est l’un des plus élevés des pays développés.
Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon et même aujourd’hui Allemagne font mieux, avec
des taux souvent proches de 4 ou 5%. La comparaison internationale n’est donc
pas en notre faveur.
Ensuite, ce chiffre de 8% est largement
contesté, avec raison. Seule une enquête annuelle sur l’emploi permet de le confronter
à la réalité, car le nombre de demandeurs d’emplois publié tous les mois n’est
qu’une statistique administrative (inscription à l’ANPE dans la catégorie 1).
Or, pour la première fois, élections obligent, le chiffre corrigé n’a pas été
publié en mars, mais renvoyé à l’automne. On croit savoir qu’il enregistrerait
un chômage sensiblement plus élevé, d’au moins un point (9% donc).
Ce qui compte, c’est
la création d’emplois
Enfin et surtout, comme nous l’avons
souvent expliqué en détail, cette catégorie 1 ne concerne que les personnes immédiatement
disponibles, recherchant un emploi à plein temps, en métropole, à durée indéterminée.
Toutes les autres catégories en sont exclues (par exemple ceux qui cherchent un
travail à mi-temps). Cette anomalie sera partiellement corrigée à partir de septembre,
les statistiques intégrant alors les demandeurs d’Outre-mer et ceux qui ne sont
pas immédiatement disponibles, pour cause d’arrêt maladie par exemple : du
coup, mécaniquement, le nombre de demandeurs sera plus élevé.
Donc non seulement le résultat de juillet
n’est pas bon, mais en outre il faut relativiser la baisse à long terme, pour
toutes les raisons que nous venons d’évoquer. Nous rappelons au passage que le
« traitement statistique » du chômage a poussé les autorités à imposer
plus de rigueur dans les inscriptions et les radiations à l’ANPE : on a « dégraissé ».
Au total, le véritable indicateur du
chômage n’est pas le nombre de chômeurs, mais le nombre d’emplois. Et plus précisément
le nombre d’emplois dans le secteur marchand, car c’est le seul qui compte à long
terme ; les emplois publics eux sont souvent de simples cache-tampon et contribuent
en fait à détruire des emplois ailleurs, dans le secteur privé, puisque leur financement
passe par l’impôt, machine idéale pour détruire des emplois. Les emplois créés
dans le privé sont la vraie mesure de la baisse du chômage, non parce qu’ils sont
garantis à vie comme ceux du secteur public, mais parce seuls ils dégagent des
richesses nouvelles, ils sont seuls à rendre de vrais services à des clients libres
de leurs choix.
Libéraliser le marché
du travail
Or, comment a évolué l’emploi salarié ?
Le dernier chiffre connu, publié vers le 20 août, concerne le deuxième trimestre.
Le secteur privé marchand, le seul qui compte donc vraiment, n’a quasiment pas
créé d’emplois. Comme le titre Les Echos : « Panne de l’emploi salarié
au 2° trimestre ». Entre avril et juin, le secteur privé marchand (c'est-à-dire
sans tenir compte des administrations, de l’éducation ou de la santé) a créé seulement
3 700 emplois. Après quelques trimestres plus favorables, ce résultat
marque une rupture.
Faut-il s’en étonner ? Non, pour
plusieurs raisons. D’abord, comme nous l’avons expliqué la semaine dernière, la
croissance française se traîne ; or seule une vraie croissance, celle de
l’offre du secteur privé, crée de vrais emplois quand elle rencontre les demandes
des clients. Tout ce que nous avons dit sur les moyens de relancer la croissance,
par une politique de l’offre, est bon pour l’emploi.
Ensuite, il faut réformer le marché
du travail par une politique de flexibilité, qui commence par la flexibilité du
coût salarial (fin du SMIC, flexibilité des salaires, réduction des charges sociales).
Il faut aussi rendre le facteur travail plus mobile et plus productif. La libéralisation
du marché du travail (et d’ailleurs aussi celle du marché des placements des chômeurs,
au lieu du monopole de l’ANPE) est une condition de la création d’emplois.
C’est parce que les lois Hartz ont
réformé le droit du travail en Allemagne que ce pays a retrouvé le chemin de la
croissance (et non pas grâce à la stupide TVA sociale). N’oublions pas non plus la fiscalité et la réglementation,
qui jouent contre l’emploi. Au lieu de faire dans l’auto-satisfaction, les dirigeants
feraient œuvre utile en rendant à l’emploi sa flexibilité.
La suppression du monopole de l’ANPE
est allée dans ce sens, on a admis aussi dans le paquet fiscal que les investissements
des « business angels » dans les « gazelles » (PME à croissance
rapide) soient détaxés : cela va dans le bon sens, mais il faut aller plus
vite et surtout plus loin. Jusqu’à la vraie révolution, celle de la mise à plat
de la Sécurité Sociale !