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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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PRODUCTIVITE : LES ETATS-UNIS LOIN DEVANT L’ALLEMAGNE ET LA FRANCE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean Yves Naudet   
Mardi, 29 Octobre 2002 01:00

Dans la difficile situation économique actuelle, il est de bon ton de souligner le caractère mondial de la récession et même d’insister sur le fait que cette récession nous viendrait d’Outre-Atlantique. Ce n’est pas vrai sur le plan conjoncturel et la situation de la croissance ou de l’emploi est bien plus dégradée en Allemagne ou en France qu’aux Etats-Unis. Pour ne parler que de la croissance du PIB, elle sera au mieux de 1% en France contre 2,5% aux Etats-Unis en 2002. 

Mais c’est sur le plan structurel que l’écart en faveur des Etats-Unis est impressionnant, ce qui signifie que lorsque la croissance s’accélérera au niveau mondial, les USA laisseront l’Europe loin derrière eux.

20% D’ECART DE PRODUCTIVITE

Cet avantage américain est confirmé par une étude fort intéressante réalisée par McKinsey Global Institute (MGI), cellule de recherche macro-économique de McKinsey et Company, dans une comparaison de la productivité aux Etats-Unis, en Allemagne et en France. Notons en passant qu’en dépit de son nom, McKinsey ne fait pas de la « macro-économie » mais réalise son étude sur la productivité au niveau des entreprises, et donc du terrain, c’est à dire de la micro-économie.

La productivité avait augmenté jusqu’en 1995 un peu plus vite en Europe qu’aux USA. Changement de décor depuis sept ans : ce sont les Etats-Unis qui font désormais largement la course en tête. De 1995 à 2000, la productivité du travail a progressé de 2% par an aux USA, contre 1,5% en Allemagne et 1,1% en France. L’écart moyen de productivité atteint 20% dans les secteurs étudiés.

Pour affiner son analyse, MGI a choisi six secteurs soit en raison de leur forte hausse de productivité, soit en raison d’écarts de performance significatifs entre les trois pays. Il s’agit des télécommunications, de la banque de détail, du transport routier de marchandises, de la production et la distribution d’électricité, de l’automobile et du commerce de détail.

D’une manière générale, on affirme habituellement que c’est la faible implication de la France et de l’Allemagne dans la production et l’utilisation des technologies de l’information et de la communication qui explique l’écart de productivité avec les Etats-Unis. Or les auteurs montrent que cela ne peut expliquer au plus qu’un tiers de la différence. Il faut donc aller chercher ailleurs les principales explications.

LA PRODUCTIVITE VIENT DE LA CONCURRENCE 

Et la réponse est sans ambiguïté. C’est la faiblesse de l’intensité concurrentielle, à cause d’une réglementation pesante et inadaptée, qui explique les écarts de performance entre les deux pays d’Europe et les Etats-Unis. Lorsque l’Europe s’en sort bien, comme dans le transport routier de marchandises, c’est en raison de la déréglementation du marché européen et de la suppression de l’encadrement de tarification, de l’assouplissement des restrictions de capacité et plus généralement des multiplications d’échanges dues au marché unique.

Dans l’automobile, on craignait beaucoup la suppression progressive des quotas d’importation sur les voitures japonaises ; or c’est l’inverse qui s’est produit et les européens ont été obligés de réagir en proposant des produits innovants et des techniques de fabrication plus performantes. Là où l’Europe s’en sort bien, elle le doit aux directives européennes en faveur de la déréglementation.

Mais ces directives n’ont pas été assez loin. Il subsiste en Europe de très nombreux freins à la concurrence qui empêchent les gains de productivité de progresser plus vite.

C’est ainsi que dans la distribution, la loi française très anticoncurrentielle, empêchant par exemple l’installation de grandes surfaces, empêche l’arrivée de nouveaux acteurs et réduit les efforts de modernisation des entreprises déjà en place. Pendant ce temps, leurs homologues américains, aiguillonnés par la concurrence, ont mis en place des systèmes de distribution beaucoup plus productifs. Dans un secteur comme l’énergie, le protectionnisme à la française a fait beaucoup pour provoquer un retard de notre pays. Quand on refuse à la fois l’ouverture à la concurrence et la privatisation, il ne faut pas s’étonner si les gains de productivité ne suivent pas.

LA PRODUCTIVITE FAVORISE L’EMPLOI 

L’étude est donc catégorique : c’est la concurrence trop faible en Europe, en raison de la réglementation, qui freine les gains de productivité. Aux USA, c’est l’inverse : concurrence plus forte et déréglementation expliquent le dynamisme des entreprises. C’est d’autant plus grave qu’en Europe le nombre d’heures travaillées n’augmente pas. Il faudrait donc faire des efforts de productivité encore plus importants pour  maintenir le niveau de vie - ou accepter de travailler plus longtemps. Les USA ayant un meilleur dynamisme démographique ont plus d’actifs qui travaillent et qui, chacun, sont plus productifs. La croissance est d’autant plus forte.

D’ailleurs beaucoup d’observateurs s’inquiètent des gains de productivité excessifs, qui finiraient par jouer contre l’emploi, puisqu’on aurait moins besoin de travailleurs. MGI montre que c’est l’inverse et qu’il suffit d’observer les Etats-Unis pour voir que la productivité et l’emploi progressent ensemble. Ce sont les gains de productivité qui, dans une vision dynamique et non pas malthusienne, permettent finalement de créer des emplois.

Une dernière observation, qui ne manque pas de sel. Face à cette étude sans appel, notre confrère le Figaro titre : « La        France et l’Allemagne loin derrière les Etats-Unis. La réglementation freine la productivité », ce qui reflète bien l’étude. Pendant ce temps, le journal le Monde met des lunettes différentes et titre : « Productivité : les Etats-Unis distancent la France et l’Allemagne -Selon une étude du cabinet McKinsey, la libéralisation n’est cependant pas la panacée ». Le Monde n’a sans doute pas lu le même rapport que nous…

 

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