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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

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Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 15 Juin 2012 01:00
Libéralisme et justice

Entre riches et pauvres l’écart se creuse

« Car on donnera à celui qui a, et il connaîtra l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a » (Saint Matthieu XXV, 29). Isolée de son contexte, et dépouillée de son sens profond, cette citation de l’Evangile traduit l’idée que les écarts se creusent sans cesse entre riches et pauvres. Les tenants du marxisme et de la lutte des classes s’y sont référés pour illustrer les méfaits du capitalisme : le prolétariat se paupérise sous l’effet de la loi du profit, principe d’une économie libérale fondée sur le droit de propriété.

Depuis longtemps les faits démentent l’idée, mais l’idée demeure. Marx a été amené à passer de la thèse de la paupérisation absolue (les pauvres s’appauvrissent) à la paupérisation relative (les pauvres s’enrichissent moins vite que les riches), puis à la paupérisation mondialisée (l’impérialisme fait disparaître la pauvreté dans les pays riches grâce à l’exploitation des nations prolétaires). Sans aller jusqu’à ces positions extrêmes, un grand nombre de personnes sont persuadés qu’il y a plus de pauvres que jamais : injustice du libéralisme.

C’est un sentiment que la réalité dément : dans les pays libres, les écarts de revenus, puis les écarts de patrimoine, se sont réduits. Demeurent les dictatures où en effet tous les écarts se creusent. Globalement, les chances de vivre, de recevoir une éducation, d’être soigné, d’avoir un travail et un logement, ont été multipliées par un coefficient variant entre 5 et 20 suivant les pays, et l’on peut mesurer cette évolution positive à travers les « indices de développement humain » calculés chaque année. 

La justice, est-ce l’égalité ?

La justice est un concept attractif. Les « justes » ont toujours été donnés en exemple dans les nations civilisées. Mais s’agit-il d’une justice de comportement (le juste est celui qui a une conduite droite) ou d’une justice d’état (est frappé d’injustice celui qui est dans une situation inférieure) ? Hayek a montré l’impossibilité de fixer sérieusement un seuil d’inégalité que l’on pourrait considérer comme juste. Le niveau zéro d’inégalité des situations est impensable, sauf à l’imposer par la force (encore l’inégalité existait-elle dans les goulags). La seule égalité pensable est celle de la dignité humaine, des droits individuels fondamentaux. Mais précisément cette dignité est indépendante de la situation de l’être humain, elle est inscrite dans sa nature, non dans sa position : elle n’a rien à voir avec la richesse, sinon la richesse du cœur et de l’esprit.

Le philosophe John Rawls, référence incontournable en matière de justice « sociale » a proposé une solution qui semble pertinente : une société a atteint un niveau juste de distribution des revenus à partir du moment où on a donné le maximum possible à ceux qui ont le minimum. Le « maximin » tient compte d’une réalité : si la société se donne un objectif de redistribution des revenus, on peut donner davantage à ceux qui ont moins jusqu’au point où la redistribution a un effet contre-productif, parce qu’elle sépare le niveau de vie et l’effort.

Le problème, c’est que personne n’a jamais su calculer ce fameux point de retournement : à quel moment fait-il cesser d’appauvrir les riches pour enrichir les pauvres ?

Position sociale ou promotion sociale ?

Allons plus loin dans l’étude des inégalités. Ordinairement on les mesure en instantané, quitte à prendre des photos à plusieurs moments successifs : points de vue statiques ou métastatiques.

C’est doublement critiquable.

D’une part, ces mesures ne tiennent aucun compte de la composition des « cohortes » : les gens dont on mesure l’écart par rapport à d’autres ne sont pas les mêmes, en vingt ans l’employé a pu devenir cadre. Aux Etats-Unis, pays qui passe pour le champion de l’inégalité, on a pu mesurer qu’en l’espace de deux générations 95 % des individus les plus bas dans l’échelle sociale (désignés par exemple par le niveau 1) n’y sont plus et ont monté les échelles de la société américaine, un quart d’entre eux ayant même atteint le niveau 5, le plus élevé. On est toujours le pauvre ou le riche de quelqu’un, l’important pour le pauvre est de savoir s’il pourra un jour devenir riche. 

D’autre part, les mesures des inégalités sont en général globales ou catégorielles : c’est la méthode des sociologues qui prévaut. Or la réalité humaine est faite d’individus, non de groupes ; la question importante est de savoir ce qu’il advient de la richesse ou de la pauvreté d’une personne tout au long de sa vie. La promotion, c’est aussi affaire d’histoire personnelle, et de responsabilité personnelle.

Libéralisme et capital humain

S’enrichir grâce au capital humain

On a pu observer que l’origine des inégalités provient pour l’essentiel des différences de dotations en capital humain. Le concept de capital humain, popularisé par Milton Friedman, a été mis au cœur de la théorie du développement par Gary Becker, lui aussi prix Nobel.

La santé, le milieu familial, l’éducation, la formation, l’expérience, les relations personnelles, voire la beauté et la bonté, représentent le patrimoine personnel le plus précieux, celui qui expliquera les échecs et les succès, celui qui permettra la promotion sociale. Au contraire, l’aide sociale accordée au nom de la justice sociale dispense les gens d’améliorer leur capital humain, de sorte qu’ils seront vite pénalisés par les hasards de la vie, et demanderont toujours plus de « protection sociale » leur apportant de nouveaux handicaps. En revanche, comme le fait remarquer Becker, dans les pays où la famille est une cellule solide et investit énormément dans les enfants, non seulement la situation personnelle s’améliore mais la croissance économique globale s’accélère : c’est le secret des pays émergents aujourd’hui. Encore faut-il que ce capital humain puisse s’exprimer pleinement et fasse la différence : ce qui n’est pas le cas dans les sociétés abusivement redistributives (Rawls) ou dans les pays où ne peut s’exercer le droit à l’initiative, bloqué par un pouvoir dictatorial. « Il n’est de richesse que d’hommes » disait Jean Bodin. Le libéralisme est un humanisme, il libère le potentiel de progrès de chaque être humain, et ce faisant il élimine la pauvreté et l’écart entre riches et pauvres. 

L’échange, source d’enrichissement

Le libéralisme, ai-je rappelé dès le début, a pour dimension économique le libre échange. Si les pays émergents ont réussi, c’est aussi qu’ils ont été libérés de l’obsession marxiste des inégalités. Jusque dans les années 1980, la pauvreté des nations était imputée au commerce international, spoliateur des ressources du Tiers Monde. Les recettes du développement étaient donc isolationnisme et planification. L’explosion des frontières politiques consécutive à la chute de l’empire communiste, les échecs cuisants de la planification en Inde ou au Brésil, le succès des idées libérales, ont permis la mondialisation.

De ce moment, la pauvreté a été vaincue pour un bon tiers de l’humanité – reste un dernier tiers sans doute. Est-ce surprenant ? L’échange permet le service mutuel. Ce que d’aucuns présentent comme du « dumping » (social, fiscal, ou environnemental) n’est en fait que l’offre de services faite par des pauvres à des riches pour leur permettre à leur tour de s’enrichir. En échange de « l’exploitation » des pays entiers ont pu sortir de la misère, et la situation d’un très grand nombre a pu s’améliorer. La richesse a pour fondement la mutualisation des services entre personnes aux moyens, aux besoins différents. L’échange ouvre les esprits et les cœurs, il enrichit et rapproche tout le monde.

 

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