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Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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La transition : un accélérateur de croissance économique PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 20 Septembre 2013 00:00

La transition du système de répartition à la capitalisation requiert quelques précautions et aménagements que j’ai évoqués : à la fin du compte, tous doivent se retrouver gagnants, les retraités d’aujourd’hui tout comme les cotisants, qui sont les retraités de demain. Cependant, les lois de l’arithmétique financière ne suffisent pas à gérer la transition. Les lois de l’économie sont là également, et elles confortent le choix en faveur de la capitalisation : la transition se révèle un élément accélérateur de la croissance économique.

 

 

Chili : la transition en 14 ans

Lorsque José Piñera a mis en chantier la réforme des retraites, en 1981, il s’attendait à substituer la capitalisation à la répartition en 20 ans au minimum. En fait, l’affaire a été bouclée bien plus tôt, en 14 ans. Que s’est-il passé ? C’est que la croissance chilienne a bondi, les taux annuels ont été de plus de 10%, ce qui a libéré beaucoup de pouvoir d’achat pour les plus pauvres, qui ont pu verser sur leurs comptes d’épargne retraite bien plus qu’on ne pouvait l’espérer. D’ailleurs cela explique que les socialistes et le centre gauche, au pouvoir depuis 20 ans, ne soient jamais revenus à la répartition ; le peuple entier est attaché à la capitalisation.

Aujourd’hui nos gouvernants, comme d’autres en Europe, cherchent à relancer la croissance. Mais ils ne connaissent qu’une seule méthode, inefficace et dangereuse : l’augmentation des dépenses publiques, ainsi que la stimulation de la consommation et de l’investissement par des déficits ou des crédits à taux très faibles. Les relances ont échoué, surtout dans des pays peu compétitifs comme la France.

La transition offre une relance saine et efficace : elle remet une masse d’épargne à la disposition des entreprises pour améliorer leurs performances – c’est sa dimension financière, mais elle remet aussi à l’honneur le travail, l’esprit d’entreprise, la confiance et la responsabilité personnelle – c’est sa dimension psychologique.

 

Epargne et crédits orientés vers la croissance

Deux changements décisifs sont introduits par la capitalisation. L’un est immédiat : les fonds de pension reçoivent désormais le montant des cotisations « de transition », un montant qui ne cesse de croître chaque année. La masse des cotisations de retraite en régime de répartition représente aujourd’hui en France environ 200 milliards d’euros. A supposer que les comptes d’épargne retraite se substituent progressivement de 10 à 50% du total des cotisations aujourd’hui perdues, c’est entre 20 et 100 milliards d’euros qui sont ainsi offerts à l’investissement productif. L’autre est à moyen terme : les « charges sociales » diminuent avec le choix de la capitalisation et l’écart de compétitivité avec les étrangers se résorbe. La même couverture sociale pour les salariés se paie moins cher : économies pour les entreprises et les ménages.

Parallèlement on en finit avec le gaspillage de l’épargne et la distribution de faux crédits, qui entretiennent le parasitisme : l’argent va là où il ne doit pas aller, tandis qu’il manque pour les vrais projets porteurs de profits et d’emplois. C’est ce qu’Hayek et les Autrichiens appellent le « malinvestissement » auquel ils attribuent l’origine et la persistance des crises économiques. Aujourd’hui les politiques de relance sont financées avec des déficits budgétaires ou des crédits distribués grâce à des politiques « d’aisance monétaire » (quantitative easiness). On n’hésite pas à accorder des crédits à des entreprises ou des opérations qui n’ont aucune chance de réussir. Ainsi par exemple les crédits immobiliers d’accession à la propriété ont-ils grossi les actifs des banques américaines ou espagnoles : les « subprimes » sont venues polluer les bilans bancaires. C’est ce que Jacques Rueff appelait « la distribution de faux droits ». Tôt ou tard ces créances sans valeur déclenchent une crise, dont on veut masquer les effets par une inondation monétaire, porteuse d’inflation à plus long terme.

