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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

64 pages, 30 portraits, 5€

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Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

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Libéralisme et incertitude PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 19 Octobre 2012 01:00
Pierre Bourdieu l www.libres.org

Le libéralisme nous condamne à l’incertitude

Les arguments ne manquent pas pour soutenir que le libéralisme détruit tout espoir, obscurcit tout avenir, et condamne les êtres humains à la précarité.

Il y a d’abord l’application fidèle de la pensée de Marx au monde contemporain. Ecoutons Pierre Bourdieu « La précarité affecte profondément celui ou celle qui la subit ; en rendant tout l’avenir incertain, elle interdit toute anticipation rationnelle et, en particulier, ce minimum de croyance et d’espérance en l’avenir qu’il faut avoir pour se révolter, surtout collectivement, contre le présent, même le plus intolérable ». Cette précarité n’est pas le produit du mauvais fonctionnement du marché et de la répétition des crises du capitalisme. Il est voulu par le système libéral lui-même, comme un moyen de tenir en esclavage la classe des exploités.

Il y a ensuite ceux qui, à l’image de Schumpeter et de Knight, lient la prospérité et le risque. Le niveau de vie s’est élevé au point que l’aversion pour le risque deviendrait très forte. Risquer serait le propre des gens qui n’ont rien à perdre. Aujourd’hui tout le monde veut se rassurer, être assuré.

Il y a encore ceux qui pensent que la société contemporaine, fruit du libéralisme, pousse les êtres humains vers leurs dernières limites, on leur demande d’aller trop vite, d’aller trop loin. Cette instabilité est insupportable, elle condamne les individus à une existence grégaire « La termitière humaine m’épouvante » disait Saint Exupéry.

Il y a enfin ceux qui pensent que la liberté est une vertu pour ceux qui savent l’assumer, pour les caractères bien trempés et les personnes bien éduquées, mais qu’elle laisse sur le bord du chemin les plus faibles, les moins doués : la liberté oublie la solidarité.

Ces divers arguments peuvent se conjuguer pour condamner le libéralisme au nom de la morale et de la justice.

 

Sécurité des situations ou sécurité des règles ? 

Il est vrai que dans le monde actuel les conditions de vie d’un individu ou d’une famille peuvent changer très rapidement. Cette instabilité tranche avec la vie paisible que pouvaient connaître nos ancêtres il y a seulement deux siècles. Mais l’accepterions-nous aujourd’hui ? L’espérance de vie était très courte, la mortalité infantile très élevée, la santé chancelante, l’instruction et l’éducation très faibles. Peut-être plus d’esprit de partage, mais pas grand chose à partager. 

Le changement accompagne naturellement le développement, qui lui-même n’a été possible que par le passage à la « société ouverte ». Quand s’élargit l’espace des relations entre hommes, la connaissance des autres ne peut plus être personnelle, et les différences de situation, ainsi que leur évolution, deviennent considérables. 

Cette incertitude sur les personnes et leurs situations a pour contrepoids nécessaire la sécurité des règles. Les institutions se sont affinées, qui permettent de réduire au minimum l’incertitude de chacun sur le comportement des autres. Je ne connais pas celui qui a passé contrat avec moi, mais la règle du contrat minimise l’incertitude que je peux avoir sur son comportement. De même le droit de propriété m’apporte la sécurité de la jouissance du fruit de mon activité. La sécurité des règles permet de gérer l’insécurité des situations.

 

 Gary Becker l www.libres.org

L’assurance contre la précarité 

La rançon du changement peut être lourde pour certains. Elle peut s’appeler chômage, faillite, déracinement, reconversion, voire maladies et souffrances. Mais il est frappant d’observer que ce sont dans les pays, les époques et les activités où il y a le plus de liberté que l’on a le moins d’incertitude sur l’avenir. C’est le refus du changement qui crée l’incertitude, et pas le changement. 

Il y a d’ailleurs des pare-feux efficaces contre l’incertitude. D’une part les techniques de l’assurance financière (qui est la forme la plus élaborée de la mutualisation des risques) se sont développés. L’allongement de la durée de vie, la rentabilité des investissements à long terme, permettent de financer les projets personnels et de se couvrir contre le plus grand nombre de risques. Il est paradoxal de critiquer le capitalisme au prétexte qu’il empêche toute prévision à long terme, alors que par définition le capitalisme est né (bien avant Marx) de la volonté d’oser spéculer sur l’avenir, de se libérer du poids du présent. La capitalisation signifie la confiance dans l’avenir. Si aujourd’hui l’avenir s’assombrit, c’est que le capitalisme a été galvaudé, dégradé par les interventions de l’Etat Providence. 

D’autre part, une autre assurance, non financière celle-ci, prouve aujourd’hui son efficacité : c’est la constitution et l’entretien du capital humain. En portant un soin particulier à l’éducation et à la santé des enfants, en donnant aux jeunes des qualifications supérieures et une aptitude au changement, en pratiquant une adaptation permanente des tâches et des responsabilités, on est sûr que les aléas de la vie seront plus facilement absorbés. Aujourd’hui Gary Becker a démontré l’importance de cet « investissement en capital humain ». En revanche on travestit la vérité en appelant précarité ce qui devrait s’appeler apprentissage, adaptation, découverte.

 

La vie est une aventure

Ainsi, en fin de compte, il appartient à chaque personne de « mener sa vie ». Le refus de l’incertain, c’est le refus de la vie parce que la vie est incertitude, parce que l’être humain est lui-même incertitude, et que la société dans laquelle nous vivons ne peut nous apporter pour sécurité que celle des règles et de leur respect.

Quel est d’ailleurs l’alternative proposée par les théoriciens de la précarité ? Pour les marxistes c’est la révolution, mais on a vu les certitudes qu’ont apportées les régimes communistes. Pour les étatistes de tous bords, c’est la prise en mains par le pouvoir politique de l’avenir de chacun, du berceau à la tombe. C’est finalement la perte totale de la liberté. Dans les sociétés utopistes, tout est planifié, tout est scientifiquement organisé pour que personne ne coure le risque de la misère, du chômage, de la maladie. Ces utopies nous font aujourd’hui payer une rançon qui est bien plus réelle et bien plus lourde que celle dont nous menacerait le libéralisme. 

Quant à la défense des faibles et des opprimés, elle commence par l’état de droit, et elle s’exerce par la solidarité volontaire, qui a pour cadres les familles, les communautés, les voisinages. Le libéralisme c’est aussi l’entraide : philanthropie et redistribution volontaires ont fait, et font encore, des miracles. Le libéralisme continuera à en faire si les étatistes veulent bien cesser de penser qu’ils ont le monopole du cœur, alors qu’ils n’ont que le monopole de la violence. Ils prétendent aussi garantir le présent et préparer l’avenir, alors qu’ils naviguent à vue, les yeux rivés sur le calendrier électoral.   

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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