Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

 

Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

36 pages, 5€

Bulletin de commande

Portait


Un Marx libéral ?

Les principaux éléments de l’économie marxiste se trouvent chez John Stuart Mill, qui a ajouté aux erreurs de Ricardo et Malthus dont il prend la suite.

Lire la suite...
« IL FAUT REGULER LES MARCHES AGRICOLES » PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean Yves Naudet   
Mardi, 15 Octobre 2002 01:00

Ce n’est pas un partisan de l’actuelle politique agricole commune qui parle ainsi, mais c’est un partisan de la réforme de la PAC, Pascal LAMY, commissaire européen au commerce. C’est toute l’ambiguïté de la situation actuelle. Tout le monde est d’accord sur le fait qu’il faut réformer la Politique agricole commune. Mais par quoi la remplacer ? Si c’est par un système presque aussi interventionniste, cela ne sert à rien. Or les déclarations de M.LAMY sont inquiétantes  et la révision proposée par la Commission ambiguë.

Tout d’abord, la situation actuelle ne peut durer . Dès l’origine, la PAC a pris une orientation très interventionniste. Il ne s’agissait pas de faire une zone de libre échange, mais de définir une « politique agricole commune ». Celle-ci visait à assurer un revenu élevé aux agriculteurs. Pour cela, la politique qui a été mise en œuvre a tout misé sur les prix. Ce sont des prix garantis au niveau européen. Ce sont donc de « faux prix » au sens de Jacques RUEFF. Et un faux prix entraîne toujours de mauvaises décisions. 

LE REGNE DES « FAUX PRIX » 

Bien entendu, le prix est fixé à un niveau supérieur à celui qu’aurait librement fourni le marché (et donc à un niveau supérieur aux prix mondiaux). Ce prix élevé  d’un côté encourage la production, puisqu’il permet de produire même avec des coûts de production plus élevés. En sens inverse, ce prix élevé décourage la demande, puisque le consommateur est pénalisé par la hausse artificielle des prix et ne peut acheter autant, compte tenu de sa contrainte de revenu.

Cela a une conséquence évidente. Le déséquilibre, qui ne peut se manifester par la hausse ou la baisse du prix - puisque celui-ci est bloqué- se manifeste au niveau des quantités. La quantité offerte augmente, la quantité demandée diminue : il apparaît un écart entre l’offre et la demande et plus précisément un excès de la quantité offerte sur la quantité demandée, c’est à dire une surproduction. C’est l’origine de nos montagnes successives de lait, de beurre ou de viande. Il faut donc encore dépenser de l’argent pour gérer ces stocks européens, les conserver, avant d’essayer de les vendre. Mais personne n’en voudra - sur le marché mondial- à ce prix là. La différence entre le prix garanti et le cours mondial, très inférieur, sera donc payée par un système de subvention et donc par le contribuable européen. Celui-ci, qui a déjà payé ses produits agricoles plus cher que les autres, va devoir payer une seconde fois pour les produits qu’il ne consomme pas, mais qui sont exportés et que consommera la ménagère russe par exemple. Voilà pourquoi la PAC est devenue ruineuse et constitue, de loin, le premier poste du budget européen 

Les remèdes avancés jusqu’ici ont encore aggravé la situation, puisque l’on a dans bien des cas cherché à limiter la production, pour éviter les excédents que le faux prix avait engendrés - par une politique de rationnement quantitatif, la politique des quotas. Paradoxe d’un système absurde : on pousse les paysans à produire plus par une incitation sur les prix, mais on leur interdit de le faire. Bref, le paysan à son tour sera perdant et devient en tous cas un assisté. 

« ON NE PEUT APPLIQUER A L’AGRICULTURE LES REGLES DU MARCHE » 

On attendait donc un projet ambitieux, une rupture par rapport à cet étatisme sauvage qu’est la PAC. C’est là que l’intervention de Pascal LAMY ( dans un article du Figaro du 3 octobre) prend tout son sens. Il faut en peser chaque mot. « Il existe depuis longtemps un vrai contrat social européen sur l’agriculture(…) Ce point d’accord entre Européens tient en une phrase : on ne peut appliquer intégralement à l’agriculture les règles du capitalisme de marché. Il faut réguler les marchés agricoles. On ne peut soumettre purement et simplement l’agriculture à la division internationale du travail, faute de quoi nos six millions d’exploitations seraient réduites à un million. La question n’est donc pas de savoir s’il faut une politique agricole mais laquelle ».
P.LAMY pose alors quelques questions : « Comment soutenir les revenus des agriculteurs sans gonfler artificiellement la production ? Comment leur apporter des soutiens directs et équitables sans altérer leur esprit d’entreprise ?».

M. LAMY, en refusant « les règles du capitalisme de marché » et la Commission avec lui se sont mis dans une impasse. Car ses questions n’ont pas de sens si l’on sort de la logique du marché. Certes, la position de M.LAMY marque un progrès par rapport aux défenseurs inconditionnels de la PAC actuelle, Français en tête. En effet, M. LAMY se tourne vers « des aides directes découplées de la production, qui devraient, selon les propositions de la Commission, être quasiment généralisées : leurs effets de distorsion sur les échanges seront nettement moindres que jusqu’à présent ». En clair, M.LAMY veut replacer les politiques de prix par des politiques de revenus, des politiques simplement redistributrices. Mais est-ce que cela réglera le problème des dépenses agricoles massives ? Evidemment non. Est-ce que cela apportera dignité aux agriculteurs, désormais dépendant directement des financements européens, dans une véritable situation d’assistance ? Evidemment non. 

LE RETOUR AU MARCHE 

Mais si M.LAMY veut ainsi passer d’une politique des prix à une politique des revenus, c’est parce qu’il s’inquiète des partisans du marché : « Il ne faut pas se dissimuler que certains, même en Europe, souhaitent des mesures plus radicales pour déréguler l’agriculture ».

Mais pourquoi la Commission a-t-elle peur du marché ? Sans doute parce que le pouvoir de décision passerait de ses mains dans celles des consommateurs. Mais rien, dans la situation de l’agriculture, ne justifie un refus du marché. C’est même une nécessité pour l’équilibre du monde. En effet, la PAC et les subventions aux agriculteurs européens (et américains) empêchent le tiers –monde de se développer et de trouver chez nous des débouchés pour ses produits agricoles. La PAC entretient ainsi la misère du tiers-monde.

Bien entendu, le retour au marché peut se faire par étapes, tant la PAC a détruit peu à peu tous les mécanismes d’autorégulation et surtout la responsabilité des agriculteurs : il faut leur laisser un temps d’adaptation aux conditions du marché réel. De même, la suppression progressive de la PAC doit s’accompagner de la suppression des aides américaines à leurs agriculteurs, qui ont été augmentées encore il y a quelques mois. Mais rien, encore une fois, ne justifie de mettre l’agriculture « hors marché ».

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


Editorial : Pourquoi les Français n’aiment pas les réformes

Connaissance du libéralisme : Le renard libre dans le poulailler libre - La loi, la liberté et le droit - Droit,morale et religion

Avis à nos lecteurs : 8ème Week end de la Liberté


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...