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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Conférence de Pascal Salin : Après l'euro ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Mercredi, 22 Mai 2013 00:00

Conférence du Professeur Em. Pascal Salin, Université Paris IX Dauphine  

Forum des libertés l www.libres.org


Après l’euro ?

 

  1. La création de l’euro était-elle justifiée ?
  2. La politique monétaire et la politique budgétaire
  3. L’Euro, monnaie par défaut ? La vraie monnaie européenne.

 

1.La création de l’euro était-elle justifiée ?

Pour savoir ce qui se passera ou ce qui se passerait après l’euro, il faut remonter dans le temps et se rappeler les conditions de création de l’euro

11. L’euro, une monnaie politique

La création de l’euro a opposé trois courants de pensée à propos de l’avenir des souverainetés monétaires : les européistes, les souverainistes et les libéraux ( dont Pascal Salin)

Les Européistes voulaient une Europe « intégrée » avec une monnaie unique, les souverainistes une Europe des patries avec coexistence de monnaies nationales, les libéraux une Europe ouverte, dont la principale caractéristique est la concurrence. La création de l’euro a été politique, consacrant la victoire de Jacques Delors et des partisans d’une Europe intégrée et naturellement dirigée.

12. La thèse de la zone monétaire optimale

Y avait-il une justification économique ? La thèse de la « zone monétaire optimale » de Mundell a été évoquée pour justifier l’euro. Une zone monétaire optimale s’entend d’ un espace monétaire capable de supporter le choc d’une baisse de la demande pour les produits d’un pays donné. Mais pourquoi cette baisse globale ? On est en plein keynésianisme : le niveau d’activité dépend de la demande globale. On est en pleine macro-économie. En fait la théorie est sans fondement, ce qui confirme bien que le choix n’était en fait que politique, car une monnaie européenne était le meilleur chemin pour un gouvernement européen.

 

2. Politique monétaire et politique budgétaire

21. Il n’y a pas de crise de l’euro, il y a une crise des finances publiques.

En fait, aujourd’hui, ce que l’on ne discerne plus, c’est le peu d’importance que l’on devrait accorder aux problèmes monétaires. A trop s’intéresser à la monnaie, on en oublie le point important, qui concerne la politique budgétaire, et la déroute des finances publiques.

On croit pouvoir régler les problèmes budgétaires, qui sont réels, en faisant appel aux politiques monétaires, qui sont factices. La « crise de l’euro » n’existe pas, ce qui existe c’est la crise des dettes publiques en Europe. D’ailleurs, dans les critères de Maastricht pourquoi mettre sur le même plan le taux d’intérêt, le déficit budgétaire et la dette publique ? C’est que l’on songe à couvrir les dépenses publiques excessives par le recours à la politique monétaire.

La politique budgétaire, qui est du domaine de l’économie réelle (la part de l’économie nationale affectée aux services publics) ne peut être réglée par la politique monétaire. La « crise de l’euro » n’est qu’un écran de fumée pour masquer le vrai problème réel : l’envolée des dépenses publiques.

22. La politique monétaire ne peut réparer les etrreurs de la politique budgétaire

On s’est engagé maintenant dans une voie sans issue : la politique monétaire au secours de la politique budgétaire. Cela n’a été possible que par un abandon par la BCE des règles d’indépendance qui lui avaient été fixées. Elle s’occupe désormais de sauver les Etats endettés au nom de la solidarité. Drôle de solidarité qui consiste à secourir ceux qui se sont mal comportés !

 

3.L’euro, monnaie par défaut ?

31. Les dévaluations « salutaires ».

Faut-il s’inquiéter de l’éclatement de la zone euro ? Tout dépend de ce que l’on veut imaginer pour l’après euro. Certains estiment que la souveraineté monétaire restituée aux Etats leur permettrait de dévaluer et d’éponger une partie de leur dette. Mais la dévaluation est non seulement inefficace (ses effets sont très vite épuisés si les fondamentaux économiques ne changent pas) mais aussi immorale (puisque l’on vole les titulaires de créances stipulées en euros). Donc, si c’est pour mettre en place un système monétaire pire encore, autant garder celui-ci, puisque la vraie bataille se livre au niveau réel.

