Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Publication trimestrielle depuis plus de 40 ans, le Bulletin rend compte de la vie de l’ALEPS mais il propose aussi dans chacun de ses numéros plusieurs études de ses administrateurs, dont Fred Aftalion, Axel Arnoux, Jacqueline Balestier, Jean Philippe Feldmann, Georges Lane, Bertrand Lemennicier, Pascal Salin, Patrick Simon.

50 pages, Abonnement  annuel : 50€,  numéros anciens 5€ suivant disponibilité

Bulletin d'abonnement

Portait

Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

Lire la suite...
Macron et Poutine PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 30 Mai 2017 00:00

Poutine n’a pas reçu la leçon d’un Macron russophile sans l’être

 

Les Français sont habitués aux louvoiements de leur Président. Il a montré tout au long de la campagne et dans ses premiers actes de gouvernement qu’il pouvait tout dire et tout faire sans souci de cohérence ni de vérité. Vladimir Poutine allait-il être dupe des habiletés de son hôte ?

Il n’en a rien été, pour plusieurs raisons.

La première, et c’est un trait de courage d’Emmanuel Macron, parce que sur deux sujets au moins il a affirmé dans sa conférence de presse qu’il désapprouvait la position de Poutine : sur l’usage des armes chimiques, et sans ménagement, sur l’application des accords de Minsk (février 2015) qui liaient Russie, Allemagne, Ukraine et France pour veiller à la paix dans les régions séparatistes de l’Ukraine (on parle encore de Format Normandie pour désigner le principe d’une présidence tournante de l’Organisation de Sécurité Collective en Europe chargée d’observer la situation ukrainienne). A vrai dire, les accords de Minsk ne contraignent pas férocement la Russie, même si la naissance d’un Etat Ukrainien fédéraliste souhaitée par le Kremlin a été écartée ; l’indépendance ukrainienne est toujours menacée aujourd’hui.

La deuxième raison est que le Président français a (volontairement ?) humilié son hôte en rappelant que c’est en venant en France que le tsar Pierre 1er a pris les leçons de liberté apprises de la philosophie des Lumières : la Russie ne se serait jamais réformée ni modernisée sans l’illumination française. Là encore, l’histoire est très sollicitée par notre Président, puisque la philosophie des Lumières a été avant tout écossaise, et au 17ème siècle, tandis qu’en 1717, date de la visite du tsar, Voltaire était prisonnier à la Bastille (il avait 23 ans) et Rousseau avait 5 ans. Poutine lui a renvoyé la balle en rappelant qu’au 11ème siècle, Anne de Kiev avait été reine de France avec Henri 1er pour époux et que la princesse russe avait ainsi été à l’origine des dynasties de Valois et de Bourbon. La Russie n’a donc pas à recevoir de leçon de la France.

La troisième raison est que Poutine a esquivé tous les coups que Macron voulait marquer. D’une part, s’agissant des sévices et discriminations contre les homosexuels en Tchétchénie, une affaire qui avait mobilisé plusieurs manifestants aux portes du Palais, Macron s’est entendu dire que les responsabilités sont certainement celles du gouvernement local, et le Kremlin fera une enquête. De même le siège d’Alep, qui ressemble à un massacre pour Macron, est au contraire une victoire sur le terrorisme pour Poutine. La lutte contre le terrorisme semble pourtant le lien le plus étroit entre les deux présidents, mais il faut savoir que Poutine considère comme terroriste tout ennemi du Kremlin, les indépendantistes tchétchènes sont aussi dangereux que les gens de Daech, et pourquoi pas les Ukrainiens ?

La quatrième raison est l’intransigeance de Poutine en ce qui concerne les représailles économiques adoptées par l’Union Européenne contre la Russie, à la suite de l’annexion de la Crimée et en parade contre une invasion de l’Ukraine. Certes l’économie russe est en pleine débâcle, avec ou sans représailles, à cause d’un capitalisme d’Etat qui étouffe toute créativité, mais les représailles heurtent naturellement l’orgueil du Kremlin et leur levée est une exigence fortement rappelée par Poutine.

Enfin et non le moindre, Emmanuel Macron était en représentation ici comme à Bruxelles ou au Mali. Il est vrai que la France et la Russie ont des liens d’amitié historique à certains égards. Mais il ne faut pas oublier que les deux pays ont été dans des camps opposés à l’occasion de nombreuses guerres : avec Napoléon et Alexandre bien sûr, mais aussi avec la guerre de Crimée, puis en 1917 quand les Soviets ont cessé d’attaquer l’Allemagne, puis en 1930 avec le pacte germano-soviétique et enfin, et non le moindre, après 1944, quand la France a trouvé l’URSS alliée du Vietminh, puis des Fellagas, et pendant toute la guerre froide. Il ne faut pas oublier non plus que durant toute la campagne Macron a attaqué François Fillon accusé de russophilie, puisque le candidat Républicain voyait dans El Assad le protecteur des Chrétiens du Moyen Orient et soutenait qu’aucune solution au conflit ne pouvait exister sans la participation de la Russie. Il semblerait que le Président ait ici oublié ce qu’il avait dit pendant qu’il était candidat. Est-ce surprenant ?

 
More Articles :

» Un sommet européen pour rien

Bien accueilli, Emmanuel Macron n’a guère été suivi

» Theresa May à Paris

Cherche-t-elle un allié pour un Brexit adouci ?

» La Russie et l’espace économique européen

La visite de Vladimir Poutine en France a inspiré plusieurs articles sur la situation de l’économie russe et l’importance de ses relations avec les pays européens, notamment les membres de l’Union. Les considérations politiques sont...

» Turquie : la dictature est en place

Un simulacre de referendum a donné une majorité étique et contestée à Erdogan

» Trump contre Kim Jong-Un

Que signifie le spectaculaire bras de fer entre les deux chefs d’Etat ?

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...