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Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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L’Université, temple de la liberté PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 24 Mai 2013 00:00

J’ai présenté les principes qui devront présider à la réforme de l’école : une école libre, une école concurrente, une école pour tous, et j’ai indiqué les principales techniques qui ont été retenues avec succès dans divers pays. J’ajoute à ce premier chapitre un appendice qui concerne l’enseignement supérieur, et notamment l’Université.

 

 

 

L’Université, temple de la liberté

Les régimes communistes avaient en commun de séparer recherche et enseignement : d’un côté des savants, des experts, en principe autorisés à mener leurs recherches dans le cadre de programmes planifiés, d’un autre côté des enseignants, qui n’ont pas vocation à mener des recherches, se contentant d’instruire les étudiants des théories élaborées par d’autres. Le personnage qui avait disparu de la scène c’était le maître, le professeur, celui qui a toute liberté de présenter aux jeunes un savoir issu de la communauté intemporelle et universelle des gens de science, mais enrichi également de ses propres travaux. Du même coup avait disparu la liberté du savoir et de sa transmission.

Par contraste, il est de la nature même de l’Université de cultiver la diversité, l’innovation, le débat d’idées et d’opinions : des conditions nécessaires au progrès du savoir, même dans les sciences réputées « dures ».

Pendant des siècles, l’Université a été ainsi le lieu du progrès scientifique, du mouvement et des échanges des idées, mais aussi fatalement de la contestation voire de l’insoumission.

 

Où en est l’université française ?

La tradition universitaire s’est progressivement diluée en France, sans doute à cause de la création des écoles d’ingénieurs au tout début du XIXème siècle. Désormais l’élite de la jeunesse ira volontiers recevoir son savoir dans les « Grandes Ecoles ».

Dans un article demeuré célèbre, Pascal Salin expliquait ainsi la puissance de la « pensée unique » : les grands Français manquent de l’esprit critique propre à l’universitaire.

La création du CNRS est venue renforcer cette déshérence universitaire : cette institution d’Etat dispense ses fonctionnaires des servitudes d’examens et de cours. Mais l’Université française est elle-même fonctionnarisée, avec des diplômes d’Etat, et la férule du pouvoir politique sur les nominations (concours), les programmes, voire le contenu des cours, n’a cessé de se renforcer. Mai 1968 n’a pas libéré l’Université française, mais au contraire accéléré son déclin, en éliminant toute idée de sélection et de rigueur scientifique, en renforçant les bureaucraties, en décourageant les rares maîtres encore en fonction. L’Université est devenue un parking pour adolescents ou un vestibule du chômage, le plus souvent les deux.

 

 

L’autonomie des Universités

Valeurs des diplômes l www.libres.org
Diplôme pour tous
=
promotion pour personne

Le premier principe d’une réforme universitaire est l’autonomie des établissements, maîtres de leurs moyens humains et financiers. La fiction des diplômes d’Etat doit impérativement disparaître, pour faire place à des diplômes d’universités, dont le mérite est double : d’une part s’instaure une saine concurrence entre universités, d’autre part les diplômes prennent une valeur significative pour l’embauche et la carrière des jeunes.

Mais l’autonomie suppose la totale maîtrise des moyens financiers. Aujourd’hui la répartition de la manne publique est laissée à l’intuition et à l’arbitraire des administrations françaises ou européennes, même lorsque des financements privés apportent leur soutien, à travers des fondations d’entreprises par exemple.

L’autonomie s’entend aussi du point de vue scientifique et pédagogique, à travers le choix des maîtres, des programmes, des cursus. Dans la plupart des universités étrangères, ce choix est fait par un conseil d’administration composé d’universitaires et de gestionnaires. Les enseignants passent un contrat qui prévoit les conditions de leur renouvellement, notamment en fonction de la qualité de leurs publications. Les chaires à vie (« tenures ») sont réservées à de très grands universitaires confirmés, et le plus souvent la carrière d’un professeur se fait dans plusieurs universités successives. Ainsi va jouer une véritable concurrence entre universitaires. Etre universitaire n’interdit pas d’exercer des activités privées.

 

Créer des universités privées

La concurrence aura d’autant plus de vigueur qu’elle s’exercera entre universités publiques et privées. Encore faut-il qu’elles puissent se créer et, surtout, survivre.

Des universités privées ont toujours existé en France, notamment les universités catholiques (au nombre de six) ; mais leurs programmes sont en partie soumis aux normes ministérielles, et leurs étudiants à des examens organisés sous le contrôle de l’Enseignement supérieur d’Etat. Un pas important a été franchi avec les accords de Bologne (2009), qui reconnaissent sous certaines conditions l’équivalence des diplômes étrangers dans les pays européens, même si ces diplômes sont délivrés par des universités étrangères installées sur le territoire national.

Mais demeure une concurrence inégale entre universités publiques, « gratuites » pour les étudiants, et universités privées où les étudiants devront payer des droits élevés.

 

Financer les études

Créer des Universités privées l www.libres.org
Stanford, la plus prestigieuse Université américaine, est privée

L’impécuniosité des étudiants ou des familles qui veulent s’inscrire dans des universités payantes peut être compensée de diverses façons. La première est celle de bourses d’études. Elles peuvent être accordées par les Etats ou les collectivités locales sur ressources fiscales ; des « bons universitaires » seraient l’équivalent des bons scolaires. Les Anglais ont pour originalité de demander le remboursement de ces bourses par les étudiants diplômés entrés dans la vie active. Mais dans beaucoup de pays étrangers les bourses sont financées par des dons et mécénats privés. En général, ces bourses ne sont accordées qu’à l’issue d’une première année universitaire, une fois confirmées les aptitudes et les bonnes dispositions des étudiants. Un effort parfois important est ainsi exigé : c’est l’investissement de départ.

Cet investissement peut être assuré par des prêts bancaires. En France même, certaines banques n’hésitent pas à accompagner les étudiants au cours de leur scolarité.

Toutefois, rares sont les universités qui ne vivent que des droits payés par les étudiants. Les immeubles et investissements requièrent des mises de fonds considérables. La réglementation fiscale en matière de mécénat et de fondations est ici déterminante. La France à quelques exceptions près ne fait pas de cadeau à ceux qui soutiennent des universités privées.

 

Les nouvelles universités

La vie universitaire est appelée à changer avec les nouvelles techniques de télécommunication. L’Université de l’Arizona a 80.000 étudiants inscrits et payants, dont 90 % suivent des cours et obtiennent des grades par internet. L’ordinateur a changé toute l’organisation des études, facilitant l’accès à moindres frais pour un plus grand nombre de jeunes. Cette explosion et cette diffusion du savoir peuvent passer pour de nouvelles libertés. N’en demeurent pas mois le besoin de travailler ensemble, la collégialité et la convivialité universitaires.

L’articulation entre quantité et qualité, numérique et colloque, sera sans doute améliorée. Mais les adaptations se feront bien mieux dans le cadre d’institutions décentralisées et concurrentes que dans celui d’une administration publique centralisée.

 

Flashes du jour

Macron guérit des écrouelles

Emmanuel Macron en visite à la Faculté de Droit de Lille

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1323 du 23 mai 2017


Editorial : Garder son sang froid

Conjoncture : Etat actionnaire : des privatisations en vue ?

Actualité  : Les Etats-Unis de retour au Moyen Orient

Spécial présidentielles  : Ce qui attendrait les Français après le 18 juin - La guerre du Code du Travail n’aura pas lieu - Hausse de la CSG : inefficace et injuste - Le programme des Républicains est-il attrayant ?

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