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LE MONDE COMPTE SUR L’AIDE PUBLIQUE Le journal officiel de l’intelligentsia,
Le Monde, contient beaucoup d‘informations que l’on ne trouve pas ailleurs
dans la presse française. Mais les nouvelles sont présentées d’une façon
tellement biaisée que l’on frise souvent la désinformation. On devrait
lire ce journal avec beaucoup de prudence, mais apparemment la prudence
est souvent oubliée par la classe politique, ou les étudiants, pour
lesquels ce journal est hélas « la » référence. Voici une nouvelle preuve de désinformation
: dans un article consacré à l’aide publique au développement, Le Monde
déplore son insuffisance car elle a permis de sortir de très nombreux
peuples de la misère. Voilà pourtant dix ans que Clinton lui-même avait
croisé le fer avec Chirac sur cette question : aide ou commerce
? Les faits et la théorie le montrent : l’aide est un cadeau empoisonné,
seul le commerce permet aux pays d’émerger. 104,4 milliards de dollars Revenons au Monde. L’article en question
a toutes les apparences de l’objectivité. D’ailleurs, le titre lui-même
peut passer pour lucide : « L’aide au développement n’est
pas adaptée aux besoins ». Mais il n’a en fait rien à voir avec
le contenu… Les chiffres fournis sont nombreux et précis, avec des sources
fiables, comme l’OCDE. Il s’agit de l’aide publique au développement,
apportée par les 22 membres de CAD (Comité d’aide au développement)
de l’OCDE. En tout, 104,4 milliards de dollars, soit 71,2 milliards
d’euros (en 2006). L’article s’appuie sur un rapport de
l’OCDE de 2007 et fournit les chiffres de 2006. Cette aide publique
atteint en moyenne 0,33% du revenu national brut, alors que l’objectif
du millénaire pour le développement demandait de la porter à 0,7%. Bien
entendu, cet objectif est arbitraire, mais il permet de dire que l’effort
est insuffisant. Peu de pays atteignent ou dépassent
ces 0,7%, essentiellement les pays nordiques, Suède en tête (1,02%),
puis Norvège (0,89%). Le pourcentage le plus faible est celui des Etats-Unis,
avec 0,18%, mais Le Monde reconnaît que les « Etats-Unis sont bien
les plus généreux en chiffre absolu », avec 23,53 milliards, le
quart de l’aide mondiale. La France est à peine au dessus de la moyenne.
Sur tous ces points, nous suivrons volontiers ce journal. La pauvreté recule, en dépit de l’aide publique La où les choses se gâtent à nos yeux,
c’est lorsqu’on revient au début de l’article. Les 104,4 milliards de
dollars d’aide publique « ont amélioré les conditions de vie des
populations les plus pauvres ». La preuve ? « Le pourcentage
des personnes vivant avec moins de un dollar par jour a baissé, passant
de 29,6% de la population mondiale en 1990, à 19,4% en 2004. Le taux
de scolarisation dans le primaire est passé, dans le même temps, de
79% à 86%. Le nombre de décès imputables à la rougeole est revenu de
757 000 en 2000 à 242 000 en 2006, soit un recul de 68% et
même de 91% pour l’Afrique subsaharienne seule ». Tout cela n’est pas discutable et on
peut s’en féliciter. Mais Le Monde confond corrélation et causalité.
Il se trouve que la pauvreté recule et que l’aide publique existe, mais
il n’y a aucun lien entre les deux : la pauvreté recule dans les
pays qui se sont ouverts au commerce, mais pas du tout dans les pays
qui ont « bénéficié » de l’aide publique. Parmi les pays qui se sont arrachés
à la misère de façon significative, aucun n’a été protectionniste, et
aucun n’a reçu d’aide internationale : Inde, Chine, bien sûr, mais
aussi la Thaïlande, le Salvador, le Costa Rica, le Botswana, l’île Maurice,
et de manière générale la moitié des 50 pays à la croissance la plus
rapide. Quant à l’aide de l’OCDE, elle n’a malheureusement pas changé
grand-chose en Afrique équatoriale et dans l’Est africain. Le Zimbabwe
et Madagascar sont des modèles d’argent public dilapidé par les gouvernements
destinataires. La Libye, l’Algérie et la Russie ne vivent que de leurs
rentes. On sait depuis au moins trente ans,
avec les premières études du FMI (qui ont d’ailleurs modifié sa politique)
que l’aide publique a été inefficace, sauf pour enrichir une partie
de la nomenklatura locale : la population, pour sa part, n’en a
pas vu la couleur. Il est bien vrai, Le Monde a raison, que la pauvreté recule. Une partie
du recul de la pauvreté s’explique bien par une aide, mais c’est l’aide
privée, décentralisée, qui atteint son but en général sans pertes bureaucratiques
et qui est ciblée : l’aide des églises, des fondations, des organismes
caritatifs, des clubs services, des ONG. Le Figaro, sur le même sujet,
note par exemple que « les fondations montent en puissance ».
C’est une aide de réseaux, ou d’un groupe à un autre : on participe
à un projet précis, pas à un vaste ensemble bureaucratique et politique.
Mais Le Monde ne peut s’empêcher de donner un coup de patte aux aides
privées des fondations, qui ne correspondent pas « aux priorités
des gouvernements des Etats destinataires ». Peut-être, mais elles
correspondent aux priorités de la population, ce qui est plus important
qu’à celle des dictateurs. Le développement va du bas vers le haut Ensuite, le recul de la pauvreté vient
des conditions internes du développement : c’est le cas du microcrédit,
comme le pratique Muhammad YUNUS, qui repose sur les initiatives locales
et le secteur privé. « Le développement va du bas vers le haut,
et non l’inverse ». Ce dont les peuples pauvres ont besoin,
c’est de voir libérer l’énergie, la volonté de progrès, la créativité
inscrites dans l’esprit et le cœur de toute personne humaine. Ils ont
besoin d’un environnement institutionnel propice à la libre entreprise
et au libre échange. Là où les libertés, notamment économiques, sont
bafouées, la pauvreté progresse ; là où les libertés se développent,
où l’Etat, ses impôts, ses dépenses, ses entreprises publiques reculent,
où le secteur privé se développe, la pauvreté recule. Le rapport annuel
sur les indices de liberté économique vient de paraître, nous en ferons
l’analyse prochainement. Il classe parmi les derniers la Corée du Nord,
Cuba, la République du Congo,
l’Iran et l’Angola. A la misère et à la ruine économique
s’ajoutent les dictatures. Par contraste c’est la liberté qui chasse
la pauvreté. Le Monde, aveuglé par l’idéologie tiers-mondiste et marxiste,
continue à nier les évidences tant humaines que statistiques :
mais ne survit-il pas lui-même grâce à l’aide publique ?
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