32.La concurrence entre monnaies privées

Mais on pourrait imaginer un  système de concurrence monétaire entre banques libres responsables de la qualité de leur monnaie. Les libéraux sont persuadés des bienfaits de la concurrence, dans ce domaine comme dans les autres. Survivraient les bonnes monnaies, c'est-à-dire celles qui sont capables de garantir une stabilité du pouvoir d’achat monétaire. Une telle concurrence ne peut pas s’instaurer entre banques centrales, qui s’empresseraient de mettre leur politique d’émission au service des besoins des Etats. Elle ne peut exister qu’entre monnaies privées.

Ce n’est pas une vue de l’esprit ; les monnaies privées existent déjà, par exemple les b-coins. Tant qu’on reste prisonnier des banques centrales et des pouvoirs publics, il n’y a aucune chance d’établir une cloison entre politique monétaire et politique budgétaire, et on retardera toujours le moment de réduire les dépenses publiques.

En conclusion, ne changeons pas l’euro pour un système pire encore. Le seul progrès serait dans l’émergence de monnaies privées concurrentes. Cela suppose que les Etats renoncent au cours forcé d’une monnaie nationale, et cessent de lever les impôts dans leur propre monnaie.

 

 

Débat

1. Plusieurs scénarios, plus imagés les uns des autres, pronostiquent l’éclatement de la zone euro par exemple avec deux euros (nord et sud) ou un euro monnaie commune mais pas unique (coexistence avec des monnaies redevenues nationales). S’agit-il de gadgets ?

PS : Oui, dans la mesure où il n’y aurait progrès dans la seule voie possible, qui est celle de la concurrence monétaire. Mais ces scénarios ont surtout pour objectif de distraire la population du vrai problème : la réforme de la fiscalité et des dépenses de l’Etat. Les hommes politiques font croire que la solution est monétaire.

 

2. Que répondre à ceux qui s’inquiètent d’une faillite des banques, si la Banque Centrale les abandonnait ? Nicolas Sarkozy n‘a-t-il pas bien fait d’intervenir pour « dégripper » le crédit et obliger les banques à prêter davantage ?

PS : La faillite des banques est pourtant dans la logique d’une économie de marché. Une entreprise industrielle qui ferme ses portes, tout le monde trouve cela normal. Au contraire une « entreprise » financière ne pourrait pas disparaître. Pourtant, une banque en faillite ne fait courir aucun risque aux déposants (dépôts garantis) et peut être rachetée par une concurrente. Mais on préfère s’en remettre à la Banque Centrale, prêteur en dernier recours, qui viendra nécessairement au secours de toute banque en péril. C’est la négation de la responsabilité et de la concurrence.

 

3. Comment persuader les Français que la solution est dans la multiplicité de monnaies émises par des banques privées ? Tout le monde est persuadé que l’émission de monnaie est un droit régalien.

PS : Il faudrait déjà connaître l’histoire monétaire, et savoir que le système des banques centrales n’a pas plus de deux sicles d’existence. Chaque fois qu’une innovation monétaire est venue des praticiens, commerçants et autres, le pouvoir politique s’est empressé de la maîtriser pour reprendre son monopole. 

 

4. L’euro n’est-il pas la traduction d’un jacobinisme européen ? Certains pays, comme l’Allemagne, pratiquent la décentralisation. Il y est plus facile de faire admettre que l’économie et la monnaie ne peuvent être dirigées à partir d’un pouvoir fédéral et d’une banque centrale. C’est la différence entre peuples français et allemand. Pourquoi pas des économies et des monnaies régionales ?

PS : C’est certain : la France a le goût du monopole et du service public, alors qu’une monnaie de qualité est fondée sur la concurrence entre banques privées. A ce propos, une erreur consiste à croire que la référence à l’étalon-or est suffisante pour régler les problèmes monétaires, y compris ceux de l’euro. L’étalon-or est une discipline bancaire dans le cas où la convertibilité-or est possible pour tout détenteur de monnaie, et auprès de tout établissement bancaire. Elle n’a aucun effet si la convertibilité est limitée aux banques centrales, qui tôt ou tard pourront dévaluer en toute impunité.

 

5. Une bonne inflation ne serait-elle pas en mesure d’alléger les dettes souveraines ?

PS : Certes, dans un premier temps. Mais d’une part l’inflation détruit la croissance en faussant tout le système des prix qui guident le marché, d’autre part l’inflation comme la dévaluation est une spoliation des créanciers et des épargnants.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


Editorial : Pourquoi les Français n’aiment pas les réformes

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