BESANCENOT EST « SINCÈRE »


On sait depuis LENINE que certains capitalistes sont prêts à vendre aux communistes la corde avec laquelle ils vont les pendre. Mais LENINE ne connaissait pas la société médiatique. L’eût-il connu qu’il aurait compris le parti qu’on pouvait en tirer, puisque la classe médiatique est prête à tout pour vendre de l’antenne ou du papier, y compris à promouvoir ceux qui les feraient disparaître s’ils étaient au pouvoir.

Voici par exemple Olivier BESANCENOT passant une demi-journée sur le plateau de Michel DRUCKER dans « Vivement dimanche » (France 2). DRUCKER approuve les propos en opinant du chef, la foule applaudit sur ordre du chauffeur de salle. Tous les journaux ont relaté ce grand évènement : Le Figaro lui a consacré l’intégralité de la page 2 sous le titre « Tapis rouge pour BESANCENOT ». Il a fait la une du Nouvel Obs et cinq pages dans l’Express.

Michel DRUCKER déclare au Figaro avoir trouvé l’émission intéressante. « S’il y a une émission qui n’est ni people, ni glamour, c’est bien celle-là. Olivier BESANCENOT a un vrai charisme, il occupe l’espace, il n’est pas là par hasard et je pense que beaucoup de gens seront touchés par sa sincérité ». Voilà le grand mot lâché. Il est « sincère ». Comme quelques nazis dans les années trente, et dans les années cinquante quelques staliniens. Cela ne les a pas empêchés d’être acteurs et complices des pires atrocités.

M. BESANCENOT est trotskiste, et c’est son droit. Cela veut dire qu’il représente la tendance la plus dure du communisme-marxiste. Lui-même n’est mis en avant que pour ses qualités de communiquant, pour la sympathie qu’il dégage auprès de certaines personnes, et en même temps parce qu’il est « sûr », c'est-à-dire d’une orthodoxie parfaite.

Claude SERILLON lui a demandé : « Rêvez-vous toujours du grand soir ? ». Réponse : « Je milite pour la révolution ». Voilà qui est clair. Suite du dialogue « C’est-à-dire pour une insurrection armée ? » Réponse : « C’est à la population d’y arriver d’une manière ou d’une autre. Je crois aux luttes sociales. Pour moi, la Révolution, ce n’est pas une flaque de sang à chaque coin de rue. Maintenant, la question de la violence, j’aimerais qu’on la pose au pouvoir. La violence, aujourd’hui, ce sont les expulsions ». Voilà une dialectique marxiste bien rodée. C’est la société bourgeoise capitaliste qui est violente. Donc le prolétariat ne fait que répondre sur le même plan : il ne fait que se défendre légitimement.

Le reste est du même tabac. Il est le seul homme politique à avoir un vrai travail. Personne n’ose sourire, alors qu’il est toujours disponible, donc la plupart de temps en congé, peut-être non rémunéré. Et tous les gogos, médias en tête, de lui servir la soupe. Mais c’est quoi, le trotskisme ? Un parti marxiste révolutionnaire, qui a rompu avec STALINE parce qu’il le trouvait un peu mou. Est-ce bien un projet pour le XXI° siècle ? Grâce aux médias, le voici crédible : 4% aux dernières présidentielles, 8% dans un nouveau sondage en cas d’élection (contre 2% au PCF ou à BOVE, 1% à LAGUILLER). Grâce aux médias, il a ringardisé le reste de l’extrême-gauche et apparaît comme un homme neuf (un de ceux qui a le plus d’avenir à gauche), alors qu’il nous sert le même plat que TROTSKY un siècle plus tôt. DRUCKER et les autres portent de lourdes responsabilités, espérons que l’histoire n’aura pas à les juger.

Le 28 mai 2008 

 
 
 

 

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