MONDIALISATION = CROISSANCE = MOINS DE PAUVRES


Alors que les anti-mondialistes manifestant à Nice contre le libéralisme et le libre-échange protestent aussi contre la fermeture des frontières au nom de la liberté de circulation ( !), et dénoncent une croissance mondiale qui ne profiterait qu’aux riches, une étude de la Banque mondiale vient remettre un peu d’ordre dans des débats hautement idéologisés : exactement comme le prévoit la théorie économique classique, la croissance économique profite autant aux riches qu’aux pauvres (ce que confirme un autre rapport de la Banque Mondiale, analysé dans notre rubrique économique) et elle provient de l’échange international.


Les deux économistes ayant mené l’enquête statistique (David Dollar & Aart Kray) ont défriché 40 ans de données pour 80 pays. Ils trouvent que l’évolution des ressources des plus riches et des plus pauvres s’effectue au même rythme, dans 102 cas sur 108. Les 108 cas correspondent à une hausse du revenu moyen par habitant d’au moins 2% sur 5 ans d’affilée. De même, quelque soit la tendance de l’activité économique (croissance stagnation ou récession), revenus des riches et des pauvres évoluent à la même vitesse (remettant en cause en cela l’opinion jusque là respectée du célèbre Simon Kuznets selon laquelle seules les phases expansionnistes permettraient aux pauvres de voir leurs revenus augmenter plus vite, les phases de stagnation ou de récession  les pénalisant d’autant plus).

Les anti-mondialistes sont incapables de comprendre le phénomène de la croissance économique et du développement subséquents à la pratique du commerce international. Alors que l’échange constitue la base de la civilisation, alors que le commerce international a permis de vaincre les déterminismes géographiques et de pacifier les relations entre les peuples tout en augmentant leurs revenus grâce à la spécialisation, les anti-mondialistes, eux, ne voient dans tout cela qu’une sordide machine à créer des inégalités. Scandant leur slogans dans des mégaphones fabriqués en Corée ou aux Etats Unis, distribuant des tracts imprimés sur des photocopieuses japonaises, brandissant des banderoles dont le tissu provient peut-être de Tunisie, ils crient au scandale de la globalisation inégalitaire. Comme si des pays avec des niveaux de capital humain différents, des niveaux de développement économique différents pouvaient être, comme par décret, « égaux ». C’est justement l’échange international qui leur permet de rentrer dans une logique de développement et de rattraper leurs retards. Et les chiffres le prouvent : les pays intégrés au commerce mondial voient la situation de leurs riches comme de leurs pauvres, progresser.

Ils y aura toujours des inégalités relatives mais les niveaux absolus de revenus, et donc de bien être, augmentent et ce, en plus, sans que les inégalités ne se creusent. Par souci d’esthétisme social ou par simple réflexe primaire d’envie, l’inégalité « ça n’est pas beau ». Et pourtant ce sont bien les inégalités qui font progresser le monde. L’inégalité a plusieurs fonctions. Elle est d’abord le moteur de l’échange, lui même moteur du progrès. Les inégalités de revenus permettent de motiver les moins riches à se hisser au niveau des plus favorisés. Le fait que les plus riches puissent avoir accès à certains marchés permet d’initier un processus de test et de rendements d’échelle qui bénéficie bientôt aux moins favorisés, en abaissant les coûts et les prix (Réfléchissons à la façon dont était considéré il n’y a que cinq ou six ans quelqu’un avec un téléphone portable ... : « parvenu, bourgeois, frimeur de riche, etc... » Et pourtant qui aujourd’hui aurait encore l’idée de soutenir de telles opinions ?).

Une conclusion amusante de l’étude mérite qu’on s’y arrête un instant : les politiques sociales et les dépenses publiques sont profondément inégalitaires car ce sont les riches ... qui en profitent le plus. Et ce d’autant plus que ces politiques sont souvent financées par l’inflation qui érode beaucoup plus le pouvoir d’achat des pauvres, qui ont des marges de manœuvre plus étroites, que celles des riches... Moins de social donc, plus d’ouverture au commerce international. Bill Clinton avait résumé la formule lors de négociations avec des PVD : « trade not aid » (L’échange, oui. L’aide, non). Autant de leçons d’économie que nos marxistes recyclés et leurs disciples d’Attac & Co feraient bien d’apprendre. Et ce ne sont pas des leçons d’une science abstraite coupée de la réalité, mais celle d’une logique limpide fondée sur l’expérience de tous les jours et qu’eux mêmes mettent en pratique sans même s’en rendre compte : pour preuve, les multiples incohérences de leur discours avec leur action.

Mots-clés : Commerce international, Croissance, Développement, Inégalités, Pauvreté.