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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

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Les vœux de François Fillon PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 27 Décembre 2016 00:00

Aujourd’hui même le candidat de la droite a infléchi son discours

 

Le rétropédalage sur l’assurance santé avait fait mauvaise impression. Dans son désir de rassembler la droite et le centre, et sous la pression d’un entourage assez disparate (voir notre dernière Lettre), François Fillon ne risquait-il pas de perdre en route une partie de son électorat, naguère séduit par son désir de rupture, son libéralisme économique (d’ailleurs tout relatif) et son conservatisme moral ? Sur le plateau de TF1, mardi dernier 3 janvier, François Fillon s’est voulu rassurant : "Ma position sur la santé a été caricaturée de manière scandaleuse. Personne ne peut dire aujourd'hui que la Sécurité sociale n'a pas besoin d'être réformée. (...) Je ne changerai pas de programme, je réformerai la Sécurité sociale. J'ai été contraint, face à l'excès de critiques, à préciser un point". Et, à propos de l’IVG et de la PMA : "Je suis gaulliste et de surcroît je suis chrétien, je ne prendrai jamais une décision contraire à la dignité de la personne humaine". Cette référence à la chrétienté lui a valu des critiques, notamment de Marine Le Pen (« contraire à la laïcité ») et de l’ineffable bouffon de Bayrou, qui s’est institué moraliste politique.

Mais c’est le discours prononcé aujourd’hui à l’occasion de ses vœux à la presse qui devrait affermir la ligne de la campagne du candidat. Il l’a répété « Je ne changerai rien du programme que j’ai présenté lors des primaires » ironisant sur le non sens qui consisterait à avoir trois programmes : un pour les primaires, un deuxième pour les présidentielles et, pourquoi pas, un troisième pour les législatives. Il a raison : « tout changement substantiel risque d’entraîner un détricotage » a dit un commentateur.

Les observateurs ont relevé certaines inflexions du discours plutôt favorables au candidat. Tout d’abord une certaine décontraction dans la présentation, avec une allusion à ses « sourcils broussailleux ». Ensuite l’habileté de s’en remettre au peuple, et non pas d’apparaître comme l’homme providentiel (contraste avec Macron) : instruit de la mésaventure de Juppé, il ne se présente pas comme le gagnant en avril prochain : « Bienvenue dans l’insondable » a-t-il lancé aux journalistes. Cela ne l’empêche pas de donner une impression de calme et de sérénité, il affirme avoir atteint ses trois objectifs : rassembler ceux de sa famille politique –les Républicains, Juppéistes et Sarkozystes ; rassembler la droite et le centre (Bayrou fera ce qu’il voudra, sans doute rien) ; constituer une équipe de campagne diversifiée et unie (certains porte-parole, comme Benoist Apparu, sont sans doute de trop !). Il donne toutes les apparences d’un candidat réellement prêt pour la campagne, à la différence de Marine Le Pen gênée par les dissensions internes au Front National, des socialistes en plein éclatement, et de Macron, qui improvise beaucoup. Seul Mélanchon affiche la « force tranquille ».

Après un procès rapide mais bien frappé du bilan du quinquennat Hollande, l’essentiel des propos de François Fillon l’a fait apparaître comme un futur Président respectable, porte-parole d’une France enfin respectée. Il veut restaurer « la puissance de la France ». Il est vrai que le discrédit diplomatique et économique jeté sur notre pays est à son pic. François Fillon a été assez adroit pour mettre un bémol sur la Russie et la Syrie, mais à peine perceptible. Mais ses orientations semblent claires sur la place de la France en Europe et sur la place de l’Europe entre Poutine et Trump. Il a toutes les apparences de la dignité, et a évidemment repris les accents gaulliens qui lui viennent naturellement aux lèvres. Ira-t-il jusqu’à « la France seule » maurassienne ? Il a plutôt tendance à croire que la France sera puissante quand elle aura vaincu ses fléaux internes : son système politique élitiste, ses dérives financières, son étouffement économique par la fiscalité et la réglementation. A la différence des socialistes qui veulent mettre l’Europe à l’heure de la France, François Fillon veut mettre la France à l’heure de l’Allemagne. Aujourd’hui les Allemands rachètent leur dette grâce aux excédents budgétaires ; ils ont un taux de chômage qui vient de baisser à 4 %, le plus bas depuis la réunification. Visiblement François Fillon ne partage pas à l’égard d’Angela Meckel les sentiments que De Gaulle a pu avoir à l’égard de Ludwig Erhard lors du débat sur la CEE, pas plus qu’il ne croit à une troisième voie ou à un « tiers système » tant chéri du Général. Ce serait d’ailleurs une bonne chose pour Fillon, comme le rappelle Eric Brunet, de se libérer de cet « héritage encombrant ». Il est vrai qu’en France il est mieux vu de se dire gaulliste que libéral. Encore un petit effort à faire si le candidat veut être président, et un président qui honore son pays en rompant avec le socialisme, de droite comme de gauche.

 

 
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Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


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