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Chaque semaine apporte son lot de grèves
et l’enseignement, comme il se doit, est en première ligne. Même les manifs
de lycéens étaient, à l’évidence, téléguidées par leurs enseignants, qui
ont pris soin de rédiger les tracts de leurs élèves (certains reportages
étaient édifiants à ce sujet). Pourquoi ces manifestations ? Parce
que le gouvernement va supprimer à la rentrée 11 200 postes, mesure
pourtant insuffisante, comme nous l’avons souvent expliqué. Il aurait
fallu aller beaucoup plus loin, surtout en période de réduction des effectifs
scolaires. Mais ces manifs auront permis au ministre
Xavier DARCOS d’attirer l’attention des Français sur le scandale des professeurs
sans élèves. Pourquoi protester contre 11 200 suppressions, alors
qu’il y a l’équivalent de 23 200 enseignants sans élèves ! Pourquoi,
par exemple, 210 000 enseignants (un sur quatre) ont-ils bénéficié
d’une « décharge de service » au lieu de faire un service normal ?
Pourquoi les professeurs de terminale, « surchargés » par la
préparation du bac, ont-ils droit, pour 84 000 d’entre eux, à une
heure par semaine en moins (« heure de première chaire ») ?
Pourquoi 31 000 professeurs de géographie ou de laboratoire ont-ils
droit à une heure pour ranger leur matériel ? Pourquoi le décret
DE ROBIEN remettant en cause ces décharges
a-t-il été annulé par SARKOZY ? Et encore, comme l’écrit Le Figaro, « les
décharges syndicales, qui concernent 3 038 enseignants, ne semblent
pas en ligne de mire ». Le syndicalisme, c’est sacré, et le ministère
ajoute qu’il y a nécessité d’avoir « des représentants disponibles
pour assurer le fonctionnement démocratique du système éducatif » ;
c’est beau comme du Bernard THIBAULT, voilà un vrai gouvernement libéral !
Nous, on pensait bêtement que l’école avait besoin de liberté, pas de
syndicalistes professionnels. Bref, toutes ces fantaisies coûteraient
(sans compter les décharges syndicales), 1,65 milliards ! Car il
y a aussi les professeurs détachés dans les associations régionalistes,
les fédérations sportives, les ONG humanitaires, qui « oublient »
en général de rembourser le ministère. Il y a des enseignants à la Maison
des marais mouillés du Poitou et ceux qui sont à Ensemble contre le sida.
Et les détachés à la Fédération de rugby ou de foot, aux restaurants du
cœur ou à l’observatoire des prisons. Et quatre autres à l’association
Charles de GAULLE, et sept à la FCPE (parents d’élèves), dont on comprend
mieux la politique, puisque ce sont les profs qui conseillent les parents
et leur suggèrent leurs mots d’ordre ! Et encore 47 à la Cité des
sciences et 9 aux Eclaireurs de France et 206 ( !) à la Ligue française
de l’enseignement. Et
Le Figaro de pointer aussi du doigt les heures de décharge pour animer
des associations sportives sans aucune activité réelle. Et puis les remplaçants
qui attendent chez eux qu’on veuille bien les appeler et qui travaillent
épisodiquement. Et puis les profs sans service dans des disciplines ou
des langues rares sans élèves. Bref, on aurait pu, en supprimant toutes
ces fantaisies financées par le contribuable, supprimer deux fois plus
de postes sans aucun dommage ! Voilà pour les profs sans élèves ;
mais nos syndicalistes ont inventé les élèves sans profs, avec la grève
quasi-hebdomadaire, autre scandale. Et voici que le Président de la République,
surfant sur le raz le bol des parents, propose une loi sur le service
minimum dans l’éducation, puisque le système actuel repose sur le bon
vouloir des maires, dont beaucoup ne veulent pas entendre parler du service
minimum. Quel tollé aussitôt face à cette « scandaleuse » proposition.
Pourtant, il ne s’agit pas d’interdire le droit de grève, pas même de
le limiter, mais d’obliger les communes à mettre en place des solutions
d’accueil, pour mettre fin aux élèves sans profs. C’est vraiment le minimum.
Mais c’est trop pour nos bonnes âmes. Et pourtant, le bon sens ne dit-il pas que
« lorsqu’il s’agit des services essentiels à la vie de la société,
ces derniers doivent être toujours assurés, y compris, si c’est nécessaire,
par des mesures légales adéquates. L’abus de la grève (…) est contraire
aux exigences du bien commun de la société ». C’est du JEAN-PAUL
II (Laborem exercens 20-7). Un ultralibéral sans doute. Le 28 mai 2008
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