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Il s’agit d’un plan pour éliminer totalement les droits
de douane sur les produits manufacturés d’ici à 2015. Certes, ces droits
ont déjà fortement diminué depuis 1947, dans le cadre du GATT, puis de
l’OMC, passant en moyenne de 40% à environ 4%. Mais les derniers
pas restent les plus difficiles et il reste encore des résistances tant
du coté des pays développés que de certains pays en voie de développement
qui n’ont pas tous compris les avantages de la liberté des échanges. Le projet américain comporte deux étapes. Entre 2005
et 2010 seraient supprimés tous les droits inférieurs à 5%, de même que
ceux qui portent sur les biens les plus fréquemment échangés (matériaux
de construction, papier, produits chimiques). Les autres taxes seraient
peu à peu réduites, de manière dégressive, à un maximum de 8%. La seconde
étape, entre 2010 et 2015 permettrait de ramener à zéro l’ensemble des
taxes. La proposition américaine est plus radicale que celle qu’avait
formulée l’Europe quelques semaines plus tôt, puisque les Américains proposent
d’aller à la fois plus vite et plus loin. M. ZOELLICK a affirmé que cette élimination des barrières
tarifaires permettrait de sortir 300 millions de personnes de la pauvreté,
grâce à l’augmentation du commerce entre pays pauvres et riches, mais
aussi entre pays riches entre eux, et entre pays pauvres entre eux. Il
est vrai que le commerce est la meilleure forme d’aide et qu’il a des
effets économiques très supérieurs à ceux de l’aide publique, en général
gaspillée. Quant à l’objection classique fondée sur l’impossibilité
des pauvres à entrer dans le circuit du commerce mondial, elle ne résiste
pas à la réalité : en 10 ans la part des pays moins développés dans
le commerce mondial est passée de 10 à 30%, et les exportations de ces
pays, qui étaient faites pour 85% de matières premières et d’énergie,
sont aujourd’hui pour 70% des produits manufacturés ! Les Américains eux-mêmes espèrent, bien entendu, en
profiter aussi : pour les consommateurs cela équivaudrait à une baisse
d’impôts de 18 milliards de dollars. « Cela reviendrait à transformer
la boutique du coin en magasin hors taxe » a commenté M. ZOELLICK. Ce projet correspond aux engagements électoraux de
George W. BUSH en faveur du libre échange. Bien entendu, on peut souhaiter
aller plus loin et il faudra bien un jour s’attaquer à l’agriculture et
au protectionnisme tant américain qu’européen dans ce secteur : la lutte
contre la faim passe par la libéralisation du secteur agricole. Mais,
en attendant, ce projet est indiscutablement un pas dans la bonne direction
et il est de l’intérêt de tous que l’OMC l’approuve
et le mette en vigueur.
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