De même une partie de l’épargne française, placée dans les livrets A, va-t-elle entre les mains de la première puissance financière de France, la Caisse des Dépôts et Consignations (qui « centralise les dépôts », suivant l’expression consacrée) : des sommes considérables vont être englouties dans le logement social ou dans des prêts pour des collectivités locales ou des équipements publics – on ne les retrouvera jamais dans le circuit productif. Si les Français se mettent à placer leurs épargnes dans des fonds de pension au lieu de les apporter à leur insu à l’Etat, voilà qui change tout. Il ne faut pas oublier que la stagnation française s’explique aussi par la faiblesse de l’investissement productif marchand.

 

La capitalisation, un « changement de société »

Quels que soient les apports financiers de la transition, ils ne se feront sentir que progressivement et leur mesure précise est incertaine. En revanche, la rupture psychologique introduite par la transition a pu être observée, elle a substitué en quelques mois la confiance à la peur, l’esprit d’entreprise à l’instinct de conservation. C’est un vrai « changement de société » nous a dit Gary Becker, prix Nobel d’économie au cours d’une conférence organisée à Paris par l’ALEPS en 1996 ! Je crois que vous pourrez apprécier ses arguments, ils sont toujours très actuels :  

« C’est un retour au travail : plus de gens seront actifs et le seront plus longtemps. […]. Cela suppose évidemment que les pouvoirs politiques cessent d’intervenir sur le marché du travail, et lui rendent la liberté et la souplesse nécessaires. C’est donc non seulement un retour au travail, mais au travail qualifié et au travail libéré. »

« C’est un retour à l’épargne : alors que la répartition dilapide l’argent gagné et détruit le capital humain et la richesse nationale, la capitalisation place l’argent gagné, le fructifie. Cela suppose aussi que toute fiscalité sur l’épargne soit éliminée et s’il y a une charge fiscale à assurer elle doit l’être par des impôts sur la consommation, sans toucher à l’épargne ni au patrimoine. »

« C’est un retour à la responsabilité personnelle : la répartition contient tous les germes de la collectivisation et aboutit à faire disparaître toute idée de progrès personnel. La capitalisation a le mérite de mettre chacun face à son propre progrès. S’il y a des individus laissés pour compte, on peut prévoir un filet social à leur intention, mais ces cas doivent demeurer marginaux et il faut se garder, comme on le fait maintenant, de construire tout un système d’Etat Providence sur des hypothèses extrêmes qui ne concerneraient normalement qu’une infime minorité de la population ». 

C’est cette rupture avec la société d’assistés qui est l’accélérateur le plus efficace de la croissance. La confiance reviendra, les Français ne seront plus inquiets pour leur retraite, ni pour leur pouvoir d’achat, ni pour leur emploi. Ils pourront enfin ne plus subir la litanie des promesses sans lendemain et la succession de réformes sans avenir.

Cette rupture avec la société d’assistés a bien eu lieu dans de nombreux pays et la croissance a bien été au rendez-vous. Pourquoi pas ne pas y venir en France, où la croissance est attendue avec tant d’angoisse ? J’aborderai cette question la semaine prochaine.

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Futur des retraites et retraites du futur l www.libres.org

Pour en apprendre plus sur la transition, on se réfèrera avec profit à l'ouvrage de Jacques Garello et Georges Lane, Retraite du futur, futur des retraites : la transition, Ed. IREF, 2010

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Ces propos font écho à ce qu’avait prédit le grand économiste français Frédéric Bastiat en 1840, quand il décrivait ce que serait un système de Sécurité Sociale confié à l’Etat : il ne manquerait pas d’exploser. 

« Les abus iront toujours croissant, et on en reculera le redressement d’année en année, comme c’est l’usage, jusqu’à ce que vienne le jour d’une explosion. Mais alors on s’apercevra qu’on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d’un ministre ou d’un préfet, même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d’avoir perdu jusqu’à la notion du droit, de la propriété, de la liberté et de la justice ».

 

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