MEDECINS : LE SALAIRE DE LA SERVILITE


Le chantage continue et, à notre grande déception, certains syndicats médicaux continuent à se prêter au jeu. En effet, la Caisse nationale d’assurance-maladie n’est pas contente des médecins. Elle leur avait demandé de faire de substantielles économies, en fixant chaque année l’objectif à atteindre, notamment dans les prescriptions de médicaments, d’arrêt de travail, de transports sanitaires ou de remboursements à 100% pour les affections de longue durée.

C’est ainsi qu’en 2005, l’objectif d’économies était de 998 millions d’euros ; la réalisation n’a été que de 721 millions. Objectif plus prudent en 2006, avec 791 millions ; économies réalisées : 581 millions. Pour 2007, les caisses ont été moins ambitieuses encore : 623 millions ; mais ces « méchants » médecins n’ont réalisé que 367 millions d’économies : une misère, face aux 6 milliards de déficit de l’assurance-maladie, pour le seul régime général.

La « maîtrise médicalisée » a du plomb dans l’aile. 60% de taux de réalisation, quelle indiscipline ! Mais la caisse veille au grain et elle saura punir ces médecins récalcitrants. Les généralistes attendaient au plus vite une revalorisation d’un euro, à 23 euros, de leur consultation ; compte tenu de leur mauvaise volonté, les médecins seront punis : la revalorisation est renvoyée aux calendes grecques. Il va falloir recommencer à « négocier », puis attendre la tenue des « Etats généraux de l’organisation de soins », puis la loi prévoit « une période d’observation » de six mois entre la signature et l’entrée en vigueur. Heureusement, la CNAM se veut rassurante : le « principe » de la hausse (de un euro !) n’est pas remis en cause. Ce qui est en cause c’est le degré de servilité des médecins : s’ils sont dociles ils auront quelque chose, sinon rien de plus. Pour l’instant, on donne une sucette aux médecins : le paiement (100 euros)  des gardes du samedi après-midi ou des ponts. Du coup, ce sont les urgentistes qui se plaignent d'être moins bien traités, et ils manifestent leur mécontentement !

Tout cela est pitoyable, aussi pitoyable que le fameux ONDAM (Objectif national des dépenses d’assurance-maladie) qui n’est jamais respecté. Et pour cause : on proclame que la médecine demeure libérale en France, mais on établit un rationnement quantitatif des soins ou des prescriptions. De plus, la somme à ne pas dépasser est fixée nationalement et les médecins prennent des décisions individuelles. Sauf à imaginer que les médecins refusent de recevoir des malades quand ils ont atteint leur quota de prescriptions ou de visites ; dans ce cas, il suffit d’en faire des fonctionnaires, devant chacun recevoir tant de malades et leur prescrire tant de médicaments. On ferme le cabinet chaque jour à 16 heures quand le quota est atteint !

De toutes façons, ces mesures provoquent toujours des effets pervers. Ainsi une enquête qui vient de paraître montre que la multiplication du déremboursement des médicaments a un effet nul sur les dépenses d’assurance-maladie, car les médecins changent leur prescriptions et passent à des médicaments toujours remboursés : cela se traduit par des reports de prescriptions (souvent moins efficaces), et non par une économie.

La Caisse et les pouvoirs publics s’enfoncent chaque jour un peu plus dans la socialisation et l’étatisation de l’assurance-maladie. Aujourd’hui, les honoraires sont pour la plupart fixes et les médecins soumis au bon vouloir des caisses, qui échangent la liberté médicale contre un euro hypothétique de revalorisation d’honoraires. Demain, on fournira sans doute des ordonnances pré remplies, avec le quota de médicaments par pathologie. Ce qui nous consterne, c’est que les syndicats médicaux rentrent dans ce jeu, qui est un jeu à somme négative, avec au moins deux perdants, le client et le médecin, et qui ne sauvera pas pour autant la Sécu.

Il n’y a de solution que dans la liberté médicale et la liberté de l’assurance-santé. Du côté des médecins, cela passe par le refus de participer à ces soi-disant consultations ; seuls, des honoraires libres sont conformes à la médecine libérale. Quant à la Sécu, les Français opteront pour la liberté d’assurance quand ils connaîtront ce qu’ils payent réellement pour leur santé. Sur ce point, il faut faire connaitre l’excellente étude de notre ami Georges LANE pour Contribuables associés : « Combien nous coûte, à vous et à moi, la Sécurité sociale ? » (www.contribuables.org ). De quoi ouvrir les yeux des Français. Et préparer enfin la feuille de paie avec le salaire complet, puis l’ouverture à la concurrence de l’assurance-maladie.

Le 9 janvier 2008

 

 

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