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Ce
n’est pas encore l’heure du bilan en matière d’environnement, puisque
la loi promise lors du fameux Grenelle ne sera votée sans doute qu’à l’automne,
même si le conseil des ministres vient d’en adopter le principe. Certains
proposent déjà d’aller plus loin. C’est le cas du ministre de l’écologie,
Jean-Louis BORLOO. Dans un entretien accordé aux Echos, il revient sur
la hausse du pétrole : « Nous sommes à l’aube d’un véritable
changement de société. Que ce soit parce que les réserves de pétrole se
réduisent, que la spéculation fait monter les prix ou pour lutter contre
le réchauffement de la planète, notre société doit devenir sobre en carburant ». Passons
sur les contradictions : si le pétrole devient plus cher, c’est justement
parce qu’il est plus rare et non à cause de la spéculation. Mais voici
la leçon qu’en tire le ministre : « Cette tendance confirme
l’essentiel des conclusions du Grenelle de l’environnement et nous incite
à aller plus loin. » Et d’annoncer le lancement prochain d’un grand
programme pour des énergies renouvelables. Naturellement M. BORLOO ne
pense pas que le marché puisse orienter correctement la production. Mais
qu’on se rassure, la planification pourra out régler : « Tout
est globalement arbitré, une partie des mesures sera prise dans le cadre
de la loi de finances ou dans la première loi d’application du grenelle.
D’autres sont d’ordre réglementaire ». On
aura droit à de nouvelles infrastructures de transport (public), et à
une transformation de l’urbanisme, afin de ne plus travailler loin de
son domicile (on pourrait suggérer la création de phalanstères…). Les
agriculteurs eux auront droit aux panneaux photovoltaïques, au petit éolien,
à la biomasse. Mais le gouvernement va surtout développer l’idée du bonus-malus,
déjà en œuvre pour l‘automobile. En effet, le
ministre constate que les ventes de modèles sobres ont augmenté de 45%
et celles de modèles gourmands ont baissé de 40%. C’est
logique, puisque les clients sont sensibles au prix. Sauf que le bonus-malus
crée de faux prix et donc provoque de fausses décisions en en perturbant
le mécanisme. Qu’à cela ne tienne, on va généraliser le mécanisme. « Dans
le cadre de la loi de finances, je souhaiterais, dès 2009, qu’une vingtaine
de produits se voient appliquer un mécanisme de bonus-malus. Si nous imposons
un tel système sur les appareils électroniques, les consommateurs seront
tentés de s’orienter rapidement vers les appareils moins énergétiques ».
On pourrait faire encore plus simple : interdire certains achats
et en rendre d’autres obligatoires. C’est de l’étatisme : comme en
URSS, l’Etat fixera les prix pour orienter la consommation. On va commencer
par 20 produits, puis on généralisera le processus. L’Etat sait ce qui
est bon pour nous. En
dépit de tous ces efforts méritoires pour aller dans le sens de l’écologie
politique, les écologistes professionnels ne sont pas satisfaits. Notre
ami Nicolas HULOT vient d’expliquer qu’il n’était pas content, que le
gouvernement n’allait pas assez loin. Dans un entretien accordé à l’Express,
il a enfin indiqué où il voulait en venir.
« La seule solution est de changer nos modes de consommation
pour économiser l’énergie, d’aller vers une société de sobriété ».
Et de proposer « l’énergie du vent » pour les bateaux, sans
que personne ne s’écroule de rire. Lui-même doit sûrement se rendre dans
ses meetings internationaux en bateau à voile. Heureusement, dit-il, « la prise de conscience qu’il y a une crise écologique est spectaculaire. Le facteur écologique est sorti de son ghetto grâce à notre pacte, au Grenelle de l’environnement, aux travaux de Nicholas STERN ou d’AL GORE ». Il faut passer « d’une croissance débridée à une croissance régulée ».. « Il faut une fiscalité écologique, avec une contribution énergie-climat qui donne un prix au carbone ». Nous y voilà : toutes les utopies se terminent toujours au mieux par des impôts, au pire par le goulag. Qu’on se rassure, le produit de cette contribution sera redistribué, avec « une allocation égale pour tous ! ». « L’écologie peut être la base d’une nouvelle politique de redistribution ». Et enfin le sommet : « La réponse peut être la décroissance, qui n’est pas un gros mot, dans certains domaines.». « Une croissance infinie dans un monde fini est une idée folle ». « Les règles du marché ne fonctionnent plus dans un monde où les ressources se tarissent ». Il a vraiment tout compris. Le 20 juin 2008
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