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Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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Connaissance de l’économie : conclusion PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 29 Mars 2013 00:00

L’illettrisme économique des Français est un handicap qui nous coûte cher : cher en chômage et en compétitivité, cher en dépenses et en dettes publiques, cher en paix sociale, cher en espoirs de promotion et d’épanouissement personnel.

J’ai donc entrepris, comme l’ont fait d’autres avant moi, de poursuivre la croisade contre cet illettrisme. Et depuis deux mois (24 janvier exactement) j’ai consacré régulièrement deux pages de cette Lettre à expliquer ce qui sépare l’économie naturelle et l’économie artificielle.

Hélas, dans les faits, les artifices polluent le fonctionnement naturel de l’économie, et les Français, en particulier, ingèrent sans le savoir ce poison intellectuel, politique et social, qu’est la « troisième voie », celle d’une économie « mixte » régulée par l’Etat.

En conclusion, je crois qu’aucun progrès décisif, aucune réforme significative, ne sera possible dans notre pays tant que l’on cherchera un compromis entre économie naturelle et économie artificielle. Ce compromis est un artifice de plus, une illusion fatale.

 

La troisième voie est une impasse 

Walter Eücken, économiste de l’école de Fribourg, expliquait qu’il y a deux systèmes économiques, et deux seulement : celui de l’économie décentralisée, appelée encore économie de marché, et celui de l’économie centralisée, ou économie de plan. Chacun de ces systèmes a sa cohérence : dans un cas le marché coordonne les choix libres de millions d’individus, une « main invisible » permet aux intérêts individuels de se rencontrer et de se satisfaire mutuellement dans le processus d’échange ; dans l’autre cas, le planificateur central répartit les ressources nationales d’après les priorités qu’il détermine souverainement : producteurs et consommateurs n’ont pas le choix. Introduisez maintenant des éléments de plan dans une économie de marché ou juxtaposez le marché et le plan : en ajoutant deux logiques contraires, débouche-t-on sur une nouvelle logique ? Certainement pas !

Entre marché et plan, il faut choisir l www.libres.org
Entre marché et plan, il faut choisir

Pourtant, c’est bien ce que l’on a cherché à faire depuis des décennies, voire des siècles. Il faut dire que le pouvoir politique central ne lâche pas le morceau : il s’est toujours approprié l’argent du peuple en prétendant faire son bonheur. Mais comment une telle aberration a-t-elle pu résister à l’extraordinaire progrès et succès de l’économie de marché et à son élargissement au niveau mondial ? 

Une première raison est politique : le tiers système procède du neutralisme, du non choix. La France a été plus que toute autre nation persuadée qu’il ne fallait s’aligner ni sur les affreux Américains capitalistes ni sur les terribles planificateurs soviétiques. Parallèlement, dans les débats politiques internes, le centre jouit d’une position privilégiée puisqu’il fait la balance entre gauche et droite. Une autre raison tient à « l’économie sociale de marché », une expression de Ludwig Erhard qui voulait suggérer que l’économie de marché est la condition des plus grands progrès sociaux. On va voir dans cette expression malheureuse une nouvelle doctrine : ajouter à l’économie de marché une dimension « sociale », faite essentiellement de redistribution par les pouvoirs publics.

Cette voie a été celle de l’échec. Car des transferts sociaux de plus en plus importants ont ruiné l’économie, d’une part en confisquant des revenus honnêtement gagnés, d’autre part en persuadant la population qu’elle pouvait vivre bien sans effort majeur : gagner plus en travaillant moins. Ainsi les pays les plus redistributifs ont-ils été les moins performants.

 

L’économie mixte est une injustice 

Les dégâts de la redistribution ont été d’autant plus grands que le secteur public s’est progressivement hypertrophié. Désormais la redistribution ne s’est pas seulement opérée entre riches et pauvres (ou présumés tels), elle a joué entre ceux qui appartenaient à la sphère publique et ceux qui étaient dans le secteur privé.

