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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

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L’échange base de la richesse des nations

C’est le message essentiel de celui qui est considéré (avec Turgot) comme le père de la science économique.

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Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 06 Septembre 2013 00:00

C’est sur les terrains les plus difficiles que l’on attend un programme de gouvernement, et à plus forte raison un projet de société. Or, à côté du chômage, quel est le défi actuel le plus inquiétant ? Assurément celui des retraites. J’ai rappelé la semaine dernière la source des inquiétudes : le système par répartition, qui est explosif – nul n’en doute. Je propose maintenant de vous transporter dans le monde de la capitalisation et de faire la comparaison.

 

Ce que les salariés paient pour leur retraite

Une habitude aussi stupide que nocive a été prise en France, celle qui consiste à distinguer nettement la « part patronale » et la « part salariale » des cotisations pour la retraite. Les « partenaires sociaux » discutent avec fermeté sur l’incidence de la réforme des retraites : va-t-elle alourdir les cotisations des entrepreneurs, ou celles des employés ? En réalité, toutes les cotisations, quelles qu’elles soient sont prélevées sur la rémunération du salarié. Cette rémunération n’est pas fixée par les négociations sociales, mais par le marché, par le client. C’est lui qui apprécie (qui donne un prix) la valeur ajoutée par l’entreprise, qui inclut la valeur ajoutée par les travailleurs, à côté de la valeur ajoutée par les financiers (crédits empruntés) et de la valeur ajoutée par l’entrepreneur lui-même (ou les actionnaires qui choisissent les gestionnaires de l’entreprise) pour la qualité de la gestion.

Donc, la vraie rémunération du salarié, correspondant à la logique de la production, du contrat de travail et du marché, est la somme du salaire net (ce qu’en fin de compte perçoit le salarié) et de toutes les retenues sur son salaire qu’il s’agisse de cotisations dites « patronales » ou « salariales ». Cette somme est appelée « salaire complet ».

Obligatoire et public, le système par répartition prive l’assuré de ce salaire complet et lui interdit de disposer librement de son argent. Il est assuré malgré lui, il est « assujetti » à la Sécurité Sociale.

Que représentent ces retenues ? Dans l’ensemble la moitié de votre salaire complet. Pour la retraite seule, cette retenue est en gros de 200 euros par mois pour un smicard et de 400 euros pour un salaire net de 2.100 euros. En une année, le smicard aura payé environ 2.500 euros pour sa retraite, c'est-à-dire presque deux mois de salaire net !

Ce qui est anormal, c’est que cet argent part tout de suite en fumée. Il n’est pas mis de côté pour le cotisant, il ne rapporte rien, puisqu’il ressort immédiatement des caisses de l’URSSAF pour que les Caisses paient les retraites. Le 9 de chaque mois les caisses se remplissent ; le 12 elles sont vides.

 

L’argent perdu

Que rapporteraient ces cotisations si elles étaient placées, même à un taux très modeste, dans un compte d’épargne retraite ? Je prends l’exemple du smicard. Si le smicard place ses 200 euros de cotisations par mois dans son compte à un taux de 3 % l’an, au bout de 40 ans il sera à la tête d’un capital de 350.000 euros. Aujourd’hui, la Sécu lui promet 100.000 euros (si elle n’a pas explosé entre temps). Argent gagné en changeant de système : 250.000 euros.

Autre détail non négligeable : avec un compte épargne retraite, un smicard pourra toucher une retraite supérieure à son dernier salaire alors que, dans le système par répartition, il en perd au minimum 20%.

Prenons les choses à l’envers : si le smicard veut toucher 100.000 euros quand il partira à la retraite avec un compte d’épargne il lui suffit de verser 57 euros par mois, au lieu des 200 qui lui sont aujourd’hui retenus sur son salaire.

Autre manière encore de voir les choses : il suffit de mettre sur un compte 200 euros par mois pendant 13 ans pour avoir la même retraite que celle de la Sécu, alors qu’aujourd’hui il faut plus de 40 ans de cotisations assurance vieillesse.

Cotiser 40 ans (ou plus) en répartition, ou 13 ans sur un compte d’épargne pour avoir la même retraite : que choisir ?

 

Choisir sa retraite

J’insiste sur ce dernier point. En effet le système obligatoire et public que subissent actuellement les Français leur impose un montant de cotisations qui ne tient aucun compte de leurs choix.

