VAINCRE LA FAIM DANS LE MONDE GRACE A JEAN ZIEGLER


Tout le monde connait Jean ZIEGLER, puisque les médias en ont fait une de leurs vedettes. C’est une sorte de José BOVE suisse. Ce sociologue, truffé de médailles et autres doctorats honoris causa, fait partie des bonnes consciences du monde politiquement correct. En réalité, il est totalement d’extrême-gauche, sur la ligne de BESANCENOT. Ses ouvrages ont des titres éloquents : « Une Suisse au dessus de tout soupçon », « Contre l’ordre du monde, les rebelles », « Retournez les fusils ! Manuel de sociologie d’opposition », « Main basse sur l’Afrique », « La victoire des vaincus, oppression et résistance culturelle », « La Suisse lave plus blanc », « Le livre noir du capitalisme »,…

Tout cela le destinait à faire carrière à l’ONU. Il a été le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation au Conseil des droits de l’homme de l’Onu (ce Conseil des droits de l’homme dominé par les pays qui les violent et présidé un temps par la Lybie !) de 2000 à mars 2008 (il vient d’être remplacé par Olivier de SCHUTTER, professeur de droit belge, secrétaire général de la fédération internationale des ligues de droits de l’homme.). Mais il reste à l’Onu en ayant été élu membre du comité consultatif, qui conseillera les 47 membres du conseil des droits de l’homme, et il postule même pour un des trois postes réservés au groupe occidental au sein du conseil des droits de l’homme.

Ce grand défenseur des droits de l’homme a suggéré au gouvernement fédéral d’inviter KHADHAFI en Suisse et a reconnu avoir été consulté quand la Lybie, dont on connaît l’amour des droits de l’homme, a voulu créer un prix pour les Droits de l’homme. Il parle de diffamation quand une association pro-israélienne a ressorti une lettre de soutien à Roger GARAUDY, ancien marxiste accusé de négation de crime contre l’humanité.

Tout cela le désignait donc pour s’occuper, avec une démarche scientifique, de la faim dans le monde. Il l’a fait en parlant d’un « droit à l’alimentation ». Mais il a une conception étrange quant à la façon de rendre effectif ce droit. Certes, ses phrases chocs plaisent aux médias : « Tout enfant qui meurt de faim dans le monde d’aujourd’hui a été assassiné ».  D’une certaine façon, ce n’est pas faux. Mais assassiné par qui ? Lui répond : par le capitalisme, par les pays riches. Pour sa part, la science économique met en cause le refus du marché et des libertés économiques, le refus du libre-échange et des droits de propriété ou du libre contrat.

Il a aussi qualifié de « crime contre l’humanité » le fait d’abandonner les cultures vivrières au profit des biocarburants, ce qui ne lui vaudra pas que des amis chez les écolos. Cela ne l’empêche pas d’ailleurs de louer la politique du Brésil, premier promoteur de l’éthanol ! Bien entendu, le blocus américain contre Cuba « viole le droit à l’alimentation ». Il est intarissable sur les méfaits de la mondialisation et les « crimes » commis au nom de la finance mondiale et du capitalisme. Et il ne manque pas de montrer du doigt son propre pays, la Suisse.

On voit donc comment il a essayé d’assurer ce fameux droit à l’alimentation : en combattant la liberté économique. Huit ans plus tard, il parle d’un « terrible échec », mais n’en tire aucune conséquence : son idéologie est immuable, figée dans le bronze du marxisme du XIX° siècle. Que signifie un « droit à », quand on fait tout pour aboutir à son contraire ? Fallait-il en outre que l’ambassadeur de France à l’ONU, Jean-Maurice RIPERT, déclare que « la crise alimentaire lui donne raison » ? ZIEGLER attaque pêle-mêle les multinationales, la Banque mondiale, l’OMC, le FMI et bien sûr les Etats-Unis et Israël (il accuse même Israël de violer le droit à l’alimentation des Palestiniens en érigeant un « mur d’apartheid » et en faisant de Gaza « un immense camp de concentration »).

Si c’est avec des idéologies et des hommes comme cela que l’Onu entend s’attaquer à la faim dans le monde, il y a effectivement crime contre l’humanité. Des peuples entiers sortent de la misère ; ils ont un point commun : ils ont choisi la liberté économique. Ce n’est pas politiquement correct de le dire. On préfère accuser le capitalisme. Et on s’étonne que la faim ne disparaisse pas de la planète. Tout cela est à pleurer.

Le 16 mai 2008 

 
   

 

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