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| LES NOUVEAUX GOUVERNANTS ONT DE LA CHANCE Après les présidentielles et les législatives,
la France aura de nouveaux gouvernants. Ils se trouveront dans un environnement
économique international très favorable, de sorte qu’il ne tient qu’à eux d’en
faire bénéficier les Français ou de gaspiller cette nouvelle chance. S’ils sont capables d’amorcer les réformes
fondamentales qui permettent à notre économie de monter dans le train de la croissance,
tant mieux. S’ils tergiversent et remettent à plus tard tout ce qui doit être
fait, tant pis. Ils n’auront pas l’excuse d’une mauvaise conjoncture, puisqu’elle
est mondialement excellente. 4,9% de croissance dans le monde Nous disposons de deux rapports récents
pour nous faire une idée de la situation économique internationale à laquelle
seront confrontés les nouveaux gouvernants : un premier rapport du FMI sur
la croissance mondiale, et un second de l’OMC sur le commerce international. Du coté du Fonds Monétaire International,
c’est un rapport optimiste qui vient d’être publié. Globalement, la croissance
de l’économie mondiale devrait être en 2007 de 4,9% et ce chiffre devrait être
identique en 2008 : autrement dit, la croissance mondiale continuera à être
forte et dynamique. C’est la cinquième année que le monde connaît une très forte
croissance et il faut remonter aux années 50 et 60 pour retrouver un cycle d’expansion
aussi long. Autre élément très positif : une
nouvelle fois, ce sont les pays du « tiers-monde » qui emportent la
palme de la croissance. Cela fait des années que cela dure, ce qui signifie que,
contrairement à tous les discours officiels, les écarts entre pays riches et pays
pauvres se resserrent et qu’un vrai processus de développement est entamé dans
de nombreux pays. En Chine, la croissance devrait être encore de 10% en 2007 et
de 9,5% en 2008. En Inde, le PIB augmenterait de 8,4% cette année et de 7,8% l’an
prochain. Des échanges internationaux en hausse de 8% Il est vrai que la situation sera moins
brillante dans les pays développés. Mais enfin, on devrait avoir 2,3% de croissance
au Japon en 2007, signe que ce pays en a fini avec la déflation. Aux Etats-Unis,
on observe un ralentissement passager, dû en particulier à l’éclatement de la
bulle immobilière, avec 2,2% de croissance en 2007, mais l’économie devrait redémarrer
dès l’an prochain (2,8%). En Europe, le Royaume-Uni devrait être
à 2,9% et 2,7%, et la zone euro à 2,3%. Et la France ? Elle devrait être
lanterne rouge, à politique inchangée, avec l’Allemagne, avec 2% et 2,4% de croissance
en 2007 et 2008. Cela fait de la France l’un des pays les plus mal placés. On ne peut s’empêcher de rapprocher
ce dynamisme de l’économie mondiale de celui du commerce international. Selon
les informations fournies cette fois par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC),
le commerce mondial a augmenté de 8% l’an dernier, ce qui a servi de moteur à
la croissance. Une nouvelle fois, la preuve est faite que le commerce est un facteur
de développement des pays pauvres et constitue la meilleure forme d’aide à la
croissance. Comment ne pas voir que la Chine, désormais
troisième exportateur mondial avec 8% des exportations du monde, et qui est en
passe de doubler les Etats-Unis, second exportateur (8,6% des exportations mondiales),
connaît une croissance de 27% cette année de ses ventes à l’étranger : rien
de tel pour soutenir sa croissance. L’Allemagne n’a pas connu de vraie récession,
en dépit des erreurs de politique économique (hausse du taux de TVA) car l’économie
a été tirée par les exportations (l’Allemagne a des excédents records et elle
reste le premier exportateur mondial avec 9,2% du commerce mondial). Au Japon
aussi (quatrième exportateur mondial) les exportations ont empêché la récession
de se poursuivre. Ailleurs, dans les pays en développement, le commerce est en
expansion rapide et a lui aussi tiré vers le haut la croissance (36% des exportations
mondiales viennent du tiers-monde). Sans réformes, pas de croissance La France montre qu’elle a des atouts :
nous sommes le cinquième exportateur mondial, mais nous sommes talonnés par les
Pays-Bas, l’Angleterre et l’Italie et surtout nos exportations progressent beaucoup
moins vite que nos importations : les Français consomment plus qu’ils ne
produisent, car nous manquons de compétitivité. Plus généralement, nous ne profitons
pas de cet environnement international favorable, car nous avons refusé jusqu’à
présent de procéder aux réformes nécessaires. Aurons-nous un changement ?
Le ton dominant de la campagne actuelle n’a guère été encourageant : tous
les candidats ont promis une « protection » contre la mondialisation,
contre l’Europe, contre les délocalisations, contre la concurrence. On leur pardonnerait
pour une fois de ne pas tenir leurs promesses sur ce point ! Le chemin des réformes est pourtant
tout tracé, il suffit d’imiter la plupart de nos partenaires. Ce chemin est rappelé
dans notre guide du candidat (www.guideducandidat.org)
qui conserve toute son actualité et que, dans leur ensemble, les principaux candidats
-et les autres- ont refusé, n’ayant pas obtenu « la moyenne » lors de
nos tests d’évaluation de leur libéralisme. Ces réformes sont celles du marché du travail, dont nous avons déjà parlé, celles de la fiscalité, celles de la protection sociale, celles de l’éducation et celles de l’Etat. Elles tournent toutes autour de la baisse des impôts et des dépenses, de la privatisation, de la dérégulation, du désengagement de l’Etat, de la flexibilité, de la mobilité, de la concurrence, de l’offre et de l’entreprise. Ce sont les réformes libérales qui ont permis à tous les pays du monde, riches et pauvres, de se tourner vers la croissance depuis des années. Nous voilà maintenant bons derniers, pour avoir refusé jusque là les réformes. Nous sommes vraiment au pied du mur. Le choix est clair : ou une politique libérale, ou la poursuite inéluctable du déclin français.
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