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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

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Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

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François Fillon : le soft libéral PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 14 Mars 2017 00:00

Mais le candidat est bien celui de la rupture et de la détermination

 

Cette semaine marque un double tournant pour la campagne de François Fillon. C’est demain mercredi que les juges d’instruction rendront leur verdict : j’espère sans trop y croire qu’on en aura terminé avec l’affaire. C’est hier lundi que François Fillon a donné une conférence de presse pour présenter son programme : libérer, protéger, réconcilier.

Que dire de cette présentation ? Dans le détail on ne peut pas dire que François Fillon soit à classer parmi les ultralibéraux, comme le suggère l’analyse des principales réformes évoquées que vous trouverez dans les lignes ci-dessous. Cependant, deux idées-forces sont de nature à valoir au candidat de nouveaux suffrages : l’espoir qu’il fait naître et la détermination qu’il affiche.

L’espoir c’est celui de la rupture : libérer les Français des contraintes sociales, fiscales, réglementaires mises en place par un système bureaucratique et démagogique à la fois. Il ne demande pas aux Français du sang et des larmes, c’est le socialisme qui condamne aux efforts 6 millions de chômeurs, 9 millions de pauvres et des millions de contribuables et de retraités. Il propose au contraire une politique qui permettra de lever les verrous qui paralysent l’entreprise, le travail, le capital, l’innovation, la promotion. Avec la croissance réapparaîtront le pouvoir d’achat, la confiance et l’apaisement social.

La détermination est visible dans la méthode qu’il préconise. Dès les élections et à très court terme quatre changements décisifs seront mis en place : réforme du droit du travail, allègement des charges et refinancement des entreprises, hausse du pouvoir d’achat pour les plus bas revenus, baisse des dépenses publiques. Et avant la fin de l’année 2017 trois nouveaux chantiers seront ouverts : un plan de lutte contre le handicap et la grande pauvreté, une révision des missions régaliennes de justice et de sécurité, une initiative européenne.

Comme la plupart de mes amis libéraux, je suis de ceux qui ont soutenu François Fillon au moment du doute et au plus fort de l’acharnement judiciaire et médiatique. Je confirme naturellement mon soutien pour son programme, qui est le plus qu’on puisse entendre dans un pays gavé d’Etat Providence et de socialisme, même s’il est le moins qu’on puisse attendre d’un libéral.

 

Libérer : des mesures « de bon sens »

C’est sans doute le volet le plus solide et le plus provocant du programme de François Fillon. Avec humour François Fillon le présente comme un programme inspiré par « un capitalisme sauvage obnubilé par le profit ».

1° Il faut libérer l’entreprenariat, libérer l’entreprise. Alléger ses charges sociales, encourager l’investissement en diminuant la fiscalité sur le capital (avec une flat tax à 30 %). Cela devrait représenter 40 milliards libérés pour créer 3,5 millions d’emplois, notamment dans les entreprises de taille moyenne, dont le nombre devrait être multiplié par deux pour se situer à un niveau intermédiaire entre la Grande Bretagne et l’Allemagne. Le régime de l’auto-entreprise doit être encore amélioré.

Mais pourquoi donc vouloir compenser la baisse des charges sociales par le relèvement de 2 points de TVA ? La « TVA sociale » est une mesure protectionniste (la Sécurité Sociale financée en partie par les fournisseurs étrangers) et diminue le pouvoir d’achat des consommateurs, au point qu’il faudra ensuite prévoir 10 milliards d’assistance aux petits salaires et aux petites retraites. A tout prendre, c’est moins grave que la CSG sociale de Macron, véritable usine à gaz à l’incidence inconnue. Mais c’est surtout un manque de confiance dans l’effet Laffer : pourquoi le seul allègement des impôts et des charges, par la confiance et l’innovation retrouvées, ne serait-il pas en mesure d’accroître les recettes fiscales ? D’ailleurs une réduction de la progressivité de l’impôt sur le revenu n’aurait-il pas des effets tout aussi positifs sur les recettes fiscales : pourquoi réserver la flat tax aux seuls prélèvements sur le capital au lieu de l’étendre à tous les revenus ?

Enfin si les charges sont si lourdes, c’est que la Sécurité Sociale est un gouffre, les salariés surpayent leur protection. Ils ne le savent pas : il faudrait leur verser leur salaire complet.

2° Il faut réformer le code du travail, qui doit concerner les seules règles sociales d’ordre général, et ne rien imposer aux contrats librement négociés dans le cadre de l’entreprise. La durée légale de 35 heures sera supprimée, le paiement d’heures supplémentaires sera prévu par contrat.

C’est en effet une réforme majeure, décisive et courageuse, de nature à mettre fin aux excès des « partenaires sociaux ».

