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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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L’économie est déséquilibre

Figure emblématique de l’école « autrichienne », ce professeur à l’Université de New York a développé l’idée de son maître Mises : l’économie est déséquilibre.

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Les institutions démocratiques PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 15 Novembre 2013 00:00

J’arrive au dernier chapitre du programme libéral que je vous propose depuis quelques mois.

Ce programme n’est ni exhaustif, ni parfait. Il est concret et se ramène à sept réformes majeures, dans le domaine de l’éducation, du logement, du salaire, des retraites, de la fiscalité, de la réglementation et enfin des institutions démocratiques. C’est ce dernier point que j’aborde, il est organisé autour de l’idée du référendum d’initiative populaire.

 

Le constat :

Vous vous sentez de plus en plus mal représentés, et souvent trahis, par la classe politique

Le pouvoir est entre les mains d’un petit nombre de dirigeants, hauts fonctionnaires et énarques

On vous propose un referendum, mais pour vous mettre devant le fait accompli

La proposition :

Vous autoriser à lancer un referendum pour abroger un texte voté par le Parlement

Vous donner la possibilité de proposer un texte qui aura valeur législative

Vous donner le temps et l’information nécessaires pour vous prononcer

Le référendum d’initiative populaire met le pouvoir sous votre contrôle permanent

 

 

La classe politique n’a pas la cote

Les gens de la classe politique se rappellent qu’il y a des citoyens pendant les quelques petits jours qui précédent une élection, mais le reste du temps ils font ce qu’ils veulent, et surtout pas ce pour quoi ils ont été élus. Le résultat est que deux Français sur trois ne font pas confiance aux politiciens et que le premier parti de France est celui des abstentionnistes. Ils se posent tous la même question : à quoi servent les élus nationaux, voire locaux ?

A propos de la réglementation, j’ai rappelé que les députés de la Vème République sont des godillots, remis facilement dans le rang quand ils s’en écartent, puisque les investitures sont données par les états-majors des partis, eux-mêmes à la remorque de l’Elysée ou des chefs de l’opposition. Par contraste, on peut mesurer le pouvoir de gens qui n’ont jamais été élus. Les « oligarques », énarques pour une bonne partie. Ils hantent la haute administration, les cabinets ministériels, les grandes entreprises publiques, et même les privées. Ce sont des professionnels du pouvoir, dont ils tirent privilèges et très hauts revenus.

Y a-t-il des chances pour que cela change ? Le mode de scrutin actuel (uninominal à deux tours) est favorable à cette concentration du pouvoir entre les mains des partis dominants, de leurs chefs et de leurs bureaucrates. Des familles politiques entières ne sont pas représentées au Parlement et même au niveau des régions, des départements et des communes. Il en est ainsi du Front National – et Dieu sait si je ne partage pas ses idées – mais également de la famille libérale, orpheline depuis l’échec de Madelin en 2002.

S’agit-il maintenant de créer un nouveau parti, à partir de rien ? La loi Balladur de financement des partis politiques interdit aux particuliers de soutenir efficacement des candidats libres, seuls ont de l’argent les partis ayant déjà des élus. Imaginer une démocratie dans laquelle les partis sont financés par l’Etat participe d’un véritable totalitarisme.

Ambiguïté de la démocratie participative

Partant du constat précédent, comment donner la parole au peuple ? Les candidats de gauche se réfèrent volontiers à la « démocratie participative », Madame Royale en avait fait son thème favori en 2007. Les discours populistes ou syndicaux reprennent volontiers l’antienne. Cette idée est en fait très ambiguë :

     

  • s’il s’agit de dire que la société politique a peu à peu écrasé, éliminé, la société civile, et qu’il serait bon d’en revenir au principe de subsidiarité, qui réduirait l’Etat et le pouvoir politique à un simple rôle « subsidiaire », je dis : vive la participation ;
  •  

     

  • s’il s’agit d’instaurer des instances et des carrefours à tous les coins de rue, en multipliant les occasions données à des incompétents, et non élus, de parler au nom du « collectif », je suis bien opposé à la participation. Le bavardage politique est un défoulement pour un très grand nombre de prophètes sociaux ou de dictateurs de quartier, il n’a rien à voir avec la démocratie, qui est ordonnée et responsable.
  •  

 

Le referendum à la française
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Quand le referendum ne plaît pas au pouvoir, il sait s’en passer.

