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| VIVE LA CONSOMMATION ! Nous l’avions prévu dans notre article
de conjoncture du 7 octobre (« La cigale sauvera-t-elle l’économie française ? ») :
jamais la consommation n’a été aussi élevée en France. Beaucoup se réjouissent,
car, comme on dit, le principal moteur de la croissance fonctionne à plein régime.
A un détail près : ce n’est pas le vrai moteur de la croissance et, tant
que l’économie française restera aussi peu compétitive, le seul effet du boom
de la consommation sera de provoquer une envolée des importations et donc du déficit
extérieur. Il n’y a aucune retombée sur la production française. Le moteur tourne
à vide. La plus forte hausse
de la consommation depuis l’an 2000 Nos ministres ne savent plus où donner
de la tête face aux « bons résultats » de la demande globale et en particulier
de la consommation des ménages. La consommation des ménages en produits manufacturés
avait progressé de 1,2% au cours du premier trimestre 2006 ; la hausse était
passée à 1,4% au second trimestre ; elle était encore de 1,2% au troisième
et le chiffre qui vient d’être publié pour le quatrième trimestre fait état d’une
progression de 1,1%. Résultat : la hausse moyenne de
la consommation des ménages en 2006 a été de 4,3%, comme aux heureux temps des
30 glorieuses de l’après-guerre. C’est la hausse de la consommation la plus rapide
depuis l’an 2000. Certes, les esprits chagrins pourraient faire observer que ce
chiffre concerne les produits industriels et pas les services, désormais majoritaires
dans la production. Mais la hausse n’en est pas moins significative et les premiers
chiffres connus sur l’alimentation ou les services confirment cette évolution
dynamique. Les principaux secteurs sont concernés.
La hausse des produits manufacturés en général est sur un mois de 1,3% et sur
un an de 6,8%. Celle des biens durables est de 2,4% en un mois et de 13,6% en
un an, chiffre faramineux. Même l’automobile, pourtant largement sinistrée, progresse
de 2,4% en un mois (mais recule encore de 1,2% en un an). Quant à l’équipement
du logement, s’il progresse de 1,9% en un mois, la hausse est en un an de 22,4%.
On pourrait encore citer le textile-cuir, en hausse de 2,1% en un mois et de 6,4%
en un an. L’épargne en recul Le chef du département conjoncture
de l’INSEE souligne que « les chiffres heureux n’ont pas d’histoire. La croissance
de la consommation en décembre, c’est business as usual ; elle s’inscrit dans la tendance des derniers
trimestres ». Bref, rien que la poursuite de l’excellente tendance antérieure.
Certes, le mois de décembre est toujours bon, avec les achats de Noël, mais les
chiffres ont été comme il se doit corrigés des variations saisonnières. Comment cette consommation a-t-elle
été possible ? Les experts soulignent l’évolution favorable des prix, comme
nous l’avons expliqué la semaine dernière, l’inflation étant limitée, quoiqu’en
pensent les ménages. Le pouvoir d’achat a en partie progressé, non tant par les
hausses des salaires que par la sagesse des prix. Mais il y a bien plus inquiétant :
si les ménages ont pu consommer beaucoup plus, en tous cas bien plus que ce que
la hausse du pouvoir d’achat aurait du permettre, c’est qu’ils ont massivement
réduit leur épargne. Le taux d’épargne des ménages ne cesse
en effet de diminuer en France, depuis des années. Il est loin le temps où il
avoisinait les 18%. L’an dernier, en 2006, il est tombé de 15% à 14,7%. Et encore,
l’essentiel de cette épargne sert à la construction et aux achats de logements,
dont les prix ont sensiblement augmenté. C’est dire que l’épargne financière est
de plus en plus faible, au moment où les besoins, publics et privés, ne cessent
de s’accroître, en particulier à cause des déficits publics : Bruxelles vient
d’ailleurs de rappeler que Paris devait « mieux faire »dans le domaine
de la dette publique et des déficits publics. Le résultat de la conjonction d‘une
épargne en baisse et de besoins publics en hausse est le fameux « effet d’éviction » :
les dépenses publiques ainsi financées par emprunt, donc par épargne, viennent « évincer »
des dépenses privées qui ne pourront avoir lieu faute de financement. On peut
penser essentiellement aux investissements productifs. Seules, les importations
progressent Et voilà le paradoxe apparent :
alors que jamais la consommation n’a été aussi dynamique, les autres indicateurs
se traînent, comme nous l’avons montré dans notre article de conjoncture du début
du mois de janvier : les investissements, la croissance, la production industrielle,
les créations d’emplois sont en stagnation ou en progression très faible :
nous sommes dixième sur treize dans la zone euro pour la croissance du PIB. L’offre
n’a pas suivi la demande contrairement à toutes les illusions keynésiennes. Car
il n’y a plus que le dernier carré des keynésiens (avant tout les énarques, donc
les hommes politiques) pour croire qu’il suffit de faire progresser la demande
pour que l’économie redémarre. Il y a longtemps que KEYNES est mort et tous les
économistes sérieux savent que c’est l’offre qui est première. Mais quand la consommation augmente
et que l’économie stagne, comment fait-on pour pouvoir consommer plus ? C’est
très simple, il suffit d’acheter à l’étranger ; Et ce qui confirme cette
analyse, c’est que le boom de la consommation n’a en réalité profité qu’aux importations,
en particulier d’équipements du logement, c'est-à-dire aux productions étrangères.
D’ailleurs, notre ministre de l’économie ne vient-il pas de reconnaître que 2006
marquerait un record absolu en matière de déficit commercial (près de 30 milliards
d’euros). On consomme, oui, mais des produits étrangers et on ne produit pas plus
en France. L’erreur est toujours la même. Si l’on
veut une vraie croissance, c’est l’offre qu’il faut encourager. Il n’y a pas 36
façons de le faire. Il faut tout simplement la libérer des contraintes réglementaires
et fiscales. C’est ce qu’a proposé le MEDEF et dont Jacques GARELLO a parlé dans
son éditorial la semaine dernière. C’est ce que refusent ceux qui envisagent une
hausse des impôts et de la bureaucratie. Il faut que les Français retrouvent le
goût d’entreprendre et de travailler plus, pour créer des richesses. Ils le retrouveront
si on leur laisse la liberté d’agir et le fruit de leurs efforts. Alors, mais
alors seulement, s’ils travaillent et produisent plus, ils pourront consommer
plus. Plus de libertés et moins de réglementations, moins d’impôts et de charges,
c’est la voie assurée du progrès de l’économie et de l’emploi.
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