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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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New York, capitale du monde PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 30 Septembre 2015 00:00

Visite du Pape François, Assemblée Générale de l’ONU

 

 

Ces derniers jours ont fait de New York la capitale du monde. Toutes les autorités de la planète s’y sont retrouvées, le Pape François, d’un côté, et tous les chefs d’Etat de l’autre. Il y a même eu des convergences, comme le discours du Pape devant l’ONU. Mais le monde secoué aussi bien par la crise morale que par la barbarie de Daech va-t-il connaître désormais quelque répit ?

Le Pape François était au départ invité à présider la Conférence mondiale des Familles. Paradoxalement c’est par là qu’il a terminé son voyage sur le continent américain, à Philadelphie dimanche avec une messe célébrée devant un million de personnes, dont beaucoup d’immigrés. La famille, c’est son souci prioritaire, il a de ce point de vue répondu à toutes les attentes des fidèles : condamnation de l’avortement, des mères porteuses, du trafic d’enfants, des manipulations d’embryons. Le Pape a été défenseur du droit naturel, de la dignité humaine, de la vie – au point de plaider contre la peine de mort. Sur le mariage les choses sont également claires : « L'alliance entre l'homme et la femme donne vie et révèle Dieu ».

Mais, après sa visite à Cuba, le voyage du Pape avait aussi une dimension politique. Elle s’est exprimée d’abord à Washington, où il a subjugué le Congrès, y compris les Républicains, et a reçu une « standing ovation ». Elle s’est marquée à New York  par quelques symboles forts : rencontre avec des prisonniers, avec des pauvres (mais où trouver des pauvres à Harlem depuis que Giuliani a ressuscité ce quartier ?), avec des latinos, avec une vedette du soul au cours d’un concert géant Samedi. Mais c’est devant l’ONU vendredi que l’on attendait François. Il n’a pas surpris, reprenant les thèmes de son Encyclique Laudato Si. Il a rappelé toutes les menaces qui d’après lui pèsent sur l’humanité : climatiques (réchauffement),  économiques (le poids de la finance et de la technologie), menaces pour la paix. Son discours a pris souvent l’allure d’une admonestation : que fait l’ONU ? Quel est son rôle dans la recherche de la paix, dans la protection de l’environnement, dans la moralisation de la finance ? C’est dire que le Souverain Pontife affiche une désillusion en ce qui concerne la plus grande et la plus prestigieuse des organisations nationales, lui qui appelle de ses vœux la création d’une autorité morale mondiale ! Ce ne sera pas à Lake Success. Son dynamisme lui masque parfois la vérité : pour vouloir aller vite, pour convaincre le peuple, il simplifie à l’extrême la réalité.

Le réalisme, il était chez Vladimir Poutine, qui hier a comparé la barbarie de Daech à celle d’Hitler. Comme les alliés se sont retrouvés pour vaincre l’Allemagne nazie, les Etats doivent créer une vaste coalition anti-terroriste, et aller sur le terrain soutenir Assad et écraser Daech. Mais Assad est la pomme de discorde avec Obama, qui dans son discours a refusé toute alliance avec « le tyran » de Bagdad, qui a fait massacrer « des enfants innocents ». L’entrée sérieuse des Etats Unis dans une coalition anti-Daech est-elle possible dans ces conditions ? Il faut compter aussi avec des positions ambiguës : les Turcs qui veulent bien une coalition, même avec les Russes, mais refusent aussi tout accord avec Assad, et les Français qui cherchent à mettre sur pieds une autorité syrienne où figurerait Assad mais aussi des éléments modérés de l’opposition : toujours clairs, François Hollande et Laurent Fabius. « Nous frapperons à chaque fois que notre sécurité nationale sera en jeu » a précisé le communiqué de l’Elysée samedi dernier : c’est limpide ! Nous avons besoin d’invoquer la légitime défense pour frapper Daech ! Enfin, l’attitude des monarchies sunnites du Golfe est tout aussi incompréhensible.

En fait, c’est Poutine qui a convaincu, parce que les Occidentaux et les autres ont déjà mis trop de temps pour arrêter les barbares : deux ans de progression sur le terrain sans aucune riposte, avec la seule résistance des Kurdes et de l’armée syrienne.

Nous osons avancer une conclusion quelque peu désabusée : si la capitale du monde a réellement été New York pendant quelques heures, il n’y a rien de rassurant dans l’immédiat. Quelle que soit sa popularité, François ne peut passer pour un Pape providentiel, et quel que soit son prestige l’ONU ne donnera jamais la moindre solution. Jadis le monde libre a bénéficié de l’action conjointe de Reagan et de Jean Paul II, et le mur de Berlin est tombé. Une telle conjonction est-elle pensable aujourd’hui ? Les peuples du monde entier veulent-ils bannir la barbarie ? En ont-ils le courage ? Ont-ils foi dans l’humanité et dans la liberté ?

 
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Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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