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Jacques
Garello avait réagi aux déclarations de Nicolas SARKOZY lors de sa visite
il y a cinq mois à l’université de Constantine, quand il avait évoqué
« les fautes et les crimes du passé » colonial français, qualifiés
« d’impardonnables ». Mais
l’ambassadeur de France en Algérie, Bernard BARJOLET, est allé encore
plus loin dans son intervention à l’université de Guelma qui porte le
nom du « 8 mai 1945 ». Car ce diplomate a jugé bon de revenir
avec insistance sur ce qui se serait passé le 8 mai 1945, lors des émeutes
qui se sont déroulées à Sétif, Guelma et Kherrata. Il a parlé « d’épouvantables
massacres » et de la « très lourde responsabilité des autorités
françaises de l’époque dans ce déchaînement de folie meurtrière »
Selon lui, ces massacres « ont fait insulte aux principes fondateurs
de la République Française et marqué son histoire d’une tache indélébile.
Aussi durs que soient les faits, la France n’entend pas, n’entend plus,
les occulter. Le temps de la dénégation est terminé ». Pourtant,
cela ne suffit pas à la presse algérienne, qui, comme le Président BOUTEFLIKA,
aime tant la France. L’Expression écrit : « Bernard BARJOLET
dénonce, certes, mais ne condamne point ». Le journal El Khabar se
réjouit d’une « reconnaissance des crimes du colonialisme ».
Mais Al Djazaïr perçoit « la persistance d’une glorification du colonialisme ». Les
paroles de ce « représentant de la France » sont insensées,
révoltantes et mensongères, mais on peut se poser quelques questions :
-
l’ambassadeur a-t-il eu le feu vert du gouvernement et ce gouvernement
entend-il amener notre pays à pratiquer la repentance ? En 2005,
le Parlement français était invité à voter une loi (Christian Kert) pour
que soit rendu dans l’Education Nationale hommage aux aspects positifs
de la colonisation. A-t-on en quelques mois totalement inversé le sens
de l’histoire ? -
les faits de 1945 ont-ils été oui ou non provoqués par un massacre, sauvage
celui-ci, de populations françaises par les terroristes de Messali Hadj ?
La « répression » a-t-elle fait les 45.000 morts annoncés par
la presse ? -
quand l’ambassadeur dénonce la France, veut-il nous faire croire que le
FLN aurait été paré de toutes les vertus? Jacques Soustelle avait fait
publier en 1956 un livre « blanc » sur les massacres perpétrés
par le FLN, pour informer l’ONU qui se préparait (avec l’accord des Etats-Unis)
à condamner notre pays. La lecture de ce livre est insoutenable, mettant
en évidence le sort bestial qui a frappé des femmes et des enfants à partir
du 1er novembre 1954 : -
accessoirement, qui étaient les « autorités françaises » de
1945, sinon un gouvernement composé essentiellement de socialistes et
de communistes ? -
l’ambassadeur est-il autorisé à salir la mémoire de tous ceux qui, militaires,
harkis ou civils, sont tombés pour que l’Algérie reste française au lieu
d’être livrée aux barbares, qui règnent toujours à Alger ? Est-il
autorisé à mépriser un million de Français qui ont rendu l’Algérie heureuse ? Le réalisme politique, le désir de régler
nos affaires de gaz, de pétrole et d’immigration, ne peuvent excuser une
telle attitude. Notre gouvernement, pas plus que notre Président, n’est
autorisé à pactiser avec des dirigeants algériens qui manifestent tous
les jours leur mépris des droits de l’homme, et qui font régner la terreur,
la corruption, la misère sur un peuple opprimé et désespéré. Il est vrai
que deux personnes sur trois vivant en Algérie n’ont aucun souvenir de
ce qu’a pu être l’Algérie avant 1962, et on peut toujours leur raconter
ce que l’on veut pour vanter l’héroïsme des combattants de la libération
nationale et leur inculquer la haine de la France colonisatrice. Mais
il est hors du commun et il est scandaleux que cette œuvre de basse propagande
reçoive le renfort, la collaboration d’un représentant officiel de la
France. En d’autres temps, cet ambassadeur aurait été non seulement démis,
mais aussi traduit devant une Cour de Justice pour avoir trahi son pays.
Le 14 mai 2008
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