3° Il faut réformer l’administration. Demander aux fonctionnaires de travailler 39 heures par semaine, mais avec la perspective de rémunérations et de carrières plus stimulantes. Cela facilitera l’objectif de réduire l’effectif global de la fonction publique de 500.000 personnes en 5 ans (non remplacement d’un départ sur deux), soit 8 % du total actuel. L’administration doit avoir un nouveau visage, avec des modes simples et souples, évitant les doublons et les parcours incessants.

Encore très courageux. Mais avec 8 % on demeure encore sur-administré en France.

4° Un Etat est d’autant plus fort qu’il ne se dissipe pas dans des missions impossibles et se concentre sur ses missions régaliennes. Il doit réduire ses dépenses publiques : 100 milliards d’économies en 5 ans et en 2022 le budget sera équilibré, même si en 2017 l’héritage socialiste et le décalage de dépenses non inscrites en 2016 et 2017 laissent prévoir un déficit supérieur à 3 % du PIB.

Un programme de réduction des dépenses publiques et une redéfinition des missions de l’Etat

doivent comporter une liste de privatisations. Le mot n’a jamais été prononcé – alors que les entreprises publiques sont des gouffres financiers. Quand on se réfère à Margaret Thatcher, on ne peut oublier la masse de privatisations réalisées en Grande Bretagne. Les Allemands ont privatisé les chemins de fer, la poste, les musées, etc.

En conclusion, François conclue son premier volet en affirmant que les mesures envisagées constituent une « révolution de bon sens ».

 

Protéger : l’Etat omniprésent ?

Ce volet est hétéroclite, la protection est mise à toutes les sauces. Après une curieuse transition évoquant la protection contre la globalisation, François Fillon aborde les questions de sécurité, de solidarité, de diplomatie, de stratégie industrielle.

1° Le droit à la sécurité doit être garanti, et les moyens nécessaires à la justice, à la police et à la défense doivent être accrus, jusqu’à représenter 2% du PIB dès le budget 2018. Il faut en finir avec le laxisme, l’ordre doit être rétabli et la loi respectée. Les forces de l’ordre doivent être déchargées des tâches administratives, la police municipale doit être soutenue et équipée. Une loi-programme pour la Défense Nationale sera mise en place et les moyens seront prévus dans le budget 2018. La lutte contre le totalitarisme islamique requiert une diplomatie appropriée. Il ne faut pas hésiter à entretenir un dialogue avec tous les dirigeants de tous les pays concernés (y compris ceux qui ignorent la démocratie) mais éradiquer tous les germes de fanatisme, contrôler les pratiques religieuses de l’Islam en France, et coordonner les mesures contre le terrorisme au niveau européen.

François Fillon est le seul, parmi les candidats, à ne pas exclure Poutine et El Assad du règlement de la crise au Moyen Orient, c’est une rupture par rapport à la diplomatie traditionnelle du quai d’Orsay.

2° Le pouvoir d’achat des Français doit également être protégé. Une dépense de 10 milliards sera engagée, les titulaires de petits revenus recevront 350 € dès 2017 (et 700 € pour un couple). Les familles bénéficieront d’un relèvement du quotient familial, les petites retraites seront augmentées et les pensions de réversion accrues de 10 %.

Ces mesures entendent traduire la solidarité nécessaire au moment de la rupture : on serre les rangs. Mais François Fillon tombe dans le piège de la solidarité administrée, alors que des aides personnalisées, consistant en un filet social minimum, seraient préférables. C’est en fait toute l’organisation de la protection sociale dans notre pays qui est en cause.

3° Le projet européen doit être relancé. La guerre économique est engagée mondialement, et la menace terroriste est sans frontière. La relance doit être bâtie autour de l’axe Paris Berlin. Dans le concert européen, la France doit pouvoir faire valoir sa stratégie industrielle : c’est du « patriotisme économique » mais pas du protectionnisme. L’Europe ne peut être laissée aux mains de la Commission, sa politique doit être arrêtée par un Conseil comprenant les chefs des Etats de l’Union, et non pas par les ministres ou le parlement. L’Europe doit forcer les Etats-Unis à ouvrir leur marché. Elle doit aussi se donner une défense commune non pas contre un ennemi traditionnel (c’était le rôle de l’OTAN) mais contre le totalitarisme islamique.

C’est l’Europe des Etats, de tradition gaulliste. Elle séduit les adversaires de la bureaucratie bruxelloise – dont les souverainistes mais aussi les libéraux. Mais elle implique des politiques communes qui demeurent dangereuses, qu’elles soient faites par des fonctionnaires, des lobbies ou des chefs d’Etat. François Fillon s’est laissé aller à évoquer une politique industrielle commune et, en particulier, une totale et rapide harmonisation fiscale. C’est ignorer les bienfaits de la concurrence dans un espace économique ouvert.

