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L’OMC POUSSE
L’EUROPE A LIBERALISER AGRICULTURE
ET SERVICES Sainte et juste colère de Jacques CHIRAC au salon
de l’agriculture : jamais il ne cédera aux ukases de l’OMC sur l’agriculture,
jamais il n’acceptera les scandaleuses concessions faites par MANDELSON, le commissaire
européen au Commerce. Pas question de remettre en cause la sacro-sainte politique
agricole commune. Lui vivant rien ne changera dans la défense sacrée des agriculteurs.
Mais qui écoute encore Jacques CHIRAC ? Quelques jours plus tôt, comme par anticipation,
l’OMC avait pris position sur ces questions, dans une autre direction que celle
de Jacques CHIRAC. En dépit de toutes les critiques que l’on peut adresser à ce
« machin » international et bureaucratique, l’OMC
va dans la bonne direction en ce qui concerne la libéralisation progressive des
échanges,. Elle vient de rendre public son huitième rapport
sur la politique commerciale de l’Union européenne et il contient des remarques
fort pertinentes, que publie en détail notre confrère Les Echos. Tonalité générale : l’Union européenne a « tout
à gagner d’une libéralisation plus poussée de son secteur agricole et de celui
des services. ». Pour le secrétariat de l’OMC, « les obstacles au commerce restent
élevés dans quelques domaines peu nombreux, mais importants ». L’agriculture
est le premier secteur incriminé. Il est certes devenu très minoritaire (2% seulement
du PIB des 27 pays européens), mais il coûte une fortune en aides publiques. Et
surtout, il est le point central de blocage des négociations commerciales internationales
du cycle de Doha : les pays pauvres et émergents contestent ce protectionnisme
européen (partagé il est vrai par les Japonais et les Américains), qui empêche
ces pays de concurrencer nos produits agricoles et donc qui freine leur développement. L’OMC précise que « la réduction ou l’élimination
des subventions à l’exportation et des droits de douane sur les produits agricoles
serait avantageuse pour les consommateurs » de l’Union européenne. Voilà
qui remet les choses à l’endroit et rappelle opportunément que l’économie doit
être au service des clients et non des producteurs. Et l’OMC de pointer du doigt
certains produits agricoles qui sont protégés par des tarifs douaniers délirants :
427% pour certains produits alimentaires transformés. La réforme de la PAC de 2003 n’a pas été suffisante
et une réforme plus radicale de l’agriculture, avec un retour au marché libre
et à la concurrence, « contribuerait grandement à stimuler l’économie mondiale ».
Cela améliorerait aussi le budget européen, puisque la PAC représente en 2005
plus de 51 milliards d’euros, soit 45,5% du budget européen. Autre secteur pointé du doigt, celui des services.
S’il coûte moins cher au budget européen, il est beaucoup plus important, puisque
Les Echos rappellent qu’il représente 77% du PIB de l’Union et les trois quarts
des emplois (156 millions de personnes). Certes, l’OMC rappele que des réformes ont eu lieu pour les transports ou
les services financiers. Mais le rapport pointe du doigt « les obstacles
qui subsistent tant à l’intérieur de l’Union européenne que vis-à-vis des pays
tiers ». Pour l’OMC, la durée de la reprise économique actuelle « dépendra
de la poursuite des réformes structurelles, notamment d’une plus grande libéralisation
des services ». Faisant référence à un rapport de l’OCDE, l’OMC
montre certains secteurs qui mériteraient de profondes réformes. Par exemple les
monopoles publics comme la poste et l’énergie, mais aussi les contingentements
et règlementations limitant le nombre de prestataires, les conditions de résidence,
la réglementation des prix, etc. On peut penser aux fameuses professions fermées,
déjà dénoncées dans le rapport RUEFF-ARMAND en 1959, qui sont autant d‘obstacles
à la concurrence et à la croissance. On peut penser aussi au recul européen sur
la directive BOLKESTEIN, qui avait justement pour objet le développement de la
concurrence dans les services et qui a été édulcorée jusqu’à perdre son sens. Il va de soi que ces positions de l’OMC ne sont pas « politiquement correctes » en cette
période électorale où tous les candidats font
assaut de « patriotisme économique ». Le 9 mars 2007
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