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Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

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Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

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CHOMAGE : « LA ROUTE DE L’ESPOIR EST OUVERTE » PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean Yves Naudet   
Mardi, 12 Novembre 2002 01:00

C’est Jean-Pierre RAFFARIN qui s’exprime ainsi, en commentant les derniers chiffres du chômage. Aux yeux du Premier ministre, la stabilisation du chômage ce mois-ci lui donne quelque raison d’espérer. Nous ne partageons pas les illusions de J.P. RAFFARIN et les statistiques du chômage nous semblent au contraire obscurcir encore l’horizon économique français.

UNE HAUSSE DE 5,1% EN UN AN

En apparence, la situation s’est stabilisée en septembre, puisque le nombre de demandeurs d’emplois est resté presque inchangé, à 2 278 800, soit à peine 700 chômeurs de plus que le mois précédent. Mais la hausse est néanmoins de 5,1% en un an : le chômage continue donc d’augmenter à long terme. Notons toutefois que ces statistiques, qui portent sur la catégorie 1 des demandeurs d’emplois inscrits à l’ANPE, excluent depuis quelques mois ceux qui ont travaillé plus de 78 heures dans le mois. Or, sans ce toilettage statistique, le nombre de demandeurs d’emplois serait de 2 678 200, soit 400 000 de plus. Bien entendu, cela ne concerne que les personnes immédiatement disponibles, cherchant un travail à durée indéterminée et à temps plein. En d’autres termes tous ceux qui cherchent un contrat à durée déterminée ou un travail à temps partiel sont exclus de ces statistiques ! Sans cela, le chiffre serait considérablement supérieur.

Si l’on s’intéresse au taux de chômage, la situation est également stable en septembre, avec 9% de chômeurs par rapport à la population active. Mais ce qui compte ici, ce sont les comparaisons internationales. Or ici la situation de la France est loin d’être favorable. Tout d’abord, si l’on regarde l’ensemble de l’OCDE, c’est à dire les économies de marché développées, le taux de chômage moyen est actuellement de 6,9% : la France est donc plus de deux points au dessus.

Mais la comparaison est plus inquiétante par rapport à certains pays. C’est d’abord le cas de la Grande-Bretagne, où nous avions signalé ici même il y a quinze jours que le taux de chômage était tombé à 3,1% de la population active. Même si l’on corrige ces données pour les rendre homogènes et comparables d’un pays à l’autre, le taux de chômage anglais reste faible à 5,1% soit quatre points en dessous de celui de la France. 

DES COMPARAISONS INTERNATIONALES ACCABLANTES

Comparaison intéressante aussi par rapport aux USA, où, à en croire les médias français, la situation ne cesse de se dégrader. Cela n’empêche pas le chômage américain de se situer à 5,7%, bien en dessous du nôtre, mais aussi de la moyenne de l’OCDE. De même, le Japon, qui est en mauvaise posture économique et en pleine récession et qui a commis de nombreuses erreurs de politique économique et en particulier monétaire, reste avec un taux de chômage de 5,5%. On sait en revanche que la situation est très dégradée en Allemagne, en raison en particulier de la mauvaise situation des lander de l’Est. Toutefois, même si le taux de chômage y est élevé, à 8,3%, calculé en données standardisées, il reste prés d’un point en dessous du nôtre. Bref, au total la comparaison n’est guère en faveur de la France et aucun grand pays n’a autant de chômage que nous. Parmi les pays plus petits, il n’y a guère que l’Espagne et la Finlande qui fassent moins bien que nous. Nous avons donc ici la troisième plus mauvaise performance européenne. Nous ne voyons pas où J.P. RAFFARIN trouve des raisons d’espérer. Ne parlons pas de l’avenir, puisque les prévisions, pourtant très prudentes, de l’INSEE, font état d’un taux de chômage d’au moins 9,3% de la population active en décembre, donc en hausse sensible par rapport à septembre (9%). 

QUI EST CHOMEUR ? POURQUOI ? POUR COMBIEN DE TEMPS ?

Si l’on regarde maintenant le chômage français dans sa structure, on ne trouve guère non plus de raison d’être optimiste. Le chômage des jeunes par exemple est en hausse de 0,9%. Un jeune actif sur quatre est au chômage. Pourquoi ce surchômage n’existe-t-il pas en Allemagne ? Que dire des problèmes de formation en France, ainsi que du rôle négatif du SMIC qui joue comme un véritable élément d’exclusion des jeunes non qualifiés du marché du travail ?

En un mois, 367 800 nouveaux demandeurs d’emplois se sont inscrits à l’ANPE, dont une grande part à la suite d’un licenciement économique (en hausse de 11,2% en un an), d’une fin de contrat à durée déterminée (+ 10%). Les sorties de l’ANPE sont au contraire en repli sensible et s’expliquent en grande partie par un « nettoyage » des fichiers : en un an, les radiations administratives ont progressé de 72,8% et pour le seul mois de septembre 32 076 personnes ont été ainsi éliminées des statistiques.

Signe encore plus important de dégradation : la durée du chômage augmente, s’aggravant de 2,1%. La durée moyenne du chômage est de l’ordre de dix mois. La comparaison est accablante avec les Etats-Unis où la durée du chômage n’est que de quelques semaines. Les Américains connaissent donc avant tout un chômage de mutation, lié aux frictions du marché du travail et au temps normal de recherche entre deux emplois ; la France connaît au contraire un chômage de longue durée, donc beaucoup plus structurel.

Faut-il s’étonner de cette situation ? La plupart des pays étrangers ont fait un effort de flexibilité sur le marché du travail. Nous avons accentué les rigidités, depuis les 35 heures jusqu’aux licenciements rendus plus difficiles : nous en payons le prix. Nous ne voulons pas non plus voir en face les problèmes de coût de la main d’œuvre, le poids excessif des charges sociales et le niveau trop élevé du SMIC pour les travailleurs les moins qualifiés. Enfin il faut évoquer les rigidités fiscales, administratives et sociales qui découragent les entrepreneurs et empêchent la création d’emplois. M. RAFFARIN se trompe : la route de l’espoir ne sera pas ouverte tant que le gouvernement français refusera les mesures de libéralisation du marché du travail et de réduction des impôts et des charges.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1341 du 15 novembre 2017

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