Les fonctionnaires, les salariés des entreprises publiques, les salariés des entreprises privées fortement liées à l’Etat (par les marchés public, par les réglementations ou les subventions), les gens du « secteur social » (associations subventionnées) – ce qui en France représente la moitié de la population active - sont à l’abri des exigences et des adaptations du marché. C’est un premier privilège. Mais, de plus, leur responsabilité personnelle est bien moins engagée que dans une entreprise privée et leur productivité est en général bien plus faible. C’est un autre privilège : recevoir une rémunération non pas en contrepartie de son initiative, de son mérite, de ses sacrifices ou de ses performances, mais en application d’un statut corporatiste privilégiant l’ancienneté.

Cette injustice décourage les « entreprenants », qui finissent par préférer à leur tour le statut et le privilège et à prendre en horreur la mobilité et la concurrence.

Il s’agit en fait d’une véritable spoliation : ceux qui créent des richesses n’en ont plus la propriété. Elle leur est confisquée pour continuer à faire fonctionner un secteur public pléthorique, inefficace, toujours plus coûteux et plus endetté. Donc, plus personne ne se fait créateur, du moins dans le pays (nombreux sont ceux qui iront exercer leurs talents ailleurs).

 

Le dirigisme divise les peuples 

Dans un pays où le succès ne dépend plus de la création de richesses, mais de la proximité du pouvoir, tous vont vouloir s’emparer ou se rapprocher de ce pouvoir qui gouverne toutes choses. « La loi est le produit d’un rapport de force », dit pertinemment le socialiste Jean Pierre Michel. La réussite dépend donc de l’organisation et de la pression des groupes qui partent à l’assaut du pouvoir, de ses lois, de ses finances. C’est la compétition de tous contre tous.

Alors la richesse devient le sous produit de la violence sociale, elle procède de privilèges aux dépens des autres. Bastiat en déduisait une bonne définition de l’Etat « cette grande fiction sociale à travers laquelle chacun s’efforce de vivre aux dépens des autres ».

Rien d’étonnant à ce que la richesse devienne suspecte, avant d’être haïe : dans un tel contexte n’est-elle pas le fruit de la lutte, ou de l’arbitraire fiscal, réglementaire, ou encore de la corruption? On finit par voir toute réussite comme malhonnête et toute richesse comme un vol.

La violence règne dans une économie dirigée l www.libres.org
La violence règne dans une économie dirigée

Ce qui se passe au sein d’un pays se prolonge au niveau international : n’y a-t-il pas une pression des peuples riches sur les pauvres ? L’Etat n’est-il pas là pour protéger les nationaux contre la concurrence des étrangers, qui est par définition déloyale ? Alors se déclare la « guerre économique », qui autorise toutes les malversations, depuis le protectionnisme jusqu’aux manipulations monétaires, en passant par les cartels d’Etats. Et la guerre économique débouche un jour sur la bonne vieille guerre militaire. L’Europe se voit assiégée par les pays émergents, au sein de l’Europe les pays du Sud se voient malmenés par ceux du Nord, et les Allemands sont soupçonnés de redevenir un peuple orgueilleux et agressif.

 

Vive l’économie !  

Beaucoup de gens auront des sympathies pour l’économie le jour où ils en comprendront la nature et le fonctionnement. Il est vrai que peu de pays actuellement vivent suivant les lois de l’économie naturelle, et on n’a pas de « modèle » à proposer. Ni l’Allemand, ni l’Australien, encore moins l’Américain, et même pas le Suisse.

Ce n’est pas une raison pour nier l’existence de l’économie naturelle et se moquer de ses lois.

L’économie naturelle, comme je l’ai présentée dans un précédent tableau, est une économie de libres choix individuels et de pleine responsabilité de ces choix ; c’est une économie d’échanges de services librement contractés, c’est une économie où le droit à l’initiative et le droit de propriété vont de pair. C’est une économie qui permet le plein développement de la personnalité et qui entretient l’harmonie sociale.

L’économie est le propre de l’homme. Elle en est aussi la dignité.

 
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Au sommaire du n°1312 du 14 mars 2017


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