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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

109 pages, gratuit

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Parfaire la société parfaite PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Jeudi, 29 Novembre 2012 00:00
 Michel Rocard l www.libres.org

Nantis d’un plan rationnel de la société parfaite à construire, les socialistes n’ont de cesse que de l’imposer. La construction ne souffre ni contestation ni retard. Ceux qui se mettront en travers du sens de l’histoire éclairée par la science seront par définition des ennemis du progrès et du bonheur de l’humanité. Ces réactionnaires méritent d’être neutralisés, et finalement éliminés. La science ne tolère pas d’opposition ni de contestation.

Le socialisme appelle donc le despotisme. Mais alors que le pouvoir d’un dictateur peut être tenu pour illégitime, car il n’a d’autre source que l’usage de la violence et de la terreur, le despotisme socialiste est pleinement légitimé, car il n’est que l’instrument d’organisation de la société parfaite. D’ailleurs quelle est la dictature socialiste qui n’ait été tôt ou tard avalisée par un vote démocratique ? Lénine, Hitler, Mussolini, Castro, Chavez, entre autres, ont tous été des « élus ». Les communistes avaient une belle expression pour décrire cette réalité : le centralisme démocratique.

 

La diversité et la concurrence, ennemies du socialisme 

Tout ce qui est entre le pouvoir et l’individu peut faire obstacle à l’installation de la société parfaite. Les « corps intermédiaires », corporations, églises, associations, ne peuvent faire le contrepoids du pouvoir central. A la limite, on pourra les organiser pour démultiplier l’action gouvernementale : c’est la mode fasciste, la mise en place de réseaux, de faisceaux, qui drainent les individus vers le pouvoir central.

De la même manière, les libertés locales doivent être supprimées, ou mises sous la tutelle bienveillante du pouvoir central. Les Girondins avaient voulu une France fédérale, les Jacobins ont instauré une France absolutiste, une République « une et indivisible ». 

Pour les socialistes, il ne saurait y avoir plusieurs lieux du pouvoir, ni plusieurs modes de construire ou de vivre la société parfaite. Ils invoqueront d’ailleurs avec insistance l’idéal d’égalité.

Certains socialistes se sont lancés dans la voie d’un socialisme décentralisé. A la belle époque de l’autogestion, Michel Rocard recommandait l’organisation « à la yougoslave » (L’autogestion à l’épreuve, avec Milojko Drulovic). Mais il observait tout de suite l’existence « d’égoïsmes d’entreprises » : les ouvriers s’autogèrent en fonction de leurs intérêts personnels et en oublient l’intérêt général, ils préfèrent des salaires plus élevés et en oublient d’abaisser les prix de leur production. De même, les tentatives de socialisme coopératif ont-elles échoué (à part quelques expériences de coopératives ouvrières de production qui unissent de vrais actionnaires salariés).

En fait les socialistes sont des « niveleurs » : rien ne doit s’écarter du modèle théorique. Si quelque anomalie ou blocage se révèle, il faut procéder à son élimination ou à son intrusion dans le modèle.

 

 Etienne de La Boëtie l www.libres.org

Etat centralisé, Etat Providence 

Un seul pouvoir, un pouvoir omnipotent, mais aussi un pouvoir omniprésent. Si le pouvoir socialiste ne se partage pas, il ne peut non plus laisser l’initiative aux individus ou aux groupes dans l’exercice de la plupart des activités, voire de toutes les activités (version totalitaire). C’est tout le pouvoir pour tout.

En effet, il est dans la logique de la société parfaitement organisée de plier chaque individualité à l’objectif commun. Donc, chaque détail doit être prévu, et les actes de la vie quotidienne prennent une consonance collective. S’agit-il d’élever les enfants, de veiller à la santé, de donner un emploi, de fournir un logement ? Voilà autant de « droits sociaux », de créances des citoyens sur l’Etat, symbole et instrument du pouvoir centralisé. Le prix de ces droits est le monopole : les individus doivent attendre tout de l’Etat, il doit honorer ses obligations – mais nul ne saurait les lui rappeler, puisqu’il n’y a pas de concurrence possible, pas d’alternative à l’intervention publique. Chez les totalitaires, on pousse l’intervention encore plus loin : organisation de la vie (eugénisme, euthanasie), ingérence dans ce qui est le plus intime de la personne humaine (amour, charité, beauté).

Le socialisme se veut donc providentiel, il décharge les hommes de toute responsabilité et, quand la société sera parfaite, de tout souci, de toute contrainte. L’homme libéré par l’Etat : beau programme, même s’il paraît assez bancal. En attendant, des hommes naguère libres vivent maintenant dans une « servitude consentie » jadis décrite par La Boëtie, qui expliquait fort bien comment, faute de s’en libérer, on finit par caresser la main qui vous enserre.

 

La France, terre d’élection du socialisme 

« Quand la France sera libérale, c’est que tous les pays au monde l’auront été ». Ce pronostic sévère et pessimiste de Hayek a hélas quelque fondement historique. L’Etat Providence n’a pas été inventé par les socialistes, il préexistait au 18ème siècle. Le despotisme absolu a été la règle sous l’Ancien Régime, et a atteint son sommet avec Richelieu et Louis XIV. Robespierre et les Jacobins ont mis en place une République sans partage, qui a broyé les provinces et les coutumes. Le Consulat et l’Empire ont centralisé, normalisé, codifié, « harmonisé » les lois, les mesures, les monnaies, les écoles. De la sorte, quand les Français pensent Europe, ils voient un gouvernement central, des impôts uniques, une législation uniforme.

« Ce mal, qui répand la terreur » explique l’impasse politique française : on ne peut échapper au socialisme qu’en adhérant au jacobinisme et finalement, sous couvert d’Etat Providence, de souverainisme ou d’égalitarisme, on alterne avec bonheur socialisme de droite et socialisme de gauche.

Bien des causes expliquent cette triste histoire. Par sa position, par ses ressources naturelles, la France n’a pas eu besoin de recourir aux échanges ni au crédit. Commerce, banque, et marché ouvert ne sont pas dans la tradition d’un peuple d’artisans locaux, de paysans, ni d’une noblesse d’épée ou de robe. Cet héritage est lourd à porter à l’heure de l’inéluctable et exigeante mondialisation. Cet héritage se traduit par la présence incessante à la tête du pays de socialistes « de tous les partis ».

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1341 du 15 novembre 2017

Editorial : La voix de son maître
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