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| LA COMMISSION EUROPEENNE MET EN GARDE
LA FRANCE Décidément, les bonnes nouvelles internationales
s’accumulent. Après le FMI il y a un mois (« Les nouveaux gouvernants ont
de la chance », NL 916 du 28/4/2007), c’est au tour de La croissance européenne revue à la hausse Avant même les résultats de l’élection
présidentielle connus, entre les deux tours, nous avions souligné que les nouveaux
dirigeants français avaient de la chance. Jamais les prévisions de croissance
n’ont été aussi fortes dans le monde, selon le FMI (4,9% de croissance du PIB
en moyenne) et la conjoncture mondiale est en outre portée et soutenue par le
dynamisme des échanges internationaux, comme toujours facteurs de croissance. Un mois plus tard, c’est au tour de
la Commission européenne de réviser à la hausse des prévisions de croissance.
Pour la zone euro, la croissance devrait être en moyenne cette année de 2,6%,
au lieu des 2,4% prévus, et de 2,5% en 2008. Pour l’ensemble des 27, c’est encore
mieux, la croissance du Pib devrait être cette année de 2,9% (au lieu de 2,7%).
C’est dire que les pays de l’Est, en particulier, font mieux que ceux de la zone
euro. La croissance devrait être confortable
également en Angleterre (2,7%) et surtout en Espagne (3,7%). Mais le progrès le
plus spectaculaire, comme nous l’avions annoncé il y a quinze jours (NL 918 du
12 mai) concernerait l’Allemagne, qui passerait d’une prévision de 1,8% il y a
encore quelques mois à 2,5%. Cela s’explique par un grand dynamisme des investissements
et des exportations, grâce aux efforts de compétitivité, et aussi par les réformes
sur le marché du travail, pour le rendre plus flexible et inciter les chômeurs
à accepter un emploi.
Diminuer les dépenses publiques Cette croissance plus forte dans tous
les pays aura, selon Et la France ? La Commission européenne
est prudente, car ses prévisions se font à politique économique inchangée. Avec
la politique du gouvernement sortant, la croissance française
reste l’une des plus faibles d’Europe : 2,4% en 2007 et 2,3% en 2008.
Mais l’exercice ici n’a pas le même sens que pour les autres pays, puisque, du
moins on peut l’espérer, la politique économique devrait enfin changer et certaines
réformes de structure être envisagées. La réunion des ministres de l’économie
de l’Eurogroupe a aussi été l’occasion pour rappeler la nécessité de faire des
efforts (en particulier sur la baisse des dépenses publiques) afin de créer des « marges
de manœuvre » pour « améliorer la productivité et la compétitivité »
et faire face aussi aux problèmes venant du vieillissement de la population :
on n’est pas dans une logique de soutien de la demande, mais d’encouragement
de l’offre. Réduction de la dette et indépendance de la BCE Plus généralement, comme le titre notre
confrère Les Echos : « Les grands argentiers européens mettent en garde
Nicolas SARKOZY ». Contre quoi ? « Contre la tentation de laisser
filer les déficits et de s’attaquer à l’indépendance de Sur le second point, passés les discours
électoraux de circonstances, Ces avertissements n’ont pas eu l’air
d’impressionner Nicolas SARKOZY qui, à l’occasion de la conférence de presse qui
a suivi sa rencontre à Bruxelles avec Juan Manuel BARROSO, a invoqué la dépendance
de Bien entendu, les autorités européennes
s’en sont tenues avant tout à ces aspects monétaires et budgétaires de la question,
puisque c’était l’objet des rapports et réunions, mais il ne faudrait pas négliger
les réformes structurelles de fond, celles de l’Etat, celles du marché du travail,
celles de la fiscalité, celles de la protection sociale, celles du système éducatif.
L’environnement extérieur est favorable. A nous de savoir en profiter en procédant
aux réformes de fond. C’est le message des autorités européennes au nouveau gouvernement.
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