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DEPUTES EUROPEENS :
LE CIEL EST TOMBE SUR LEUR TETE |
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C’est
une affaire en deux épisodes, le premier s’est déroulé en août, le second
est encore en cours. Le Parlement européen se réunit une fois par mois
à Strasbourg, pour une session de quatre jours. Le reste du temps, il
fonctionne à Bruxelles, en particulier pour les réunions de commissions
et pour tout le travail quotidien et les sessions mini-plénières.
Cela fait partie des partages organisés au moment des traités européens,
entre Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg. Cet
été, le 7 août, en deux temps, vers 18 heures, puis 22 heures 30, deux
cents mètres carrés de plafond se sont brutalement effondrés, manifestement
en raison d’un vice de construction, les attaches en caoutchouc ayant
cédé : dix tonnes de gravats se sont écrasés sur les fauteuils. L’hémicycle
était heureusement vide, les députés ne siégeant pas en août, et les nombreux
visiteurs, notamment des groupes de jeunes, étant absents à cette heure
là. On
a alors réalisé que l’on avait échappé à la catastrophe, car si le Parlement
avait été en séance plénière, il y aurait eu selon les experts 200 blessés
et 50 morts : compte tenu des places strictement attribuées, tous
les non-inscrits (comme le front national), le tiers du groupe PPE-DE
(où siègent les UMP français) et la quasi-totalité des commissaires européens,
BARROSO en tête. Cela aurait porté un sacré coup à l’image de l’hospitalité
française. Réaction immédiate : on a étouffé l’affaire, comme si
on pouvait passer sous silence un événement de cette ampleur et les travaux
qu’il implique. Il a fallu deux jours pour qu’une télévision locale vienne
filmer et diffuse les images sur le net, et cinq jours pour une réaction
officielle. On
s’est donc mis immédiatement au travail pour refaire le plafond en question,
les assurances finançant à hauteur de 3 ou 4 millions d’euros. Impossible
d’aller assez vite pour la session qui a eu lieu le 1er septembre :
elle s’est donc déroulée à Bruxelles ; pour celle de fin septembre,
ce sera pareil, car, si les travaux sont terminés, la commission de sécurité
n’a pas encore donné le feu vert et on a trouvé d’autres malfaçons. Au
delà de l’anecdote, cette affaire a eu des prolongements tout au long
du mois de septembre. Cela a encore attiré l’attention sur ces sessions
plénières de Strasbourg, qui, selon le traité d’Amsterdam, doivent avoir
lieu dans cette ville douze fois par an. Déjà, compte tenu de l’absence
de session en août (vacances obligent), il y a deux sessions en septembre.
Cette année, la première a eu lieu à Bruxelles et il en sera de même pour
la seconde ; on se creuse alors la tête pour savoir comment respecter
le traité cette année : on envisage de scinder en deux sessions de
deux jours la session mensuelle de quatre jours. Mais
surtout cela a relancé la polémique. Une pétition pour que le Parlement
ne se réunisse plus à Strasbourg, mais seulement à Bruxelles, a recueilli
des centaines de milliers de signatures (1,2 million). 81% des eurodéputés
ne veulent plus de Strasbourg. Outre les questions pratiques (pour de
nombreux eurodéputés, Bruxelles est beaucoup plus facile d’accès aérien
que Strasbourg), c’est surtout une question de coût, évalué à environ
200 millions chaque année. Sans parler, argument à la mode, de 20 000
tonnes de CO2 en plus ! Pour quatre jours de session, on transporte
les députés (785), mais aussi tout le personnel nécessaire (des hôtesses
aux assistants, des secrétaires aux interprètes, 3000 personnes !)
et tout le matériel, avec une armée de camions. Avant le départ, les couloirs
du Parlement à Bruxelles sont remplis de cantines prêtes à être embarquées,
au cas où il manquerait un document quelconque. Bien
entendu, la France ne veut entendre parler de rien, au nom de notre prestige
et des intérêts commerciaux de Strasbourg, seule victime de cet accident ;
mais il faut bien dire que cela mobilise tout un ensemble d’infrastructures
inoccupées le reste du temps pour quatre jours par mois. Il semble que
depuis que les députés ont failli recevoir le plafond sur leur tête, cela
les ait fait réfléchir et que la question ait rebondi. Le feuilleton n’est
pas terminé. Commentaire du président britannique du groupe libéral :
« Il faut que le ciel leur tombe sur la tête pour que les Gaulois
acceptent que le parlement européen siège à Bruxelles ». Le 19 septembre
2008
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