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2008 :
Les derniers chiffres publiés sont
implacables : la dette publique en France a encore augmenté au troisième
trimestre 2007 et le recul promis pour l’ensemble de l’année n’aura pas lieu.
La réduction de la dette est pourtant prioritaire et elle est passée au second
plan dans la politique SARKOZY : en dépit des protestations européennes,
on verra plus tard. Est-ce grave ? Cela pèse sur les dépenses publiques (poids
des intérêts), cela réduit l’épargne disponible, donc l’investissement productif,
et cela transfère aux générations suivantes une charge intolérable, parce que
la génération au pouvoir aura refusé de faire les réformes qui s’imposaient. 20 000 euros par Français ! Les chiffres concernant la dette publique
en France sont publiés avec un certain décalage. On vient à peine de publier les
résultats du troisième trimestre 2007. Elle atteint un montant inégalé, à 1 218,3
milliards d’euros. La hausse est de 1,9 milliards en un trimestre. Il s’agit de
la dette de l’Etat, mais aussi de celle des organismes de sécurité sociale, des
organismes divers d’administrations centrales (ODAC) et des administrations publiques
locales. Est-ce beaucoup ? Tout d‘abord,
cela représente 65,9% du PIB français, ce qui est considérable et sensiblement
supérieur au maximum autorisé par les traités européens (Maastricht et Pacte de
stabilité économique en Europe), qui est de 60%. Quand on voit comment Ensuite, si l’on divise par le nombre
d’habitants de notre pays, cela représente 20 000 euros par Français. Soit
80 000 euros sur la tête d’une famille moyenne ayant deux enfants. C’est
aussi le « cadeau » que nous faisons à chaque bébé qui naît. Comme l’Etat
emprunte de plus en plus à long terme (il y a même des emprunts à 50 ans), un
jeune qui a vingt ans aujourd’hui devra supporter la charge de remboursement pendant
toute sa vie active, jusqu’à l’âge de 70 ans ! Le seul paiement des intérêts est le deuxième poste du budget Or, comme l’avait fait remarquer le
rapport PEBEREAU, ce n’est que la partie visible de l’iceberg : l’essentiel
de la dette sociale, celle des retraites des fonctionnaires, qui ne sont pas provisionnées,
répartition oblige, et qui sont donc payées chaque année par les contribuables,
s’élève à une somme presque équivalente, ce qui porte la dette publique au-delà
de 2 000 milliards, sans doute plus près de 2 500 milliards. Et c’est bien
une dette potentielle, car il faudra bien que l’Etat, donc le contribuable, paye
la retraite des fonctionnaires actuels. Le poids de cette dette publique est
devenu intolérable. Il faut d’abord payer les intérêts de la dette, année après
année. Or ce poste budgétaire est considérable, pratiquement équivalent au produit
de tout l’impôt sur le revenu. Il s’agit du deuxième poste du budget de l’Etat,
juste après l’éducation, et devant la défense : cette charge d’intérêt pèse
lourdement sur les dépenses publiques et accentue la dérive du budget. Ensuite, l’endettement nouveau année
après année pour financer les déficits, pèse sur l’épargne et en absorbe une grande
partie. L’agence France Trésor a déjà annoncé qu’elle prévoyait d’émettre, en
net, 116,5 milliards d’euros d’emprunts d’Etat en 2008 : voilà autant de
moins de disponible pour financer les investissements productifs privés, ce qui
provoque un « effet d’éviction » : les dépenses publiques ainsi
financées viennent évincer des dépenses privées qui ne pourront avoir lieu faute
de financement (ou à des coûts trop élevés). Toutes les études, à commencer par
celle de l’IREF (Institut de Recherches Economiques et Fiscales) en 2006, montrent
que l’endettement public pèse sur la croissance. Comme le souligne avec pertinence l’étude
de l’IREF l’origine de la dette est la masse de plus en plus considérable de dépenses
de fonctionnement de l’Etat, tandis que les dépenses d’équipement sont au contraire
en baisse. Dans les dépenses de fonctionnement ce sont les traitements des fonctionnaires
qui pèsent le plus lourd. Le transfert sur les générations suivantes en est donc
d’autant plus scandaleux : nous faisons payer les dépenses d’aujourd’hui
par les générations suivantes : bel exemple de solidarité intergénérationnelle,
au moment où on nous rebat les oreilles à propos de la planète que nous allons
transmettre à nos enfants. VOLTAIRE aussi bien que LAFFER Que faut-il faire ? Il ne faut
pas attendre et remettre à 2012 un commencement de solution, comme le fait le
gouvernement. Il faut revenir à l’équilibre des budgets publics, comme dans de
nombreux pays européens (de Il faut dans le même temps réduire
les impôts, car c’est la principale façon de créer des richesses nouvelles. Et
des taux d’imposition moindre, c’est à terme plus de matière imposable donc plus
de recettes fiscales, donc moins d’emprunts. C’est le principe de la courbe de
LAFFER. Invention américaine ? Non, théorie française, enseignée au 19° siècle
dans les facultés de droit (« les hauts taux tuent les totaux ») et
connue au moins dès le 18° siècle. VOLTAIRE lui-même, qui n’était pourtant pas
un expert en économie, le reconnaissait déjà : « Il me paraît que votre
secret est surtout de diminuer les impôts pour augmenter la recette. Vous confirmez
cette vérité, qu’on pourrait prendre pour un paradoxe, en rapportant l’exemple
de ce qui vient de faire un homme plus instruit peut-être que SULLY, et qui a
d’aussi grandes vues que COLBERT, avec plus de philosophie véritable dans l’esprit
que l’un et l’autre. Pendant l’année 1774, il y avait un impôt considérable établi
sur la marée fraîche ; il n’en vint, le carême, que 153 chariots. Le ministre
dont je vous parle (TURGOT) diminua l’impôt de moitié ; et cette année 1775,
il en est venu 596 chariots ; donc le roi, sur ce petit objet, a gagné plus
du double ; donc le vrai moyen d’enrichir le roi et l’Etat est de diminuer
tous les impôts sur la consommation ; et le vrai moyen de tout perdre est
de les augmenter ». Si VOLTAIRE le dit, peut-être nos « Lumières »
modernes pourraient-elles le croire plus facilement qu’un LAFFER ?
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