4° La France doit se donner une stratégie industrielle, car l’industrie est la base de la souveraineté. Cette stratégie doit être adaptation à un monde nouveau, nous en sommes capables si nous savons garder nos jeunes talents. Le numérique, l’intelligence artificielle, l’énergie verte, les big data, sont autant de domaines à conquérir.

En quoi l’Etat va-t-il et peut-il aider à cette stratégie ? Qui la définit ?

Réconcilier : est-ce possible ?

A juste titre, François Fillon constate que le lien social est brisé. On doit le reconstituer avec plus de responsabilité, plus de confiance et plus de dialogue, et substituer des rapports de partenariat aux actuels rapports de tension.

1° Réconcilier les mondes de l’éducation et de l’entreprise : c’est possible si on focalise à nouveau les enseignants sur leur mission essentielle : apprendre à lire, écrire et compter, faire connaître l’histoire de France, faire apprendre le respect et la fraternité.

On ne peut que se réjouir à cette perspective, mais elle exige le démantèlement du mammouth, la liberté de création, de fonctionnement, de financement des établissements privés, le libre choix des familles par des systèmes de bons scolaires, la concurrence faisant son effet.

2° Réconcilier les religions : il faut en finir avec l’Islam radical et l’anti-sémitisme.

3° Réconcilier le monde agricole et la nation, alors que la ruralité est en souffrance, il faut libérer les agriculteurs de toutes les normes qui les étouffent et se contenter des seules normes européennes.

Mais ce sont les normes européennes qui passent dans la réglementation française

4° Réconcilier les pouvoirs publics et le monde associatif : les associations jouent un rôle décisif dans l’aide aux handicaps de toutes sortes et le secours à la grande pauvreté, les bureaucraties administratives sont incapables de le faire correctement car elles ne connaissent ni les gens ni leurs besoins.

C’est exact. Comme dans de nombreux pays les dons et legs aux associations doivent être en totale exemption d’impôts, avec un contrôle a posteriori. Aujourd’hui nombre d’associations ne vivent que de subventions et sont les faux nez d’officines politiques.

5° Préserver l’environnement et le développement durable, par exemple préserver l’alliance

«  croissance bleue »

Toujours difficile de juger ce daltonisme : les Verts sont difficiles à distinguer des Rouges.

6° Concilier les générations au sein de la famille : le vieillissement de la population exige que l’on s’occupe sérieusement de la dépendance des personnes âgées. On doit multiplier les efforts pour éviter l’hospitalisation prolongée et maintenir les personnes à domicile. Mais cela implique un développement des services à la personne, et la coordination des aides nécessaires, en liaison avec la famille. De nouvelles missions apparaissent pour permettre aux familles de contribuer au bien-être des personnes seules ou handicapées.

Il s’agitd’un problème sociétal, et François Fillon a bâti une partie de sa popularité sur l’attention qu’il a portée à la solidité de la famille et au sort de l’enfant. Le soutien de Sens Commun lui a été précieux. Il a été très discret sur ce chapitre. Il est vrai que son minutage était sévère.

Dans les réponses aux questions des journalistes on  aura relevé :

1° Pas de nom pour le futur premier ministre, « l’affaire » a compliqué la chose. Mais un ministère réduit à 15 membres, sans secrétaire d’Etat, et avec un cabinet réduit à 10 personnes. Les membres du ministère sont sans doute ceux qui sont « présents ici, tous ceux qui ont travaillé avec moi ». Et il existe déjà un « shadow cabinet ». Les ministres auront une mission précise, elle sera suivie et tout échec signifiera un départ.

2° Bien que le mandat unique ne doive pas être inscrit dans la Constitution, François Fillon ne fera qu’un mandat

3° Le seul vrai juge des erreurs qui lui sont reprochées c’est le peuple. Mais l’heure devrait être maintenant au débat sur les programmes plutôt que sur ceux qui les portent. Les journalistes et les communicants seront-ils d’accord ?

 

 

 
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Cette « avancée sociale » est mise en place cette année. Non sans peine.

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Macron guérit des écrouelles

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Au sommaire du n°1318 du 18 avril 2017


Editorial : 23 avril : fête de la Miséricorde

Conjoncture : Diminuer les charges sociales

Actualité  : Turquie : la dictature est en place - Trump contre Kim Jong-Un

Spécial présidentielles  : Pourquoi nous, économistes, soutenons Fillon - Fillon - Macron : comparaisons

Lu pour vous  : Sur le site libres.org : veille de campagne

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