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UNIVERSITES :
C’EST LA FAUTE A SHANGHAI ! |
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Comme
chaque année, l’été a vu la publication du désormais célèbre classement
de Shanghai. Et, comme chaque année, les universités françaises sont
mal classées. La première (Paris VI) est 42°, 3 universités françaises
seulement dans le top 100 et 23 dans le top 500. Nous voilà classé septième
pays, juste après la Suède. Réaction immédiate et très française :
c’est la faute aux modalités de calcul du classement, c’est la faute
au thermomètre : si nous avons de la fièvre, changeons le thermomètre. Il
est vrai que ce classement n’est pas sans défaut. Il privilégie la seule
recherche, au détriment de la pédagogie et des débouchés, qui devraient
aussi compter ; il donne un poids important au nombre de prix Nobel,
or ce prix n’existe pas dans certaines disciplines où la France a bonne
réputation (comme le droit) ; seules comptent les publications
dans les revues anglo-saxonnes, alors qu’il y a d’excellentes publications
en français (en droit ou en lettres notamment), qui ne comptent pas.
Tout cela est vrai. Le classement de Shanghaï n’est pas parfait. Mais,
si on regarde les résultats, on trouve dans les dix premières universités
huit américaines (Harvard, Stanford, Berkeley, MIT, California Institute
of technology, Columbia, Princeton et Chicago) et deux anglaises (Cambridge
et Oxford) : qui oserait dire que ce classement en tête est immérité ?
Il y a bien là les principales universités mondiales, c’est l’évidence
même. Madame
le ministre Valérie PECRESSE a expliqué que cela justifiait la réforme
en cours et montrait les faiblesses des universités françaises. Si elle
a raison sur ce dernier point, il n’est pas sûr que sa réforme soit
à la dimension du problème. C’est ainsi qu’une partie importante de
la recherche française a lieu en dehors des universités et n’est pas
comptabilisée dans le classement de Shanghaï, car elle a lieu dans des organismes spécifiques,
comme le CNRS. Outre que ce système soit bureaucratique et inefficace
(il n’y avait guère d’équivalent dans le monde que dans l’ex-URSS),
il a l’inconvénient de couper l’enseignement de la recherche, alors
que partout dans le monde les deux choses sont liées. Une réforme utile
consisterait à fermer ces bureaucraties et à rattacher les unités de
recherche aux seules universités. Madame
PECRESSE trouve nos universités trop petites et trop dispersées :
elle pousse donc à la constitution de PRES (Pôles de recherche et d’enseignement
supérieur), visant à rapprocher plusieurs universités, voire à la fusion
d’universités existantes. C’est un contre-sens total car ces monstres
bureaucratiques (70 000 étudiants par exemple pour le projet de
fusion des universités d’Aix-Marseille) n’ont rien à voir avec les premières
universités mondiales, dont les effectifs sont souvent inférieurs à
10 000 étudiants. Ce n’est pas un problème de nombre, mais de qualité :
on ne fera pas une université de qualité en regroupant 70 000 étudiants,
dont la plupart n’ont pas le niveau requis. Certes,
le ministre prétend avoir mis en route l’autonomie des universités ;
il est vrai que certaines mesures ont été prises et qu’il ne faudra
pas aller au ministère pour prendre certaines décisions jusque là centralisées.
Mais la réforme PECRESSE fait la part belle aux syndicats (Snesup,
UNEF, CGT) qui n’ont que faire de la qualité de la recherche et surtout
elle néglige l’essentiel : les universités ne peuvent toujours
pas choisir librement leurs étudiants (pas de sélection, sujet tabou ;
tout le monde peut aller à l’université, quitte à l’abandonner sans
diplôme au bout de trois ans, après avoir ruiné pour rien le contribuable). Il
n’y a pas d’autonomie des programmes (les fameux diplômes d’Etat, dont
le ministère discute la moindre virgule) ; pas de concurrence, ni
entre universités publiques (on les pousse à fusionner pour accentuer
le monopole), ni surtout avec les universités privées (monopole de collation
des grades) ; pas de liberté de fixation des tarifs (le ministre
vient de rappeler que tout dépassement du montant des droits d’inscription
se terminerait devant le tribunal administratif) ; pas de liberté
de la recherche (seul le ministère labellise les équipes et distribue
les crédits). Ce qui est étonnant avec tout cela, c’est que l’
on trouve encore quelques bonnes universités françaises. La solution
est pourtant simple, comme partout ; privatisation, liberté, concurrence. Le 11 septembre
2008
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