Les assurés n’ont aucune liberté de gestion. Par contraste, un compte d’épargne retraite est personnel et on peut y verser ce que l’on veut et quand on veut. Avec 13 ans de cotisation au lieu de 40, on peut répartir l’effort d’épargne en fonction de l’âge, de la situation de famille et de la carrière. Jeune actif, se mettant en ménage, ayant ses premiers enfants, il a beaucoup à dépenser et peu à épargner ; peut-être même va-t-il s’endetter, en particulier pour accéder à la propriété. Je suppose qu’une fois installé et les crédits presque remboursés, il pourra gonfler son compte retraite. D’autre part, une carrière peut connaître des accidents comme des bonds en avant ; on pourra ajuster en conséquence les versements au compte. Enfin, certains sont plus craintifs que d’autres, d’autres prennent des risques, de sorte que certains comptes se rempliront tôt et régulièrement, et d’autres à l’extrême limite et par à-coups. Il est possible d’ailleurs, à tout moment, de savoir où l’on en est, et de modifier sa gestion si c’est jugé nécessaire.

L’assuré accède ainsi à une liberté qui lui donnera le sentiment qu’il travaille réellement pour lui et sa famille, et que les efforts faits trouvent bien leur récompense. Les partisans de la répartition considèrent que ce système a été une « conquête sociale », il me semble qu’il a surtout été un mode de confiscation et de collectivisation du travail personnel.

Par contraste, on ne manquera pas d’alerter les Français sur les périls et les méfaits de la capitalisation.

 

La capitalisation : un épouvantail 

Faillite des fonds de pension : on évoque toujours les mêmes  affaires de faillites, en particulier les fonds de pension des sociétés Enron (aux Etats Unis) et Maxwell (en Angleterre). Dans les deux cas les dirigeants ont puisé dans les caisses des fonds de pension et les retraités ont tout perdu. Mais d’une part, il s’agit de fonds d’entreprises (et non pas de fonds financiers) d’autre part il s’agit d’un vol pur et simple (qui a été pénalement sanctionné). Les voleurs existent dans toutes les professions.

Crise financière. Oui, les fonds de pension financiers ont perdu un bon tiers de leur capital durant les années de crise 2008-2010. Mais elles ont pratiquement récupéré leurs pertes depuis lors, et la sécurité d’un fonds s’apprécie à long terme, puisque l’argent est placé et fructifié sur des périodes de 10 ans (faible risque), 20 ans (très faible), ou 30 ans (risque zéro). 3° Faible rapport : les calculs que j’ai proposés ici sur « l’argent perdu » retiennent un taux de rendement réel (hors inflation) de 3% l’an. N’est-ce pas beaucoup dans une économie en faible croissance ? La réponse est ici du même genre : à court terme la rentabilité des placements peut diminuer, mais elle se reconstitue avec le temps. Plusieurs études sur une très longue période (150 ans aux Etats Unis) font apparaître une rentabilité entre 5 et 9 % suivant la composition des portefeuilles les actions sont plus rentables que les obligations)  

Laissés pour compte : Les gens peuvent être insouciants, ou impécunieux. L’Etat ne doit-il pas les assurer malgré eux ? En fait, la solution est simple : obligation d’avoir une attestation d’assurance (comme pour une voiture) et chèque retraite pour ceux qui n’ont réellement pas les moyens de garnir leur compte avec leur propre épargne. Ce « filet social » doit avoir un caractère exceptionnel. 

En fait, l’obstacle essentiel qui se dresse devant la capitalisation, c’est le mot lui-même : il est associé à « l’exploitation capitaliste », qui évoque les dérèglements financiers et les crises boursières. On oublie seulement une chose : c’est qu’un pas décisif a été franchi (à partir du XXIIème siècle) du jour où les gens ont su « capitaliser », c'est-à-dire prévoir leur avenir pour mieux le gérer, alors qu’ils ont été pendant des siècles obligés de vivre au jour le jour, avec un horizon temporel très limité. Quand on est prisonnier du court terme, on ne peut pas faire de projet et on se résigne à prendre ce que l’on a. On vit dans la peur.

Je m’attacherai la semaine prochaine à expliquer pourquoi il est salutaire et facile de passer de la répartition à la capitalisation pour le plus grand bien du plus grand nombre. Seuls les privilégiés nantis de « régimes spéciaux » pourraient y perdre.

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Futur des retraites et retraites du futur l www.libres.org

Pour compléter cette lecture, on se réfèrera avec profit à l'ouvrage de Jacques Garello et Georges Lane, Retraites du futur et futur des retraites : la capitalisation, Ed. IREF, 2010

 

 

Flashes du jour

Macron guérit des écrouelles

Emmanuel Macron en visite à la Faculté de Droit de Lille

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

Conjoncture : Taillables et Corvéables à merci

Actualité  : Hambourg : enterrement du G 20 - Les dépenses de Monsieur Hulot - Le service national : Macron relance l’idée de génie - Macron : retour à la baisse immédiate des impôts - Les ordonnances travail présentées à l’Assemblée

Actualité  : Des leaders libéraux ? - A la recherche des intellectuels libéraux - La rentrée de la Nouvelle Lettre


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