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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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DAVID RICARDO (1772-1823) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 11 Février 2011 01:00

 

Economiste classique

Contresens sur la valeur travail

Adam Smith avait créé une ambiguïté en juxtaposant trois lectures de la valeur travail : travail incorporé, travail épargné, travail échangé. Ricardo va lever l’incertitude en choisissant la valeur du travail incorporé, malheureusement la mauvaise !

Pour Ricardo un produit qui a nécessité 10 heures de travail vaut deux fois plus qu’un produit qui n’a nécessité que 5 heures. La valeur est donc rigoureusement fixée, la valeur est « objective », ce n’est pas l’objet d’une estimation subjective ni d’un choix personnel. Le marché, la nature de l’échange et la personnalité des échangistes n’influent pas sur la valeur d’un bien. Cette conclusion est en rupture complète avec la pensée de Smith, Turgot ou Say, qui tous trois faisaient de l’échange la base de toute activité économique. Elle explique aussi comment Ricardo articulait prix et valeur : si le prix d’un produit sur le marché augmente à cause de la pression de la demande sur l’offre, il passe au-dessus de sa valeur « intrinsèque », donc il encourage l’offre à se grossir et la demande à diminuer, on revient ainsi au prix d’équilibre, conforme à la valeur objective.

La rente foncière

 

Ricardo épouse la thèse de Malthus : il craint la surpopulation et le manque de subsistances en Angleterre. Qui en bénéficie ? Les propriétaires fonciers, parce que sous la pression démographique on met en vente des terres de moins en moins fertiles, qui demanderont de plus en plus d’heures de travail pour leur exploitation. C’est la « loi des rendements décroissants ». C’est une bonne affaire pour les propriétaires des bonnes terres puisque le prix des terres sur le marché du foncier s’établissent au plus haut niveau, celui des seules terres disponibles (à faibles rendements). Ainsi la classe des « landlords » ne cessera-t-elle de s’enrichir au détriment des consommateurs qui paient le pain de plus en plus cher. Ils bénéficient d’une plus-value sans avoir rien eu à faire.

Trois classes dans la société

Les landlors constituent une classe sociale privilégiée, contre laquelle Ricardo ne cessera de lutter au Parlement où il siège. Cette classe s’enrichit au détriment des deux autres : celle des travailleurs, rémunérés par un salaire, celle des capitalistes, rémunérés par un profit. Au passage, Ricardo assimile purement et simplement l’apporteur de capitaux et l’entrepreneur, qu’il ignore (à la différence de Say). Le profit est aléatoire (ce n’est pas un intérêt fixe qui rémunère l’apporteur de capital), et ne cessera de baisser compte tenu de la rente prélevée par les propriétaires fonciers, et de la stabilité des salaires (car le salarié est payé à la valeur de son heure de travail). Le schéma de distribution est donc tertiaire chez Ricardo (rentes, salaires, profits), alors qu’il est quaternaire chez Say (rentes, salaires, intérêts, profits). 

Le commerce et la spécialisation internationale du travail

Ricardo ne voit qu’une façon de maintenir les profits à un haut niveau : procéder à des importations de blés, de nature à faire baisser le prix du pain et à éviter la hausse des salaires et de la rente. Ricardo plaide donc pour le libre-échange.

Malheureusement l’explication qu’il en donne n’est pas convaincante, et conduira à des errements durables. Il part en effet de l’exemple de « deux pays » (Angleterre et Portugal) et « deux produits » (du drap et du vin). Comme il faut moins d’heures de travail au Portugal qu’en Angleterre pour produire du bon vin, tandis que les Anglais sont plus productifs pour les draps. Les Anglais ont intérêt à se spécialiser dans le drap, et les Portugais dans le vin.

Pour séduisant qu’il soit l’exemple est doublement erroné. D’une part les échanges ne se font pas « entre pays », mais entre entreprises et ménages du monde entier, et il faut refuser toute vue nationaliste du commerce extérieur, et toute attention prêtée à la « balance commerciale », au risque de voir apparaître le protectionnisme et de faire du commerce une affaire d’Etat. D’autre part les vrais avantages du commerce ne sont pas dans la spécialisation et dans le nombre d’heures de travail incorporé, mais dans la concurrence qui aligne les compétiteurs sur les meilleures performances. C’est l’échange qui est bienfaisant, ce n’est pas « l’avantage comparatif » des conditions de travail. Hélas, il faudra presque deux siècles pour admettre que Ricardo a égaré les esprits, et enfanté le marxisme et le néo-dirigisme.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1351 du 7 février 2018

Editorial : En marche sans bouger
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Entre riches et pauvres l’écart se creuse



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