L'ECOLE PRIVEE EN LIBERTE SURVEILLEE


Une nouvelle fois, à l’occasion de la rentrée, les difficultés pour inscrire les enfants dans les écoles libres font apparaître les impasses de la participation du secteur privé au service public de l’éducation nationale. Les faits sont strictement identiques d’une année sur l’autre. L’enseignement catholique, qui constitue l’essentiel de l’enseignement libre, a refusé 25 000 élèves à l’occasion de cette rentrée, selon Paul MALATRE, secrétaire général de l’enseignement catholique.

Le Figaro a calculé que cela représentait une moyenne de trois élèves par établissements. Or ce phénomène dure depuis des années et va en s’accentuant. Dans certaines villes, notamment dans le sud (Perpignan par exemple) les inscriptions doivent être prises deux ans à l’avance. Mais le Nord est également touché, par exemple le Pas de Calais, pour les établissements comportant des classes préparatoires ainsi que pour certains lycées professionnels. Il en va de même dans l’Ouest.

A Paris, « on craque » selon la direction de l’enseignement catholique et il y a eu de nombreux élevés refusés, faute de place, à Fénelon, Stanislas, Massillon, Sainte Clotilde, Paul Claudel, Sion ou La Rochefoucauld et ailleurs. Parfois, le nombre d’inscrits pas classe dépasse les limites du raisonnable.

Pourquoi cet engouement ? Pour les uns pour des raisons religieuses, pour beaucoup en raison de la qualité de l’enseignement, de la transmission des valeurs morales, de la discipline, de l’absence de grèves. Il faut reconnaître par exemple que le secteur privé a été bien moins touché que le secteur public par les grèves anti-CPE.

Mais pourquoi le privé ne peut-il pas répondre à cette forte demande ? Parce qu’il est totalement prisonnier du service public de l’enseignement. Les attributions de postes de professeurs sont faites au prorata de ceux attribués dans le public, même si les effectifs d’élèves progressent dans le privé et diminuent dans le public. Résultat : 532 postes de moins dans le privé l’an dernier et encore 132 de moins cette année. Les établissements privés ne peuvent absolument pas ouvrir des classes en fonction des besoins, mais selon le bon vouloir du ministère. Résultat : les parts de marché sont pratiquement figées, avec environ 20% pour le privé.

C’est donc la bureaucratie et l’Etat qui prévalent au niveau des décisions, et pas le libre choix des parents. Or il faut voir dans quel contexte se fait cet engouement pour le secteur privé : l’indépendance de celui-ci est toute relative : pas de choix des programmes, pas de vrais choix des enseignants ou des méthodes, autrement dit une liberté surveillée. Si le secteur privé pouvait librement innover sur les plans pédagogiques ou autres, la demande serait encore beaucoup plus forte.

Comme l’explique très bien le guide du candidat présentée par l’Aleps et Jacques GARELLO, il y a une solution simple à tous ces problèmes et cette solution d’ailleurs devrait s’appliquer au secteur public comme au secteur privé : c’est la vraie liberté de choix des parents (fin de la carte scolaire), c’est l’autonomie de tous les établissements (pour le recrutement des élèves comme des maîtres, pour les programmes comme les financements ou les méthodes pédagogiques), en un mot c’est la concurrence.

Quand aux moyens financiers fournis par l’Etat, s’il en faut pour permettre l’accès de tous à l’éducation, ils devraient être strictement proportionnels au nombre d’inscrits dans les établissements, par un système de chèques éducation ou de bons scolaires. Et si les libres choix des parents faisaient que 40 ou 50% des élèves voulaient aller dans le secteur privé, celui-ci devrait recevoir 40 ou 50% des moyens.  Seule la concurrence permet d’assurer à la fois la liberté de choix des parents pour leurs enfants et la meilleure qualité de l’enseignement pour tous. Avec le système actuel, la liberté est surveillée et le choix est largement illusoire.

 

 

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