Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

 

Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

36 pages, 5€

Bulletin de commande

Portait

Voir la vie comme un économiste

Ce thème de l’allocution prononcée lorsqu’il fut honoré du prix Nobel d’économie (1992) résume l’originalité de Gary Becker.

Lire la suite...
Libérer l’école : comment ? (suite) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 10 Mai 2013 00:00

De nombreux pays ont introduit avec succès de profondes réformes dans leur système scolaire. J’ai présenté la semaine dernière les trois modes les plus fréquents : les bons scolaires, les crédits d’impôts et les écoles chartées. Tous trois garantissent libre choix des familles, concurrence entre établissements et libre accès à tous les enfants. Je voudrais maintenant évoquer des pistes de réforme plus originales et conclure sur une vue prospective de l’école de nos petits enfants.

 

 

Les écoles sur les toits

Peut-être nos écoles visent-elles trop haut. Tous les enfants ont-ils besoin de connaissances variées et approfondies ? Pour leur administrer des programmes complets, dans le cadre d’établissements bien équipés, avec des maîtres bien formées, on prive peut-être un très grand nombre d’enfants d’accès à l’école.

C’est particulièrement le cas dans les pays pauvres. Ici, les familles n’ont pas les moyens de mettre leurs enfants à l’école même publique, d’ailleurs les écoles publiques sont surchargées et n’apportent rien du savoir minimum qui permet de sortir de la misère.

Il faudrait pourtant que ces enfants apprennent à lire et à compter, peut-être à écrire aussi. Une initiative privée s’est développée d’abord à Hyderabad, en Inde. De jeunes gens, étudiants en général, ont offert aux familles d’apprendre à lire et compter aux enfants moyennant un salaire annuel de 10 $. L’école ? Il n’y en a pas. On travaille où l’on peut, de préférence sur les toits des maisons. Le tableau noir et une boîte de craie constituent tout l’équipement scolaire. Evidemment, pas de cours de récréation, ni d’eau ni de toilettes, ni chaise ni bureau.

Quand la mousson est là, il n’y a pas d’abri…Le « maître » peut avoir deux ou trois groupes de trente élèves, ce qui lui garantit un revenu de 900 $.

Miracle : ça marche et peu à peu les petits Indiens des familles les plus pauvres vont obtenir ce passeport pour la vie, s’embaucher, gagner un peu d’argent et peut-être retourner dans une école plus classique (en général privée). C’en est à un point que le système s’est répandue dans un grand nombre de pays émergents : Bengladesh, Afrique du Sud, Sri Lanka. Aujourd’hui les universités indiennes sont fréquentées par ces « anciens » des écoles sur les toits. Cette aventure est contée par James Tooley (du Cato Institute) dans un ouvrage intitulé « Le bel arbre : comment les gens les plus pauvres s’instruisent eux-mêmes » (2009).

 

Tous les enfants doivent-ils avoir un diplômes ? l www.libres.org
Tous les enfants doivent-ils avoir un diplôme ?

Les grandes entreprises scolaires

Cette expérience est peut-être à l’autre extrême, mais elle a au moins un point commun avec la précédente : il faut enseigner aux enfants ce qui les aide à progresser et à s’épanouir, et non pas ce qui leur permet de réussir à décrocher un diplôme – ce qui est la vision classique des écoles publiques.

Ici le budget n’est pas de 10 $, mais peut atteindre des millions de dollars. Aux Etats Unis sont apparues de grandes entreprises « d’éducation globale », gérées sur un mode purement marchand. Pourquoi « grandes » ? Parce que leur taille leur permet d’avoir des budgets importants de recherche et développement et de proposer sans cesse de nouveaux programmes. Ces programmes sont en rupture totale avec ceux que les Etats imposent aux écoles publiques qu’ils financent. Donc, aucun examen, aucun diplôme. Mais une formation qui évolue avec l’âge et la personnalité de l’enfant, conçue en plein accord avec les parents. Les résultats sont excellents et les débouchés nombreux, parce que ces entreprises sont assez puissantes pour créer des chaînes éducatives connues du grand public : la chaîne SABIS, ou la chaîne des « Ecoles Edison » créée par un philosophe de l’éducation Chris Whittle (« Crash course. A radical plan for improving public education », New York, 2005). Gérées comme des entreprises industrielles, avec des moyens financiers suffisant pour innover, ces groupes et chaînes scolaires sont obligées de s’adapter en permanence, de proposer des méthodes nouvelles, alors que l’école publique traditionnelle est prisonnière de sa bureaucratie et de son désir d’harmoniser les enseignements pour des populations si diverses et des enfants si différents.

