MAUVAISE NUIT POUR LES TRAVAILLISTES ANGLAIS


C’est le commentaire du premier ministre travailliste anglais, Gordon BROWN, après l’échec de son parti aux élections locales. Venant après la victoire de BERLUSCONI en Italie, puis la défaite cuisante de la gauche à Rome, voilà qu’un nouveau pays d’Europe met le cap à droite. Certes, les travaillistes, depuis Tony BLAIR, ont fait leur révolution et bien souvent nous serions heureux si la droite française adoptait certaines positions défendues par les travaillistes anglais. Mais enfin le new labour reste un parti social-démocrate, même s’il est devenu très modéré et n’a pas renié certaines réformes de Margaret THATCHER. Les dépenses publiques, par exemple, n’ont pas vraiment reculé et il reste certains tabous, comme le système national de santé.

La défaite de la gauche signifie évidemment la victoire des conservateurs de David CAMERON. Certes, lui non plus n’est pas Mme THATCHER, mais globalement il est plus libéral que les travaillistes. La victoire conservatrice est donc une bonne nouvelle pour les libéraux européens et peut laisser entrevoir une prochaine alternance, et aussi une bonne évolution pour les élections européennes de 2009.

C’est d’autant plus vrai que la victoire est nette. C’est le meilleur score des conservateurs depuis 1997. Avec 44% des voix, ils ont vingt points d’avance sur les travaillistes. Mieux encore,  ceux-ci sont au coude à coude avec les libéraux-démocrates, qui, bien souvent, leur prennent la seconde place. Ces élections étaient en effet un test majeur pour le gouvernement.

On s’est focalisé, comme dans le cas italien, sur la situation de la capitale. En effet, le maire sortant de Londres est un personnage haut en couleur, Ken LIVINGSTONE, dit Ken le Rouge. Il a longtemps été à l’extrême-gauche du parti travailliste, étant lui-même largement trotskiste. Certes, il a mis de l’eau dans son vin, adoptant même certaines mesures libérales, mais enfin il semblait bien implanté et ce bastion travailliste paraissait imprenable. Son adversaire conservateur, Boris JOHNSON, a été fortement caricaturé en France, car c’est un non-conformiste, un personnage original, « Boris le Bouffon », parfois excentrique, aimant bien les plaisanteries. Mais c’est un vrai conservateur et sa victoire a résonné comme un coup de tonnerre, accentuant le sentiment de panique chez les travaillistes. S’il a été caricaturé en France, c’est parce que, selon le portrait qu’en dresse Euronews, il aime les valeurs traditionnelles, le libéralisme, et qu’il est atlantiste et eurosceptique : tout cela n’est pas politiquement correct, mais, pour nous,  cela nous va très bien.

Bien sûr, on le voit bien en France, des élections locales à mi-mandat n’indiquent pas forcément le résultat futur des élections nationales ; mais il est clair que les conservateurs ont marqué un point décisif.

 

Le 14 mai 2008 

 
 
 

 

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