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| LA PLANETE SE RECHAUFFERA, MEME SI ELLE SE REFROIDIT Non : vous n’avez pas mal lu ce titre, et ce qui vous semble incongru est pourtant bien réel. Mais vous ne possédez pas toute la finesse de la dialectique de Madame Chantal Jouanno, notre charmante ministre de l’écologie. Il faut simplement distinguer le court terme et le long terme. A la question que lui posait à son retour de Luxembourg un journaliste mal intentionné, qui faisait état des doutes actuels sur le réchauffement climatique, Madame Jouanno a savamment expliqué : « A court terme, la planète se refroidit peut-être, mais il faut voir plus loin : dans 50 ans elle pourrait se réchauffer ». Donc, tout ce que disent les verts de rouge ou de gris est légitimé : on doit bien lutter contre le réchauffement, et en particulier contre les émissions de CO2. Là-dessus la jeune dame nous a tiré les larmes des yeux en précisant que le long terme ce sont nos enfants et nos petits enfants. Donc, dans le long terme, le rendez-vous avec le réchauffement est inéluctable, et s’en désintéresser c’est négliger notre progéniture. A vos mouchoirs. Mais aussi à vos porte-monnaie, car à court terme toujours nous devons payer pour protéger ladite progéniture de toutes les catastrophes qui menacent une population vivant sur une planète réchauffée « de 6 degrés » : pas moins. Il faut dire que les écologistes ont de quoi être dans leurs petites sandales à la veille du sommet de Copenhague. De tous côtés jaillissent des manifestes et des rapports de scientifiques qui concluent au refroidissement, d’ores et déjà enregistré. « C’est une simple stabilisation » explique Chantal Jouanno. Pourtant, des quotidiens ayant quelque sympathie pour la gauche écologiste, comme LeMonde, consacrent désormais de pleines pages aux doutes qui assaillent les scientifiques sur le réchauffement, mais aussi sur les méfaits qu’il entraînerait et qui pourraient être des bienfaits, et encore sur la nocivité du CO2, un gaz indispensable au cycle naturel, etc. Bref, les spéculations sur le réchauffement sont tout à fait déraisonnables, et les uns après les autres les éléments de cette construction idéologique s’effondrent : pas de réchauffement inquiétant, pas de nuisance du CO2, et aucune responsabilité des hommes dans les dérèglements climatiques, ni aucune des accusations du capitalisme et de la mondialisation lancées par Nicolas Hulot dans son chef d’œuvre du septième art. Mais au fait qu’allait-elle faire à Luxembourg ? Elle allait rejoindre les autres ministres européens en charge de l’écologie dans leurs pays respectifs, désireux de préparer le fameux sommet de Copenhague dont on n’a pas fini de nous rebattre les oreilles. Il fallait, disait-on, que les Européens présentent un front uni, une position réellement « européenne » dans ce sommet destiné à étendre le fameux protocole de Kyoto. On laisse entendre que le sommet verrait un revirement spectaculaire des Etats-Unis, Obama étant le disciple fidèle de Al Gore. Mais rien n’est moins sûr, compte tenu des coûts astronomiques des mesures envisagées par les Kyotistes. De toutes façons Chinois et Indiens traînent les pieds. Fort heureusement les Européens seront là pour donner la leçon au reste du monde et, au sein de l’Europe, les Français sont bien placés pour faire la morale à leurs partenaires. A vrai dire, les résultats de Luxembourg sont à cet égard bien médiocres, en dépit des communiqués des médias acquis à la verdure. La « taxe carbone aux frontières » a reçu un accueil assez frais, refroidi. La mesure consisterait, on le sait, à mettre des droits de douane compensatoires sur les produits en provenance de pays qui ne font pas chez eux l’effort d’instaurer une taxe carbone. Raisonnement simple : nous faisons payer plus d’impôts à nos producteurs, nous défendons la planète alors que vous la polluez, donc nous devons restaurer la compétitivité de nos productions en haussant le prix de vos produits. Il faudrait que la taxe soit déjà acceptée au niveau de l’Union, puis de l’Europe (les Suisses, Russes et autres l’admettraient-elle ?). Puis les Européens pourraient tout à leur aise taxer les produits chinois et indiens. Le dumping environnemental est de même nature que le dumping fiscal, et le dumping social. Le principe de précaution devient ici un principe de protectionnisme. Il
nous paraît rassurant de voir le doute s’inscrire et se déclarer ouvertement devant
tant d’aberrations mentales. Il nous paraît inquiétant de voir le gouvernement
français persévérer dans la ligne verte. Il est vrai, comme dit Chantal Jouanno,
que nos éminents écologistes sont les seuls à penser aux générations futures.
« Après nous le déluge » prend ici une nouvelle signification :
en France on prépare l’arche de Noë. Les écologistes y réservent leurs cabines.
Le 28 Octobre 2009
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