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Comme le canard dans l’histoire de Robert
LAMOUREUX, on a beau tirer sur l’ISF, il est toujours vivant. Non seulement
ses dégâts continuent, mais ils vont en s’amplifiant. Notre excellent
confrère Valeurs Actuelles fait sa couverture sur « ISF :
L’impôt le plus bête de France » et Le Figaro économie titre « ISF :
les capitaux fuient toujours vers l’étranger ». Le sénateur Philippe MARINI, rapporteur général
du budget au Sénat, affirme dans le même journal : « Il faut
en finir avec l’hypocrisie fiscale à la française ». Certes, l’ISF a été allégé, vidé en partie
de sa substance : une partie des sommes investies dans les PME
est désormais déductible. Mais tant que l’impôt lui-même restera, les
effets pervers continueront. Le gouvernement se complaît dans le gradualisme
alors que la thérapie de choc s’imposerait. On peut évoquer l’histoire
du paysan de BASTIAT qui coupait chaque jour un petit morceau de la
queue de son chien pour lui faire moins mal : ici, l’agonie n’en
finit plus et le malade, c'est-à-dire le contribuable, va en mourir
avant l’impôt lui-même. Philippe MARINI reconnaît dans Le Figaro
que les informations fournies par les ministères de l’économie et du
budget sont peu fiables et livrées avec retard. On n’a même pas les
données définitives pour 2006 ; ne parlons pas de 2007 ou 2008.
Ce que l’on sait, c’est qu’en dépit de réformettes de cet impôt, l’exil
fiscal augmente, puisque le principe subsiste. Au départ, on avait un
exilé fiscal en moyenne par jour pour cause d’ISF, puis on est passé
à deux par jour ; en 2006, on en est semble-t-il à 843 pour l’année,
soit 2,5 exils par jour en moyenne. Cela veut dire 150 à 200 millions d’euros
d’impôts qui s’échappent, mais cela c’est l’écume de la chose ;
ce qui compte, c’est que cela veut dire environ 2,8 milliards d’euros
qui auront quitté le pays en 2006, prenant le chemin de l’exil, en raison
de cet impôt idiot. Ces exilés ne sont pas très vieux (54 ans en moyenne),
donc ils sont encore actifs : ce sont les créateurs de richesses
qui s’en vont. Et ils vont entreprendre ailleurs. Le sénateur MARINI
le reconnaît : « Nous avons besoin de personnes aisées sur
notre territoire pour investir, créer des emplois, de la richesse et
pour, au final, payer des impôts ». Mais il ajoute « Or, sur
l’ISF, la plupart de mes collègues parlementaires se culpabilisent s’ils
osent dire la vérité ». Ces exilés ne sont pas forcément partis
dans des paradis fiscaux, mais dans des pays où l’impôt est tout simplement
moins confiscatoire : 16% sont allés en Belgique, 15% en Suisse,
11% au Royaume-Uni, 10% aux Etats-Unis. En dix ans, cela fait 4 658
familles qui sont allées voir ailleurs pour fuir l’ISF. Au total, c’est
près de 20 milliards d’euros de base imposable, qui s’est volatilisé
(et davantage encore si on actualise cette somme).Une nouvelle fois,
la preuve est faite : l’impôt tue l’impôt, ou encore trop d’impôts,
c’est pas d’impôts. Comme disaient les professeurs de finances publiques
en France au XIX° siècle dans les Facultés de droit : « Les
hauts taux tuent les totaux ». Certes, on a fait valoir que, depuis les
dernières statistiques présentées par le ministère au Sénat, qui concernent
2006, on a créé un bouclier fiscal à 50%, qui limite les effets de cumul
entre les divers impôts. Mais faut-il rappeler qu’en Allemagne, c’est
Partout à l’étranger, y compris dans Le 4 juin 2008
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