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DEFICITS PUBLICS : AVERTISSEMENT DE BRUXELLES ? |
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Ce n’est pas la première fois que Bruxelles
s’émeut de la situation des finances publiques françaises. Mais Aujourd’hui non seulement Difficile dans ces conditions de diriger
une Union dont on ne respecte pas les règles ! Le mauvais élève
de la classe pourrait-il donner la leçon ? Il lui faudrait une
conversion exemplaire, à laquelle personne ne croit réellement. Le mauvais élève d’une classe en progrès A Bruxelles on est en effet persuadé
que La France a négocié, tant bien que
mal, un délai de grâce : au nom des réformes en cours, elle prévoit
le retour à l’équilibre pour 2012. Nos partenaires n’ont pas apprécié
(nous donnons des leçons, mais nous ne donnons guère l’exemple). Selon
les prévisions officielles fournies par la France à Bruxelles, notre
déficit public atteindrait 2,5% du PIB en 2008 et 2,0% en 2009. A ce
rythme là, il sera difficile d’arriver à 0% en 2012. Les prévisions de la Commission européenne,
faites pour l‘ensemble des pays (ce n’est donc pas un acharnement contre
La France se rapproche dangereusement des 3% de déficit Quelles sont les prévisions européennes
pour Mais ce qui est beaucoup plus intéressant
que cette bataille de chiffres, c’est le commentaire de J. ALMUNIA,
commissaire européen à l’économie. La situation des finances publiques
françaises « est la plus préoccupante de la zone euro ». Voilà
qui est sans appel. « La France se rapproche dangereusement de
la valeur de référence », c'est-à-dire de la limite maximale. Dans
ces conditions, si nous sommes à 3% de déficit, on voit mal comment
on serait à 0% en 2010 ou 2012 ! « C’est un cas très clair
pour considérer la possibilité d’utiliser les instruments qui sont à
notre disposition ». Pour ceux qui ne parlent pas le bruxellois
courant, cela veut dire que nous sommes à la veille de sanctions. Il y a trois options pour M. ALMUNIA,
pour nous obliger à mettre enfin un peu d‘ordre dans les finances publiques.
La Commission peut recommander d’ouvrir une procédure pour déficit excessif.
Normalement, il faudra attendre que nous ayons franchi le seuil des
3%, mais au rythme où on va, ce n’est pas impossible. Elle peut aussi
envoyer à la France une « alerte précoce », mais cela nécessite,
comme dans le cas précédent, le soutien du conseil des ministres de
la zone euro. Ouvrir une procédure ou une alerte précoce contre un pays
qui préside ou qui va présider l’Union, cela ferait assez désordre.
Même si nous échappons à une sanction, la réalité des déficits est toujours
là Finalement, M. ALMUNIA pourrait se
contenter dans un premier temps d’une « recommandation politique » ;
on n’a pas besoin alors de l’accord des ministres, mais il faut convaincre
les autres commissaires européens. Au fond, si l’on ose dire, le calendrier
joue pour nous ou du moins pour le gouvernement. M. BARROSO veut être
réélu pour un second mandat. Va-t-il se fâcher avec un partenaire important ?
Toute procédure semble délicate politiquement pendant la présidence
française. Mais il faut aussi tenir compte de la pression des pays « vertueux »,
comme les Pays-Bas ou l’Autriche,
qui en ont assez de cette situation. Quant au fond, en laissant de côté
toute considération politique, l’état de nos finances publiques est
réellement dramatique. Près de 3% de déficit annuel, une dette publique
cumulée de 65% du PIB, une dette par habitant (sans parler des retraites)
de 20 000 euros, ce que le Président de Le pire serait d’écouter ceux qui veulent
réduire les déficits en augmentant les impôts : le résultat serait
à l’opposé. La croissance serait plus faible, les recettes s’effondreraient
et le déficit exploserait. Pour soutenir la croissance, il faut baisser
les impôts. Mais alors que faire pour réduire, puis supprimer les déficits ?
Il n’y a qu’une solution : réduire drastiquement les dépenses.
Tout le reste n’est qu’illusion. Mais cela n’est possible qu’en transférant
au secteur privé ce que faisait l’Etat : l’éducation, la santé,
les retraites, les services publics en général et en recentrant l’Etat
sur ses fonctions régaliennes. Certes, on affirme ne vouloir remplacer
qu’un fonctionnaire sur deux partant en retraite. Mais la moitié de
ce gain sera redistribué aux fonctionnaires qui restent. Tout cela ressemble
à du bricolage ! Il faut rappeler que nous sommes, avec 54% du
PIB, champions du monde des dépenses publiques. Sans révolution libérale,
le problème des déficits ira en s’aggravant. Respecter nos engagements européens,
ce n’est pas une question diplomatique, c’est assurer les conditions
d’un assainissement complet de notre économie. Les Français sont les
premiers concernés par la question, tout autant que les commissaires
de Bruxelles. |
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