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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Les dimensions du libéralisme PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 26 Octobre 2012 01:00

Dans mon désir de réhabiliter le libéralisme, et de réfuter les critiques malveillantes et injustes dont il est l’objet, j’ai procédé point par point. J’ai passé le libéralisme aux cribles de l’efficacité économique, de la justice sociale, de la morale, voire de la religion : au total, je vous ai proposé vingt articles.

Cet examen vous a-t-il convaincus, vous a-t-il apporté des arguments de nature à convaincre d’autres personnes des bienfaits et de l’espoir que porte le libéralisme ? Je l’espère.

Cependant, cette approche parcellaire a pour inconvénient de masquer l’harmonie qui préside à l’ensemble intellectuel que constitue la doctrine libérale. Or, nous avons tous besoin de doctrine, c'est-à-dire d’une organisation raisonnable et personnelle de nos savoirs, de nos aspirations, de nos croyances. Ce qui signe une vie, ce qui lui donne un sens.

Je consacrerai donc cette dernière rubrique de « Connaissance du libéralisme » à un rappel rapide -trop schématique sans doute– de ce qu’englobe le libéralisme. Vous pourrez aussi vous référer avec profit à l’ouvrage de Pascal Salin « Libéralisme » (Odile Jacob, 1988).

 

Frédéric Bastiat l www.libres.org

De mon point de vue le libéralisme a une triple dimension :

1° C’est un humanisme, qui met en évidence la liberté et la dignité de l’être humain.

2° C’est un ordre social, fondé sur l’état de droit et sur des règles de juste conduite.

3° C’est une anthropologie, une vision de la nature humaine. 

Dans cette présentation je ne crois pas utile de faire la distinction entre libéralisme économique, libéralisme politique et libéralisme philosophique, puisque je me suis efforcé jusqu’à présent de montrer l’étroite imbrication de ces trois dimensions du libéralisme, que certains veulent au contraire séparer, voire opposer.

 

Liberté des actes, dignité des personnes

Le libéralisme est un personnalisme, il prend pour racine la liberté de chaque être humain de définir ses propres fins, de rechercher son plein épanouissement. La voie de ce progrès n’est pas tracée d’avance, il la faut découvrir par un processus permanent d’essais et d’erreurs. Il est donc nécessaire de reconnaître ce que chacun a en propre, et la propriété est le complément incontournable de la liberté : « L’homme naît propriétaire » dit Bastiat. Etre propriétaire c’est être responsable, répondre de ses actes. Pas de liberté sans responsabilité. 

Sans doute l’exercice de la liberté est-il difficile, et l’usage de la liberté peut-il se faire au détriment des autres, ou même de soi-même. Donc la liberté n’est pas une fin en soi, mais le moyen de parvenir à ses fins. C’est la dignité des personnes qui est derrière la liberté, mais qui la précède aussi, montrant le chemin du bien et du beau, de l’harmonie et de la paix.

Les toutes premières pétitions pour la liberté, depuis Antigone jusqu’à Locke, en passant par Saint Thomas d’Aquin, sont apparues pour affirmer les droits imprescriptibles de l’être humain. Ces droits naturels comprennent la vie, la liberté et la propriété.

 

 Israël Kirzner l www.libres.org

L’état de droit et l’ordre social spontané

La vie en société s’organise suivant des règles qui permettent à chacun d’entretenir avec les autres des relations de compréhension et de respect mutuel. Ces règles ne peuvent être créées par des législateurs en quête d’une société parfaite, elles sont le produit d’une longue pratique sociale, qui a progressivement sélectionné des mœurs qui apportent davantage de satisfactions, minimisent les conflits et développent les complémentarités.

Ces règles, nées d’un ordre spontané (né de personne et de tout le monde), constituent le droit.

Tout le monde s’y soumet sans être l’esclave de quiconque. La coercition est réduite à son minimum dans une société de libertés, nul ne pouvant être forcé d’agir contre sa volonté, sauf s’il y a volonté de menacer la vie, la liberté et la propriété des autres. Le pouvoir de contrainte n’appartient qu’à une minorité acceptée pour exercer cette mission, en principe par une procédure de vote (démocratie). Cette minorité est elle-même soumise au droit, et elle n’intervient dans les relations sociales qu’à titre subsidiaire.

