien longtemps que l’on sait, comme nous l’avons montré dans un récent article de conjoncture, que les baisses de taux d’intérêt n’ont jamais relancé l’économie, mais qu’elles risquent de relancer l’inflation. Sur ce point, la politique de la BCE, qui a maintenu son taux inchangé à 3,25% est plus raisonnable.

Il est vrai que la politique monétaire ne dépend pas du Président BUSH mais de la Fed. En revanche, la politique fiscale dépend de lui et sa majorité confortée au Congrès devrait lui permettre de poursuivre sa politique de baisse d’impôts, afin d’encourager l’offre et de provoquer ainsi un effet LAFFER, tout en rétablissant la confiance dans l’économie. Si BUSH s’engage dans cette voie, c’est de manière durable que l’Amérique va distancer une Europe incapable d’abandonner ses vieux démons sociaux-démocrates.

 

Flashes du jour

Macron guérit des écrouelles

Emmanuel Macron en visite à la Faculté de Droit de Lille

 

Lire la suite...

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

Conjoncture : Taillables et Corvéables à merci

Actualité  : Hambourg : enterrement du G 20 - Les dépenses de Monsieur Hulot - Le service national : Macron relance l’idée de génie - Macron : retour à la baisse immédiate des impôts - Les ordonnances travail présentées à l’Assemblée

Actualité  : Des leaders libéraux ? - A la recherche des intellectuels libéraux - La rentrée de la Nouvelle Lettre


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...