AU DELA DE LA CONJONCTURE…


Jacques GARELLO a rappelé la semaine dernière ce qu’était, pour les libéraux, la feuille de route pour les cent prochains jours. Cette feuille de route, c’est celle de la réforme, qui doit être marquée par la rupture avec « l’étatisme, le dirigisme, la syndicratie ». Dans ce dernier article de conjoncture avant les vacances, nous voulons détailler cette feuille de route dans le domaine de l’économie, qui, ici comme ailleurs, passe par « la libération des Français ».

Stabiliser les politiques de stabilisation

La première mesure, c’est de cesser d’avoir l’œil rivé sur le moindre indice conjoncturel. Il faut rappeler ici que les politiques conjoncturelles ont fait partout des dégâts catastrophiques. Les gouvernements ont envie de réagir instantanément au moindre frémissement conjoncturel, car ils ont été élevés (surtout à l’ENA) dans le moule keynésien : si l’économie ralentit, on prend des mesures de relance, si elle semble en surchauffe, on prend des mesures de freinage. C’est le pilotage de la demande, qui, dans ce cadre, stabiliserait l’économie.

Il y a longtemps que les économistes, FRIEDMAN et d’autres en tête, ont dénoncé le côté néfaste de ces politiques conjoncturelles. Tout freinage de la demande finit par accroitre le chômage, toute relance de la demande crée de l’inflation, et ces politiques finissent par se succéder à un rythme accéléré : c’est le « stop and go », qui conduit à la stagflation. La conjoncture n’est pas améliorée, mais dégradée par ces politiques conjoncturelles. Il faut donc, comme le disait FRIEDMAN, stabiliser les politiques de stabilisation.

C’est fait en partie pour la politique monétaire, grâce à la BCE, qui cherche à maîtriser la masse monétaire. Ici les tentatives du Président SARKOZY pour réformer les statuts de la BCE et la mettre à la merci des hommes politiques doivent être abandonnées au plus vite. Nous sommes plus interrogatifs sur la politique budgétaire et fiscale, où le gouvernement prend des mesures, comme nous l’avons expliqué la semaine dernière, dont on ne sait pas si elles visent à encourager la demande ou à stimuler l’offre.  Le « paquet fiscal » est tellement bien emballé qu’en l’ouvrant on ne subit réellement pas un « choc fiscal ».

Baisser les taux d’imposition et les dépenses publiques

Il faut donc se persuader que le gouvernement doit fuir les effets d’annonce, les mesures médiatiques, les interventions ponctuelles et partielles pour aller vers les réformes de structure. Mais quelles réformes ? On peut facilement se reporter à notre guide du candidat, devenu comme l’a précisé Jacques GARELLO, guide du député ( www.guideducandidat.org ).

Nous ne reviendrons pas en détail sur les mesures fiscales, détaillées la semaine dernière, mais il faut au moins rappeler qu’une vraie réforme passe par une baisse des prélèvements obligatoires : baisse de la progressivité de l’impôt, avec en perspective le plus rapidement possible une flat tax à 20%, baisse significative de l’impôt sur les sociétés, suppression véritable, et non aménagement, des impôts idiots : ISF, taxe professionnelle, impôts sur le patrimoine en général, des droits de succession à la taxation des plus-value. Défiscaliser, c’est une priorité absolue si l’on veut modifier en profondeur les comportements, remettre les Français au travail, faire naître des vocations d’entrepreneurs.

Après le chapitre « voyage au paradis fiscal », vient le chapitre «  pour réformer l’Etat ».  La baisse des impôts doit s’accompagner d’une baisse des dépenses publiques. Celle-ci ne sera possible que si on privatise et si on applique le principe de subsidiarité : réaliser les choses au plus bas niveau possible, faire appel à la société marchande et à la société civile plutôt qu’aux institutions publiques et, dans les institutions publiques, décentraliser au maximum. En finir avec les monopoles publics et faire appel à la concurrence.

Restaurer la concurrence et le contrat

La réforme de l’Etat passe aussi par celle de « la protection sociale », dans laquelle l’Etat n’a rien à faire. La sécurité sociale doit être privatisée, passer par des mécanismes d’assurance et d’épargne, reposer sur la responsabilité de chacun, et finalement voir son coût diminuer grâce à la concurrence. Sinon, ce sera l’explosion : retraite par capitalisation, vraie médecine libérale, liberté de l’assurance maladie, les recettes sont connues et elles ont été expérimentées partout dans le monde sauf en France. C’est autre chose que la TVA sociale !

Plus généralement, en particulier « pour en finir avec le chômage », autre chapitre de notre guide, il faut déréguler. Comme l’a rappelé Laurence PARISOT, il faut abandonner la notion de durée légale du travail, pour négocier par entreprise ou par branche ; il faut en finir avec le SMIC, véritable trappe à chômage ; il faut que les entreprises puissent facilement licencier pour pouvoir facilement embaucher ; il faut libérer tous les prix, y compris ceux des facteurs de production (taux d’intérêt inclus) ; il faut ouvrir les professions, ouvrir véritablement les frontières, pour laisser jouer la concurrence au profit des clients; il faut mettre fin aux privilèges syndicaux, pour que cesse la dictature de ceux qui ne représentent rien.

Il faut donc remettre à l’honneur avant tout le libre contrat, celui qui est signé par deux personnes libres et responsables. Alors, mais alors seulement, la conjoncture s’améliorera car on aura joué sur les véritables incitations à produire et entreprendre, en rétablissant les libertés économiques. Programme maximaliste ? Non, car c’est celui qui a été appliqué largement par REAGAN ou THATCHER ou par les social-démocraties nordiques et par les pays de l’Est. Notre président, nos ministres, nos députés ont-ils peur des réactions des électeurs ? Mais les électeurs ont réélu REAGAN ou THATCHER après ces thérapies de choc. En revanche, ils ont toujours battu ceux qui refusaient les réformes et préféraient les demi-mesures. Si la classe politique ne veut pas se soumettre aux lois de l’économie, qu’elle écoute et comprenne son intérêt électoral : sans réformes, elle sera balayée aux élections suivantes.

Le 26 juin 2007
 

 


 

 

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