En effet le libéralisme implique la préférence pour le contrat, pour le libre échange entre personnes et groupes. A travers l’échange, les hommes accroissent leur savoir, développent des complémentarités et apprennent à se connaître et à se respecter. Plus l’espace des échanges s’élargit, plus s’impose le respect des institutions, règles qui permettent de réduire l’incertitude sur le comportement des autres.

 

L’homme créateur, serviteur et pécheur

Pour que les droits naturels et individuels soient respectés, pour que règnent le droit, la subsidiarité et l’échange, il faut accepter une vision particulière de l’homme, de sa nature.

L’homme auquel se réfère implicitement le libéralisme est d’abord un créateur : il est capable de prendre des initiatives, de « dominer la terre », d’exprimer sa personnalité à travers son œuvre, son projet. Ici se comprend la faillite des systèmes totalitaires et collectivistes, qui ignorent la créativité humaine et prétendent décider et entreprendre « d’en haut ». Ils brisent la personnalité en supprimant ou réduisant propriété et responsabilité.

L’homme des libéraux est encore un serviteur. Car son initiative et son œuvre ne prennent de sens que s’ils sont utiles à d’autres, s’ils sont destinés à l’échange, marchand ou communautaire. L’homme apprend qu’il ne peut réaliser son projet, et se réaliser lui-même, qu’à travers les autres, avec les autres, parce que ses capacités et ses besoins doivent impérativement se rencontrer avec ceux des autres. Il n’y a rien de plus extraverti que le marché, qui ne peut exister que par l’échange de services. L’entrepreneur ne peut réussir qu’en étant attentif au marché, en se mettant au service de la communauté. « Le marché est découverte des autres » dit Israël Kirzner.

Certes, les défaillances sont aussi le propre de l’homme. Le péché, c’est l’oubli de sa dignité, c’est l’oubli des autres. L’homme n’est pas un être parfait, mais il est perfectible, disait encore Bastiat. Les erreurs sont commises, mais l’homme a une aptitude à en tirer les leçons, c’est sa raison qui l’éclaire, c’est aussi parfois sa foi qui le guide. Sa liberté met sa responsabilité en jeu. Par contraste, les constructivistes veulent créer la société parfaite. Ou bien ils pensent que l’homme est parfait – ce qui est pure utopie – ou bien ils estiment qu’ils doivent bâtir des hommes parfaits, le fameux « homme nouveau » des totalitaires, l’homme créé par la science avec l’appui de la police.

Le libéralisme impose à nos esprits cette image particulière de l’homme : un homme « humain », simplement humain. Le libéralisme est un pari sur l’homme. Par contraste, les socialistes et étatistes sont pessimistes sur la nature des hommes, qui auraient besoin d’une élite éclairée pour leur montrer le chemin du progrès et leur dicter leur mode de vie.

Le libéralisme implique une « société de confiance » (Peyrefitte). La crise que nous vivons est peut-être simplement une crise de confiance : les hommes se méfient des hommes, ils ne croient plus à l’harmonie, ils sont obsédés par « le choc des civilisations ». A ce compte, le choc ne manquerait pas de se produire.

Mais la liberté vaincra, parce que l’on ne freine pas impunément ni longuement le mouvement qui porte l’homme, conformément à sa vocation, vers ce qui l’élève et lui donne sa pleine dignité.

Prôner le libéralisme, c’est aider les hommes à se libérer des chaînes du doute, de la crainte et de la violence. « N’ayez pas peur » (Jean Paul II).

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

Conjoncture : Taillables et Corvéables à merci

Actualité  : Hambourg : enterrement du G 20 - Les dépenses de Monsieur Hulot - Le service national : Macron relance l’idée de génie - Macron : retour à la baisse immédiate des impôts - Les ordonnances travail présentées à l’Assemblée

Actualité  : Des leaders libéraux ? - A la recherche des intellectuels libéraux - La rentrée de la Nouvelle Lettre


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