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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

64 pages, 30 portraits, 5€

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Quelques remarques sur la définition de la démocratie PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 02 Mars 2016 00:00

Seuls les Blancs sont capables de cultiver les terres des Noirs

 

 

Les définitions de la démocratie sont nombreuses, et plus ou moins heureuses. L’étymologie nous dit pouvoir du peuple. Churchill la définit comme « le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres ». Pour beaucoup de personnes, c’est l’organisation d’élections libres et la loi de la majorité qui caractérisent une démocratie. Les « démocraties populaires » et les dictatures sont souvent légalisées, sinon légitimées par ces façades de démocratie. La loi de la majorité est en soi arbitraire, elle correspond à la démocratie « ancienne » à laquelle Benjamin Constant opposait la « démocratie des modernes » qui consiste à protéger les droits de la minorité, et en particulier de la plus minoritaire des minorités, l’individu : la démocratie serait respect des droits personnels. Hayek liait la démocratie au processus électoral, mais lui substituait la « démarchie », système où les droits sont reconnus et protégés par une assemblée composée de sages non rééligibles.

Mais la formule consacrée est celle d’Abraham Lincoln, « Gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». C’est cette formule que je trouve imprécise, voire nocive.

Le gouvernement du peuple est déjà un concept ambigu. Cela veut-il signifier que tout pouvoir doit venir de la souveraineté populaire, comme l’entendait Jean Jacques Rousseau ? Mais qu’est-ce que le pouvoir de gouverner ? Au prétexte de son origine populaire, le pouvoir peut-il être absolu ? Sinon, quel est le contenu de la délégation que le peuple aurait donnée aux gouvernants ? Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette première formule évacue le problème de la subsidiarité ; les libéraux professent clairement que le pouvoir, défini comme la possibilité d’exercer une coercition sur les gens, ne peut intervenir que lorsque l’usage de la coercition, le recours à la force publique, est impératif. Encore faut-il savoir si les pouvoirs locaux sont tout naturellement désignés pour régler ces affaires, et si le pouvoir central n’intervient qu’en tout derniers recours.

Le gouvernement par le peuple est une formule qui participe d’un bel optimisme. Certes la démocratie directe, qui permet aux citoyens de se prononcer par un vote sur une affaire d’intérêt commun donne l’illusion du « peuple législateur » (Rousseau encore, décrivant les mœurs politiques de Genève). Mais la tenue et l’organisation du vote doivent bien être confiées à quelque instance, qui va détenir ainsi un grand pouvoir, d’ailleurs la règle majoritaire suffit-elle à légitimer tout résultat ? Quant à la démocratie représentative, la plus courante, elle est pure illusion. La théorie des « public choice » (logique des décisions politiques) repére toutes les démarches qui permettent aux candidats et aux élus de recueillir les suffrages des électeurs. Peter Aranson avait avancé le théorème de « l’ignorance rationnelle » pour expliquer le fort taux d’abstention dans toutes les démocraties occidentales : les mœurs politiques, les pratiques parlementaires sont telles qu’elles deviennent illisibles, et les promesses ne sont que rarement tenues. Dans ces conditions le citoyen devrait investir un temps considérable en information pour faire de vrais choix. Il est plus rationnel pour lui de rester à l’écart du choix, voter c’est du temps perdu.

Enfin, le gouvernement « pour le peuple » est de loin la notion la plus incongrue qui soit. Qui connaît ce qui est bon ou mauvais pour le peuple ? Les gouvernants, au prétexte qu’ils ont été élus ? Les électeurs, parce qu’ils ont pris pleine connaissance des conséquences que les choix publics peuvent avoir pour eux, pour leurs familles ? L’Etat Providence a instauré le régime du « Daddy knows the best » Big Brother sait mieux que le peuple ce qui est le meilleur pour lui. Cela conduit directement à la planification bureaucratique. Georges Marchais avait magnifiquement abordé le problème dans la présentation du Programme Commun de la Gauche en 1973 : « La démocratie politique garantit la démocratie économique ». Il avait bien compris que la vraie démocratie économique, celle qui donne le pouvoir à chacun des consommateurs et des producteurs de participer au « plébiscite quotidien du marché (Hayek) ne peut s’accommoder d’une planification centralisée. Mais si le planificateur est lui-même issu d’un vote qui lui donne le pouvoir, sa légitimité politique lui permet de faire les choix économiques aux lieux et place du peuple. Comme on disait en URSS « C’est l’économie du peuple entier ».

Certes Lincoln ne pouvait imaginer que la belle démocratie américaine puisse un jour subir de telles déviations. C’est la « voix du peuple » qui occupait toute son attention, par contraste avec l’absolutisme monarchique ou la dictature parlementaire connue depuis les Anglais. Mais il nous a légués un cadeau empoisonné avec sa formule. Revenons à cette idée simple : ce qui est important c’est la liberté personnelle, assortie de la responsabilité et de la dignité, tout le reste en découle.

 
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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
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Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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