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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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Les produits s’échangent contre les produits

Cette formule est aujourd’hui connue sous le nom de « loi de Say ».

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Primaires de la gauche à fleurets mouchetés PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 27 Décembre 2016 00:00

Pour l’instant les quatre « majeurs » se ménagent. Rendez-vous après demain.

 

Sans doute y a-t-il un clivage entre les purs et durs (Hamon, Montebourg) et les « modernes » (Valls, Peillon) entre les radicaux et les réformistes. Les derniers sondages donnent les modernes battus, mais c’est sans signification réelle compte tenu du temps à courir et de la proximité des scores.

Ce qui frappe dans les discours et les écrits, c’est l’unanimité des attaques contre François Fillon, principalement sur le thème de la « casse sociale » : brutalité, inégalités, austérité. Cette chanson est d’autant plus populaire qu’elle est entonnée ailleurs que chez les socialistes.

Ces attaques violentes et répétitives masquent le vide sidéral des programmes. Elles s’ajoutent à de grandes proclamations sur la nécessité du regroupement de la gauche. En fait, comme nous l’avons suggéré dans notre dernière Lettre, tout se passe comme si les candidats avaient l’esprit ailleurs : ils pensent aux législatives et aux investitures plus qu’aux présidentielles, estimant peut-être (à juste titre) que les chances d’être au second tour sont infimes, Mélanchon et Macron barrant la route aux candidats de la primaire.

Certes, il y a des piques, notamment contre Valls, aux affaires depuis peu. Mais rien d’agressif pour l’instant – on verra comment se déroulera le premier débat télévisé, jeudi soir prochain 12 janvier (TF1, LCI, Public Sénat, RTL).

Quant aux programmes, ils sont encore embryonnaires, surtout chez Valls et Peillon, derniers partants. On observe cependant l’importance de l’Europe aux yeux de tous les candidats : faute de trouver des solutions nationales, les espoirs se reportent sur une mutation de l’Europe. Cela démontre déjà l’irréalisme de l’équipe : l’Europe ne se mettra pas à l’heure du socialisme français, même réformé, car la position dominante de l’Allemagne est incontestable, les incertitudes sur la suite du Brexit sont entières, la poussée populiste est un fait. Donc, on fait de la fuite en avant. Montebourg, Peillon et Valls envisagent un grand plan d’investissement européen (qui le finance ?) ; tous sont contre les accords transatlantiques ; Hamon envisage un SMIC européen (tous nos partenaires seront d’accord !). Toutefois la ligne de partage est perceptible sur les obligations de la France à l’égard de la règle d’or que les socialistes ont acceptée dès leur arrivée au pouvoir (juridiquement ils ne pouvaient faire autrement) : pas question du 3 % pour Montebourg et Hamon (celui-ci veut purement et simplement effacer la dette extérieure), au contraire respect de la règle et réduction de la dette pour les « réformistes ».

S’il y a quelques maigres différences, elles se situent au niveau des innovations fiscales et sociales. Tandis que Valls ressort la défiscalisation des heures supplémentaires chère à Sarkozy, les autres regardent du côté de la CSG pour la rendre progressive, vraisemblablement par fusion avec l’impôt sur le revenu. On sait que les socialistes n’aiment pas la flat tax ! Ils aiment cependant la garantie de revenus. Revenu « décent » chez Valls – mais où le fixer et comment le financer, revenu « universel » (750 euros pour tous les Français majeurs) chez Hamon. La loi Khomry est abrogée chez les radicaux, aménagée chez les réformistes (Valls la défend énergiquement, cela va de soi). La Sécurité Sociale doit être plus généreuse : remboursement des soins dentaires, des lunettes, tiers payant, multiplication des dispensaires dans les zones désertées et, bien entendu, plus larges subventions pour les hôpitaux publics. Quant à l’école, on recrute toujours plus de fonctionnaires et on met l’accent sur la formation professionnelle (que devient le collège unique ?). Pour Peillon, la réforme des rythmes scolaires est un succès à forger, avec patience. Enfin, la fiscalité des entreprises est connue à deux vitesses : baisse pour les PME, pouvant aller jusqu’à un impôt sur les sociétés de 15 % chez Peillon, et impôt alourdi sur les profits des grandes sociétés.

La presse souligne volontiers le caractère décousu et intellectuel de ces approches, beaucoup d’idées sont brassées sans être jamais organisées autour d’une vision d’avenir, si ce n’est « l’Etat fort et la République juste » de Manuel Valls ; les socialistes ne peuvent rivaliser avec Mélanchon qui s’adresse au peuple ouvrier et fait de la surenchère sur Marine Le Pen.

Une dernière particularité vaut d’être notée : au prétexte de démocrate participative, les candidats veulent modifier la constitution pour introduire des référendums d’initiative populaire, supprimer le 49-3 (Valls lui-même !) et, encore plus surprenant, veulent introduire la proportionnelle dans la loi électorale Ces socialistes-là ne sont ni populistes ni populaires, seulement calculateurs et conservateurs. Ils songent à leur future position d’élus de l’opposition.

 

 
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Au sommaire du n°1326 du 13 juin 2017


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