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Certes, les jeux ne sont pas faits et, sauf
surprise, il faudra attendre la convention démocrate de la fin août pour
savoir officiellement qui sera le candidat démocrate à l’élection présidentielle.
Les élections primaires sont pourtant presque terminées et OBAMA dispose
de 1.953 délégués contre 1.768 à Hillary CLINTON. Il faut 2 025 délégués
pour emporter la nomination. Il reste encore des primaires dans trois
états, avec 110 délégués, ce qui, à la proportionnelle, pourrait ne permettre
à personne d’atteindre les 2 025 délégués nécessaires. Les « super-délégués »
(en gros les élus au Congrès et les apparatchiks) au nombre de 796, sont
déjà près de 600 à avoir choisi, se répartissant presque par moitié. Ce
sont les 200 super-délégués non encore déterminés qui feront la différence.
Mais comme OBAMA a emporté la majorité des voix et la majorité des Etats,
il est peu probable qu’ils choisissent en masse Hillary. Celle-ci, pour l’instant, se maintient,
espérant un miracle ou une faute lourde de son adversaire. Elle peut certes
jeter l’éponge d’un jour à l’autre, mais le plus probable est qu’elle
se maintienne jusqu’à Un jugement intéressant vient d’être porté
par l’ancien porte-parole du parti républicain, à l’époque où il menait
l’offensive contre l’administration CLINTON, Newt GINGRINCH. Il vient
de faire connaître son opinion dans un entretien au Journal du Dimanche.
« OBAMA n’est pas un homme de gauche comme les autres. Rares sont
les progressistes qui peuvent se targuer d’avoir pour pasteur Jeremiah
WRIGHT . Il est un politicien d’extrême gauche, mais avec un beau
sourire. Ce n’est pas pour rien que le National Journal l’a taxé de sénateur
le plus à gauche. Mais il a été présenté comme un idéaliste plaisant,
unificateur et postracial, comme un symbole culturel charismatique. Alors
qu’il n’est qu’un politicien de gauche se comportant comme n’importe quel
politicien. Les gens commencent donc à avoir des doutes ». Quel est l’adversaire le plus redoutable
pour McCAIN : H. CLINTON ou B. OBAMA ? « Je dirai que Mme
CLINTON a un plancher plus élevé, mais un plafond plus bas. Elle ne peut
pas espérer obtenir plus de 53% des voix, mais elle n’ira certainement
pas au-dessous de 47% lors de l’élection générale. Barack OBAMA en revanche
a un plafond plus haut, mais un plancher plus bas ; il peut gagner
jusqu’à 58% de l’électorat en novembre, comme il peu n’en mobiliser que
42%. Tout dépend de quel OBAMA se présentera en septembre. Si c’est l’OBAMA
de la gauche pure qui méprise les petites villes, on a vu comment il s’est
fait ramasser en Pennsylvanie ». Qui est donc OBAMA ? « C’est un
démocrate progressiste, mais il ne faut pas le sous-estimer. Il est un
des politiciens les plus accomplis de notre temps. C’est un intellectuel
attirant, sa famille est charmante, il a galvanisé la jeunesse et il surfe
sur cette aura de la différence. Mais la Pennsylvanie et dans une moindre
mesure l’Ohio ont coupé son élan, où il n’a pu compter réellement que
sur le vote noir et le vote de la gauche intellectuelle ». Tout cela n’est-il pas bon pour McCAIN et
les républicains ? « N’est-ce pas une ironie de l’histoire que
McCAIN soit notre candidat, alors qu’on le pensait fini il y a tout juste
un an ? Pendant que les démocrates continuent d’en découdre, McCAIN
se comporte déjà en homme d’Etat avec ses voyages au Moyen-Orient, à Paris,
à Londres. Mais OBAMA reste un formidable adversaire. Il demeure aussi
le nominé démocrate le plus probable, même s’il n’est plus aussi intouchable
qu’avant ». Toutefois, McCAIN devra se méfier de ses conseillers
en communication : ses discours à C’est dire que la vraie campagne commencera
en septembre, avec rebondissements garantis ! Le 28 mai 2008
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