![]() | ||||||||||||
| SECU : LA TYRANNIE DU STATU QUO La Sécurité sociale se rappelle au
bon souvenir de nos gouvernants. Pourtant, elle n’avait pas été invitée pendant
la campagne, les candidats gardant globalement un silence prudent, comme on le
fait au pied d’un lit d’hôpital où agonise un moribond. D’ailleurs, dans notre
notation des divers candidats, c’est dans le domaine de la protection sociale
que Nicolas SARKOZY avait eu sa plus mauvaise note (ces notations figurent encore
sur les sites www.libres.org et www.guideducandidat.org). Il faut maintenant
se rendre à la réalité, et elle est cruelle : il faut agir tout de suite pour sauver l’assurance
maladie, et préparer une réforme des retraites plus profonde que celle organisée
par les « lois FILLON ». Assurance maladie : en soins intensifs Pourquoi le déficit? Evidemment
parce que les dépenses continuent à grimper. C’est le cas pour l’hôpital public,
qui n’a aucun régulateur, mais aussi pour les dépenses de ville, qui ont progressé
de 4,3% au premier trimestre et de 5,5% pour les douze mois se terminant en avril.
L’objectif fixé par le parlement était une hausse de 1,1% : on en est fort
loin. Certes, nos dirigeants ont compris
que les déficits publics étaient devenus un problème majeur et se transformaient
en dette à charge des générations à venir. Le découpage ministériel en fait foi,
puisque nous avons désormais un ministère des comptes publics, qui recouvre aussi
bien les déficits du budget de l’Etat que ceux de la Sécurité sociale. Une prise
de conscience, c’est mieux que rien. Que les Français sachent ce que leur coûte leur « protection sociale » !
Tout le monde
ignore le vrai coût de la Sécu. Le préalable à toute réforme de l’assurance maladie (et cela
vaut pour la retraite, pour l’assurance chômage, etc.), c’est la connaissance
par les Français du coût réel de la Sécu. Tant qu’ils l’ignorent, ils ne peuvent
pas porter un jugement objectif sur « notre merveilleux système de Sécurité
sociale que le monde entier nous envie ». La réponse est ici bien connue :
c’est le salaire complet, somme du brut et des cotisations « patronales »,
figurant sur le feuille de paye, puis distribué au salarié, à charge pour lui
de le reverser aux organismes de protection sociale. Pour l’instant, nous n’avons
rien vu venir. Et, pour l’instant, le gouvernement
utilise les moyens classiques pour « sauver la Sécu ». Pour l’assurance maladie, la seule
proposition concrète, très discutée bien sûr, c’est l’instauration d’un ticket
modérateur, d’une franchise, pour les principales catégories de dépenses médicales.
Certes, cela peut contribuer à responsabiliser les malades, en leur faisant prendre
conscience d’une partie du coût, qu’ils vont désormais supporter eux-mêmes. Mais cela n’a rien à voir avec l’ampleur
du problème, confirmée par l’énormité des déficits. Parce qu’on ne veut pas s’attaquer,
tyrannie du statu quo exige, au fond du problème, qui est la pseudo gratuité et
l’existence du monopole public de l’assurance maladie. Il faudra bien tôt ou tard
s’attaquer au monopole étatique sur l’assurance maladie : un monopole public
est toujours ce qu’il y a de plus bureaucratique, de plus coûteux, de moins efficace.
Dans l’assurance maladie comme ailleurs, seule la concurrence peut faire baisser
les prix et les coûts. On peut maintenir une obligation de s’assurer (pour éviter
les comportements irresponsables), et laisser à chacun le choix de son assureur
et du détail de la protection qu’il souhaite. L’exemple de la Suisse montre qu’un
pluralisme dans ce domaine (il existe près de 100 possibilités différentes d’assurance
maladie), permet à chacun de s’adapter, d’éliminer les gaspillages et de réduire
les coûts. Tourner le dos au statu quo Le reste va ensuite de soi : retrouver
la véritable médecine libérale, libérer les honoraires de toutes les professions
de santé (il n’y a pas de vrai marché sans prix libres), en finir avec les privilèges
de l’hôpital public, instaurer une véritable concurrence entre établissements
publics et privés. Bref en finir avec la
socialisation de la médecine Privatisation, concurrence, liberté, les recettes
sont toujours les mêmes. Malheureusement, de tout cela, nous n’avons pas entendu
parler pendant la campagne, ni après l’élection. S’en tenir au ticket modérateur,
c’est dérisoire et trompeur, car c’est laisser entendre que les solutions libérales
consistent à faire payer les malades, alors qu’elles forment un tout et auraient
pour résultat de faire moins payer chacun grâce à la concurrence. Dans ce domaine
de l’assurance maladie, c’est donc bien le statu quo qui semble devoir l’emporter.
Il en est de même pour les autres branches
de la protection sociale, les retraites comme l’allocation chômage. Le seul secteur
qui devrait évoluer, faisons en tous cas crédit à François FILLON sur ce point,
c’est celui des régimes spéciaux de retraite, qui devraient enfin être réformés,
mettant fin à une inégalité entre les secteurs privilégiés et le reste des salariés. Il reste quelques jours aux électeurs
pour se rappeler au bon souvenir des candidats. C’est le moment de leur rappeler
que s’ils sont élus, c’est pour une seule chose, faire les réformes dont la France
a besoin. Et tourner le dos au statu quo. Cela signifie avoir le courage de tourner
le dos au politiquement correct et en particulier aux diktats syndicaux. S’ils
ont ce courage, la population les soutiendra durablement. Sinon…
| ||||||||||||