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L’ÉCONOMIE FRANÇAISE SUR LE SABLE |
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Si les Français vont partir en vacances
dans les semaines qui viennent, l’économie française, pour sa part,
est déjà sur le sable. Pour se prélasser après un bon effort, ou pour
s’enliser ? Le gouvernement pratique la méthode Coué et demeure
optimiste, mais tous les instituts, privés, publics, internationaux,
affichent un pessimisme certain. Le gouvernement ne peut pas se contenter
de dire qu’ils se trompent tous. Si l’économie française ne se porte
pas bien, c’est parce que les réformes sont toujours à faire :
seul le remède libéral pourrait sauver l’économie française. Le moral au plus bas, la croissance aussi Le premier indicateur, c’est la dégradation
du moral des ménages. Il ne faut pas sous-estimer l’importance de ces
indicateurs psychologiques, car la façon dont les ménages (ou les entrepreneurs)
perçoivent le présent et surtout l’avenir est parfois plus importante
que la réalité chiffrée. Or le moral des ménages a connu en mai (dernier
mois publié) sa huitième baisse consécutive. L’indicateur global du
moral des ménages est au plus bas historiquement depuis la création
de l’indice, à – 41 (solde des réponses négatives par rapport aux réponses
positives). Ils sont en particulier pessimistes sur leur situation financière
et même pour le chômage. Et les industriels ne sont guère plus optimistes. Ensuite, il y a la croissance économique.
La ministre de l’économie maintient ses prévisions optimistes et explique
que les autres prévisions ne reflètent pas la réalité. Elle s’est glorifiée
du chiffre du premier trimestre (0,6% de hausse du PIB). Mais lorsque
toutes les prévisions coïncident (sauf celles de Bercy), il doit y avoir
quelque chose de vrai. L’OCDE, par exemple, qui a publié ses prévisions
pour tous les pays et donc qui ne vise pas spécialement L’inflation reste élevée, supérieure
à 3% (3,3%), même si nous n’y pouvons pas grand-chose, puisque la politique
monétaire est passée sous la tutelle de Plus de chômage et plus de déficits que les autres Pouvons-nous au moins nous réjouir
de l’emploi ? Le dernier taux de chômage officiel est de 7,2% (7,5%
avec l’outre-mer). C’est indiscutablement un progrès (nous étions à
8,4% il y a un an). Mais faut-il avoir la cruauté de rappeler que selon
les statistiques officielles de l’OCDE, l’ensemble des pays développés
est à 5,5% en moyenne, le Japon à 4,0%, les Etats-Unis, que l’on dit
si mal en point, à 5,0%, de même que le Royaume-Uni. Et surtout ce recul
du taux de chômage ne vient pas de créations massives d’emplois, mais
de facteurs démographiques transitoires (ralentissement de la population
active). Or, à terme, avoir moins d’actifs, c’est avoir plus de chômeurs,
puisque l’offre finira par se restreindre. Le reste est à l’avenant : investissements
productifs faibles, consommation en baisse, pouvoir d’achat en recul,
commerce extérieur en déficit historique, ce qui traduit nos faiblesses
compétitives. Il y a surtout la dégradation, dénoncée par Bruxelles,
des finances publiques. On se rapproche dangereusement de la limite
des 3%, l’endettement public est toujours largement supérieur à 60%.
Mais il n’y a pas que la commission européenne qui nous alerte pour
nos déficits, puisque l’OCDE estime que le « dérapage devrait se
poursuivre jusqu’à amener Paris à la limite de la sortie de route »,
selon le compte rendu qu’en fait Les Echos. La belle au bois dormant Résumons : l’économie française
est donc déjà en vacances, en roue libre, en RTT permanente. Faut-il
s’en étonner ? Rien n’a fondamentalement changé depuis un an. On
a beaucoup parlé de réformes, mais celles qui sont vitales n’ont pas
eu lieu. Faut-il rappeler que nous sommes champions du monde des dépenses
publiques (plus de 54% du PIB) ? Or les dépenses publiques continuent
à progresser. S’il y a une légère diminution du nombre de fonctionnaires
de l’Etat, ceux des collectivités locales ne cessent de progresser.
Faut-il rappeler la situation fiscale, avec un impôt sur le revenu pouvant
aller jusqu’à 50% (CSG incluse), un impôt sur les sociétés qui est un
des plus élevés d’Europe, des impôts locaux qui explosent ? Or
que propose-t-on ? De nouvelles taxes pour régler la hausse de
l’essence, ou pour lutter contre la dégradation de l’environnement ou
pour payer la télévision publique. Faut-il alors se tourner vers Les rigidités administratives, sociales,
structurelles persistent : SMIC créateur de chômage, limitation
du licenciement, donc de l’embauche, contraintes pesant sur les entreprises,
professions fermées, services publics ruineux, prix fixés par la puissance
publique, absence de concurrence, protectionnisme, entreprises publiques,…
L’héritage de COLBERT est toujours présent et nous n’avons guère progressé
depuis, au contraire. Reconnaissons à Nicolas SARKOZY un
mérite : il a parlé de la nécessité de la réforme et de la rupture.
Mais il n’en a pas tiré les conséquences. Les réformes mises en œuvre
représentent à peu près 1% de ce qu’il faudrait faire : à ce rythme
là, nous en avons pour cent ans. L’économie française s’est endormie
sur le sable. |
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