 

Le système anglais de l’opting out

Il n’a pas tenu tous les espoirs qu’il avait fait naître, sans doute parce qu’il a été lancé au moment où Margaret Thatcher a quitté Downing Street. Tony Blair a essayé de le relancer, mais sous une forme différente, qui conduit à l’équivalent des « charter schools ».

En fait, il y a des ressemblances et des différences avec les écoles chartées. Dans les deux cas un établissement accède à une autonomie pédagogique et à une gestion financière autonome. Mais tandis que les écoles chartées sont créées par des associations de parents d’élèves, ou des communautés cultuelles, ou par des fondations, le système anglais concerne des établissements qui relevaient des autorités locales mais dont les enseignants et les directeurs entendent s’affranchir. Ils dépendront désormais directement de l’Etat, qui couvrira totalement le budget moyennant le respect du plan national d’éducation. Le personnel change de statut et, comme en Suède, devient salarié de droit privé (et non plus fonctionnaire) en échange de quoi il accède à une liberté pédagogique totale. Il a même le choix de sélectionner les écoliers. L’école est devenue une « free school ».

Aux Etats Unis, l’opting out a été conçu comme un droit de quitter le système public et de dispenser les enfants de passer des examens d’Etat. Ceux qui quittent perdent tout droit aux allocations scolaires et ont même à rembourser quelque chose à l’administration si leur revenu est supérieur à un certain montant (60.000 $ annuels en principe).

 

S’agit-il des voies d’avenir ?

Les tenants de l’expérimentation scolaire (avec le plein accord des familles en tous cas) relèvent les faiblesses des systèmes publics d’enseignement et explorent les voies de l’école de demain.

Les systèmes publics souffrent de leur uniformité et de leur rigidité. Prenons l’exemple des rythmes scolaires. Les dates des vacances ont été conçues au moment où la population était essentiellement agricole et rurale, donc ce sont les saisons qui donnent le rythme. Les longues vacances d’été sont nocives à tous points de vue. Les horaires journaliers ont été établis pour une société où maman est à la maison et peut accueillir l’écolier en début d’après midi ; quid quand elle travaille ? Qui va s’occuper de l’enfant ?

Les systèmes publics gavent les enfants plutôt qu’ils n’ouvrent leur esprit ; l’accumulation de matières qui ne leur serviront peut-être à rien se fait aux dépens d’exercices de découvertes, de travail en équipe, de communication bienveillante. Les classes d’âge n’ont aucun sens compte tenu de l’évolution très personnelle de chaque enfant.

A quoi pourrait ressembler l’école de demain ?

1° Elle éduquera plus qu’elle n’enseignera et les enseignements s’intègreront dans la perspective de développement de l’écolier ;

2° Elle s’affranchira des normes gouvernementales, des examens et des diplômes ;

3° Elle motivera davantage les écoliers : dans les petits classes l’enfant a le plaisir de la découverte, il a tendance à le perdre dans le collège classique, où il devient passif ;

4° Elle sera gérée comme une entreprise, responsable de la qualité de son éducation, grâce au contrôle des parents et à la libre concurrence ;

5° Elle s’organisera autour de choix, comme les rythmes scolaires et les emplois du temps faits au niveau décentralisé, et non plus dans les bureaux des ministères ou des mairies ;

6° Elle sera créée et reconnue comme peut l’être toute libre entreprise.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1341 du 15 novembre 2017

Editorial : La voix de son maître
Actualité
:
Y = C+I+ [X-M]  - Refondation sur un socle boîteux  - Que se passe-t-il à Riyad ? - Merkel-Macron : front commun à la COP 23
Connaissance du libéralisme :
La transmission de la propriété
Lu pour Vous :
La tyrannie de la redistribution


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...