On se tourne alors vers la grande alternative du referendum, Il existe dans la Constitution de la Vème République (article 11), mais on n’y recourt que très exceptionnellement, et dans des conditions inadmissibles. En effet, c’est le Président de la République qui en prend l’initiative. La parole n’est pas au peuple, elle est au Président qui demande à « son » peuple de se prononcer, sur une question qu’Il a posée, et à laquelle Il donne la réponse. On assimile à juste titre un tel referendum à un plébiscite. En cas de rejet de la proposition présidentielle, que se passe-t-il ? En 1969, de Gaulle a démissionné. Mais en 2005, le vote du peuple français contre la Constitution Européenne (en 2005) a été annulé par le Parlement français en décembre 2007 lorsque le Parlement a adopté le traité de Lisbonne, qui reprenait les dispositions les plus lourdes de la Constitution rejetée. Quand le referendum ne plaît pas au pouvoir, il sait s’en passer.

Il est vrai qu’en 2008 on a introduit le « referendum d’initiative minoritaire ». Un referendum à l’initiative d’une minorité de parlementaires (un cinquième) mais soutenue par une pétition populaire nationale signée par un dixième des électeurs français –soit 4 millions et demi, excusez du peu. Encore le Président de la République doit-il intervenir pour décider de la tenue du referendum. A propos de la pétition, qui a le mérite d’être en principe à l’initiative du peuple, elle a été reconnue par l’article 72-1 au niveau local, mais ne peut concerner que des affaires municipales. C’est une bien maigre « parole » laissée au « peuple ».

Ainsi, en France, le referendum vient « d’en haut ».

 

La pratique référendaire

Dans de nombreux pays existent des referendums qui viennent « d’en bas ». Leur efficacité a toujours été prouvée : ils ont mis le pouvoir en demeure de se plier à la volonté du peuple.

Aux Etats-Unis, le referendum est reconnu dans 49 Etats avec des modalités variables, mais qui ont en commun de donner l’initiative aux citoyens. Par exemple, en Californie, il faut 5 % des électeurs (soit moins de 500 000) pour provoquer un referendum ou amener le congrès californien à adopter un texte ou une mesure proposée par le peuple. En 1980 c’est le referendum fiscal initié par le major Jarvis (1 400 000 signataires) qui fera la « proposition 13 » qui donnera le départ d’une « révolution fiscale » limitant la croissance des dépenses publiques ; la révolution se répandra dans 16 Etats et conduira Reagan à la Maison Blanche.

En Italie, il est fait usage du referendum « négatif » : les électeurs peuvent demander l’abrogation d’une loi votée par le Parlement. C’est ainsi que Sylvio Berlusconi a perdu le pouvoir après avoir fait voter l’immunité parlementaire du Premier Ministre : les Italiens ont fait annuler cette loi adoptée par les politiciens.

Des procédures référendaires existent en Autriche, en Irlande, dans certains Länder allemands, etc. Mais le pays où le recours à l’initiative populaire est le plus fréquent est la Suisse, on peut dire que c’est le mode normal de fonctionnement de la démocratie.

On parle à ce sujet de la « démocratie directe » ; j’en présenterai les principes et les modalités la semaine prochaine. Peut-on l’adopter en France ?

 

Flashes du jour

Macron guérit des écrouelles

Emmanuel Macron en visite à la Faculté de Droit de Lille

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1323 du 23 mai 2017


Editorial : Garder son sang froid

Conjoncture : Etat actionnaire : des privatisations en vue ?

Actualité  : Les Etats-Unis de retour au Moyen Orient

Spécial présidentielles  : Ce qui attendrait les Français après le 18 juin - La guerre du Code du Travail n’aura pas lieu - Hausse de la CSG : inefficace et injuste - Le programme des Républicains est-il attrayant ?

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